Une réunion parlementaire se tiendra vendredi pour voter deux prêts octroyés par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), une organisation de la Banque mondiale. Photo d’archives fournie par le Parlement libanais
La Fédération du syndicat des employés de banque a demandé hier, dans un communiqué, aux députés qui doivent se réunir vendredi à l’Unesco pour une session parlementaire de voter la proposition de loi à caractère de double urgence des députés des Forces libanaises concernant une modification de l’article 4 de la loi 192/1993 sur les fusions-acquisitions des banques, alors que la restructuration du secteur doit débuter durant ce mois. Les députés Maged Eddy Abillama, Antoine Habchi, Chaouki Daccache, Imad Wakim et Wehbé Katicha souhaitent « augmenter les compensations (des employés licenciés dans le cadre de cette restructuration) et protéger leurs droits (…), au vu de la dépréciation de la livre et des crises économique et sociale ».
Les députés proposent donc d’élargir le cadre de la loi pour qu’elle englobe, en plus des fusions-acquisitions, « des appropriations dans le cadre de la restructuration proposée par la Banque du Liban (BDL) ». De plus, si votée, la compensation financière dans le cadre de ces licenciements ne sera plus de 6 mois mais de 20 pour les employés qui ont un an d’ancienneté, auxquels s’ajoutent deux mois pour chaque année de service, jusqu’à 36 ans d’ancienneté, en comptant toutes les années passées dans le secteur bancaire et non uniquement dans la banque qui les employait, sauf s’ils ont déjà bénéficié d’une indemnité financière lors d’une précédente fusion-acquisition.
Cette loi a été proposée en réponse à la volonté de la BDL de restructurer le secteur bancaire qui subit de grandes pertes ainsi qu’une crise de confiance. Cette restructuration a débuté ce mois-ci, selon un communiqué de la Banque centrale, et devrait réduire la taille du secteur bancaire soit par les fusions-acquisitions, même si certains banquiers ont indiqué que cette possibilité reste difficile à mettre en œuvre, soit par l’absorption par la BDL.
Les deux critères essentiels requis sont l’augmentation du capital des banques de 20 % par rapport au niveau de 2018 et le placement auprès des banques correspondantes de 3 % de leurs dépôts en devises à fin juillet.
En plus de cette revendication, la fédération a appelé à la formation d’un gouvernement qui mettra en place des réformes afin de faire face à la crise économique et financière dans laquelle s’enfonce le Liban depuis plus d’un an et demi, et ramener ainsi la confiance dans le secteur bancaire.
Le syndicat demande également à ce que les banques adoptent un « taux de change commun » et qu’elles en informent le ministère du Travail, par opposition à un taux de change « individuel, mettant en danger (leur) relation en tant que fédération avec les banques concernées », alors que la livre s’est dépréciée depuis septembre 2019. Il existe actuellement trois taux de change sur le marché (sans compter ceux des chèques au marché noir) : le taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar ; le taux de retrait des « dollars libanais » (les devises bloquées dans les banques) de 3 900 livres ; et le taux du marché noir qui oscillait hier entre 10 400 et 10 600 livres.
Le Parlement se réunit vendredi à l’Unesco
Le Parlement se réunira vendredi à partir de 13h30 au palais de l’Unesco, à Beyrouth, pour discuter de deux prêts accordés par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), une organisation de la Banque mondiale. Le premier a pour but de soutenir l’innovation des PME, engluées dans la crise économique, et le second concerne le financement du filet de sécurité sociale d’urgence de 246 millions de dollars pour lutter contre le Covid-19 et la crise économique. À cela s’ajoute la modification d’un article de la loi 180 du 6 juin 2020 concernant un prêt accordé par le Fonds arabe pour la croissance économique et sociale qui avait pour but de financer un projet immobilier. Le député Fayçal Karamé, proche du 8 Mars, a, lui, indiqué sur son compte Twitter avoir proposé une loi dotée du caractère de double urgence, qui devra décider d’une carte de financement octroyant 800 000 livres à plus de 700 000 familles pendant un an, en gardant les politiques de subvention des produits essentiels, tels le blé, le carburant, les médicaments et le matériel médical, dont une partie est financée par la Banque centrale au taux officiel.
Les députés proposent donc d’élargir le cadre de la loi...


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Qu’entendez-vous par « compensation »? L’indemnité de licenciement ou une somme qui vient s’ajouter à cette indemnité? Pas clair.
20 h 22, le 11 mars 2021