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Culture - Sélection

Les podcasts, notre top 10, entre les incontournables et les pépites

Les podcasts, notre top 10, entre les incontournables et les pépites

Ces émissions audio ou vidéo sur internet, que l’on peut écouter ou voir quand et où on le veut, connaissent un succès grandissant parmi les auditeurs libanais. Instructifs, divertissants, enrichissants, les podcasts sont « à consommer » dans les embouteillages, en faisant sa marche quotidienne, tranquillement en soirée ou en récurant son lavabo. Plusieurs plateformes accueillent les podcasts. La plus connue est Soundcloud. Il y a aussi Podz., Spotify, Apple Podcasts, iTunes, Google PlayStore, Podcastaddict, Pocketcast. En naviguant, l’on peut faire son choix. Pour commencer, voici le nôtre...



« Sarde », par Médéa Azouri et Mouin Jaber

Un an d’antenne, 31 épisodes et autant d’invités, Sarde After Dinner, animé par Médéa Azouri et Mouin Jaber, est un podcast vidéo où l’on bavarde librement, en arabe (sous-titré en anglais) et sans censure, d’un large éventail de sujets. L’histoire du Liban, sa structure économique, sa politique, ses lois, sa musique, mais aussi les tabous de la société libanaise, comme le sexe, le suicide, la prison, et bien évidemment la situation actuelle sont autant de sujets proposés sur la table de la salle à manger de l’appartement beyrouthin où le tandem reçoit ses invités.

Un moyen d’aborder ce pays afin de mieux le comprendre. Mais Sarde ne se limite pas au Liban et n’est pas seulement suivi (sur la chaîne YouTube qui compte 14 000 abonnés, ou sur Spotify, Apple Podcasts et Anghami) par des Libanais, résidents et expatriés, mais aussi par un large auditoire dans plus de 180 pays.


« The Diplowomen », par Karma Ekmekji

C’est dans le cadre de la démocratisation des recherches sur la thématique « Femmes, paix et sécurité » dans la région MENA que l’Institut Issam Fares et UN Women Arab States viennent de lancer le podcast Diplowomen. Une plateforme qui veut donner le micro à des femmes médiatrices, facilitatrices, négociatrices, ambassadrices, bâtisseuses de paix du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Bilingue (arabe/anglais), le podcast est animé par Karma Ekmekji et il est disponible en version audio sur Soundcloud, Apple Podcasts et Spotify, ou en format vidéo sous-titré en arabe sur la chaîne YouTube de Diplowomen. Le premier épisode donnait la parole à Roula Khalaf, la rédactrice en chef du Financial Times. Ekmekji, diplômée de l’AUB et de l’Université de Columbia, avait rejoint l’ONU à New York et a participé aux programmes « Personnalités d’avenir » du ministère français des Affaires étrangères et « International Visitors » du département d’État américain.


« Deux heures de perdues »

Autant le dire tout de suite : Deux heures de perdues est un podcast déjanté. Des cinéphiles (Sarah, Michael, Julie, Greg et Antoine) s’amusent à analyser « pour mieux dézinguer » un film culte ou pourri, c’est au choix. Scream, Un Indien dans la ville, Kill Bill, Basic Instinct, Jurassic Park, etc.

Deux heures de perdues, ou 2HDP, a été lancé en 2014 et il compte plus de 200 épisodes à ce jour. Adaptation non officielle de l’émission américaine How Did this Get Made, le podcast voudrait nous « faire patienter dans les transports ou nous faire marrer sur notre vélo elliptique qu’on n’assume pas ».

Chaque épisode dure environ une heure. Les animateurs décortiquent un film dont des extraits émaillent la discussion. Le ton est à la mauvaise foi et au second degré. La bande clôt chaque émission par une lecture de commentaires. Et c’est savoureux.


« The Beirut Banyan », par Ronnie Chatah

Lorsque Ronnie Chatah anime son podcast The Beirut Banyan, il le fait (en anglais) avec une authenticité et une spontanéité qui charment auditeurs et invités à la fois. Le jeune homme au catogan châtain s’est rendu célèbre pour ses fameux « tours guidés » de Beyrouth, les « Walk Beirut », pendant plus de 15 ans, interrompus en octobre 2019. Durant ces promenades, il racontait des histoires recueillies par des habitants des quartiers. Conteur invétéré, il s’est tourné vers le podcast pour transmettre ses récits. Durant le confinement, il adopte le format vidéo et reçoit des invités de tous bords pour des sujets variés. Avec Alia Moubayed, Jessica Obeid et Mike Azar, il discute économie et réformes fiscales ; avec Mahmoud Rasmi, il parle philosophie ; avec Zakia Dimassi, il s’entretient de Covid-19 et de vaccination ; avec Michel Hélou, il explore le monde de la presse écrite. 248 épisodes au compteur, d’une heure chacun, et des débats toujours intéressants.

https://soundcloud.com/thebeirutbanyan


« Femmes puissantes », par Léa Salamé

Tout est dans le titre. Depuis l’été 2019, c’est avec son micro aux couleurs de France Inter que la journaliste est partie à la rencontre de femmes puissantes, un adjectif qu’on a souvent du mal à associer aux femmes, dit-elle. Ce panthéon personnel féminin qu’a pensé Léa Salamé, il est constitué de femmes qui, provenant d’horizons différents, ont profondément marqué leur époque : l’actrice Béatrice Dalle, l’autrice Virginie Despentes, la joueuse de tennis Amélie Moresmo, la photographe Bettina Rheims, la femme politique Christiane Taubira ou encore l’ex-mannequin et artiste Carla Bruni et la chanteuse Aya Nakamura. À chacune d’entre elles, c’est à chaque fois plus ou moins le même questionnaire que soumet Léa Salamé, des questions anodines, parfois plus profondes, mais d’où découle une conversation-fleuve qui pose des problématiques inhérentes aux femmes d’aujourd’hui, à savoir leur rapport à la féminité et au pouvoir. Et pour ceux qui en redemandent, les douze premiers entretiens de ce podcast ont fait l’objet d’un livre intitulé Femmes puissantes (édité chez Les Arènes).


« Home Cooking », par Hirway et Nosrat

C’est l’histoire d’une rencontre entre Hrishikesh Hirway (le créateur du podcast musical Song Exploder) et Samin Nosrat (l’autrice de Salt, Fat, Acid, Heat et de la série Netflix du même nom). Pour Home Cooking, ces deux personnages attachants se retrouvent comme deux bons amis et répondent ensemble aux questions des auditeurs sur la nourriture. Des questions comme : « Que faire avec un surplus d’ingrédients ? » « Quelles sont les collations nourrissantes ? » Comment faire pour que les légumes restent croquants ? » Des questions qui tombent à pic, en cette année où, plus que jamais auparavant, les gens se sont tournés vers la cuisine. Des invités – y compris l’acteur Jason Mantzoukas (qui ne s’y connaît pas du tout en cuisine), le journaliste Wesley Morris ou même le père de Hrishikesh Hirway (qui est un spécialiste de l’alimentation) – s’introduisent parfois dans ces conversations pour partager des conseils ou, à leur tour, soumettre des questions aux animateurs. De quoi se sentir moins seul, et surtout plus amusé, en cuisine.


« Le goût de M », par « Le Monde »

« Qu’est-ce qu’avoir du goût ? Qui a bon goût, mauvais goût ? » peut-on lire en guise de descriptif de ce podcast proposé par le quotidien français Le Monde. Après avoir interrogé la thématique de l’identité à la faveur de son émission Dans le genre de sur Radio Nova, la journaliste Géraldine Sarratia soulève aujourd’hui toutes ces questions liées à ce qu’est le goût. Ainsi, un vendredi sur deux, Sarratia entre, au propre comme au figuré, dans l’intimité de ses invités, des personnalités issues des mondes de la mode, de la culture, du design ou de la cuisine, dont elle propose aux auditeurs de découvrir les intérieurs. Se baladant entre la cuisine, le salon, la chambre à coucher ou le dressing, la journaliste s’arrête sur un objet, un meuble ou un détail décoratif à partir duquel son interlocuteur raconte son rapport à la notion de goût. Des conversations passionnantes avec Jane Birkin, Isabel Marant, Alain Passard, Emmanuel Perrotin ou Paul B. Preciado qui reviennent surtout sur la construction personnelle du goût de chacun d’entre eux. Le goût, donc, oui, mais aussi des sujets plus globaux comme l’appartenance sociale, les expériences et les rencontres sont au menu de ce podcast délicieux.


« Rabbit Hole », par le « New York Times »

En quelques mots, Rabbit Hole déconstruit les discours produits par internet en se concentrant sur des personnalités et mouvements en ligne influents (tels que le youtubeur et joueur PewDiePie ou les complotistes du mouvement QAnon). Produit par le New York Times et animé par l’écrivain Kevin Roose, ce podcast en trois parties raconte le voyage d’un certain Caleb dans les méandres de YouTube.

En partant de penseurs politiques conservateurs, il suit le fil des liens fournis par l’algorithme des recommandations jusqu’à arriver à des personnages marginaux du dark web. À la fois saisissante et inquiétante, cette exploration dresse une image plus large de la façon dont nos vies numériques ont court-circuité nos réalités et nos centres d’intérêt.

Car l’émission suggère que, même si nous avons passé des décennies sur nos écrans, en croyant les dompter, la frontière entre la connexion humaine et l’enfer dystopique reste encore, et plus que jamais, très mince. Et donc dangereuse.


« Extra Spicy », par Soleil Ho et Justin Phillips

Présenté par la cheffe Soleil Ho et le journaliste Justin Phillips, Extra Spicy a réussi à élargir les horizons d’un podcast culinaire stricto sensu pour aborder une thématique fondamentale : les questions socio-politiques sont inséparables de la cuisine. L’un des épisodes revient ainsi sur les conditions de vie des vendeurs de rue noirs à Oakland, en Californie. Un autre trace un parallèle entre les travailleurs du sexe et la gastronomie, ou encore la manière dont les médias accroissent leurs audiences en montrant de plus en plus des populations sous-alimentées ou des centres de repas gratuits. Une conversation avec la cheffe et entrepreneuse Hawa Hassan se penche sur la culture africaine et revient sur son expérience au magazine Bon Appétit dont les pratiques racistes ont récemment été au cœur d’un scandale. Bref, on l’aura compris, Extra Spicy permet d’évoluer d’un discours culinaire porté sur les nappes blanches et les étoiles Michelin vers quelque chose de plus réel. De plus humain.



« Radiokarantina », par Nasri Sayegh

En mars 2020, l’artiste visuel, acteur et DJ Nasri Sayegh a créé, sur le ton de la blague, Radiokarantina sur sa page Soundcloud, qui est devenue rapidement une plateforme d’échange de musique, d’images et de mots.

Un réservoir inédit de toutes les musiques du monde, avec des artist talks et même une pièce de théâtre audio. « Du jazz à la pop émiratie, du classique à l’expérimental, de l’électro au plus kitsch des sons, de la pop cathodique du Caire des années 80-90 (oui, vous aurez deviné, Sherihan !) en passant par les splendeurs d’Asmahan, d’Oum Kalthoum, de Najate el-Saghira à Samira Toufic… la liste est très, très, très longue ! Tous les territoires sonores se croisent sur Radiokarantina sans préjugé aucun, sans tabou », dixit Sayegh.

De véritables bijoux auditifs jubilatoires qui emmènent les auditeurs dans un voyage vers des territoires sonores à défricher et à (re)découvrir. https://soundcloud.com/radiokarantina


Ces émissions audio ou vidéo sur internet, que l’on peut écouter ou voir quand et où on le veut, connaissent un succès grandissant parmi les auditeurs libanais. Instructifs, divertissants, enrichissants, les podcasts sont « à consommer » dans les embouteillages, en faisant sa marche quotidienne, tranquillement en soirée ou en récurant son lavabo. Plusieurs plateformes...

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I would like to add The Lebanese Politics podcast by L’Orient Le Jour own Benjamin Redd et Nizar Hassan.

Mireille Kang

23 h 15, le 21 mars 2021

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Commentaires (1)

  • I would like to add The Lebanese Politics podcast by L’Orient Le Jour own Benjamin Redd et Nizar Hassan.

    Mireille Kang

    23 h 15, le 21 mars 2021

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