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Lifestyle - Liban Pop

Mais que veut donc Rémie Akl ?

Après la révolution d’octobre, les droits des femmes, l’amour de son pays qu’elle ne quittera jamais, l’artiste libanaise aux multiples facettes vient de révéler un nouveau clip où elle reprend Mohammad Abdel Wahab. « Tous les arts sont bons pour exprimer ce que je veux », confie-t-elle à « L’Orient-Le Jour ».

Mais que veut donc Rémie Akl ?

Rémie Akl, un univers particulier et du talent. Photo DR

Rémie Akl ferme souvent ses grands yeux noirs. C’est sa manière si singulière d’invoquer une image, voire même une vision, son point de départ pour tous les projets artistiques qu’elle prépare et qu’elle affectionne plus que tout. C’est ainsi qu’est né son dernier clip, Achekt Rouhak, (J’ai aimé ton âme) une reprise dépoussiérée du titre connu de Mohammad Abdel Wahab, remixée avec un son électro-moderne tout en conservant le charme de l’ancien.

Le clip, visuellement très fort, débute par une courte litanie intitulée Katalt al-Hob (Tu as tué l’amour). Drapée de noir sur la neige et avec un air gothique, l’artiste accuse celui qu’elle aime et par là même Dieu d’avoir détruit son cœur, avant d’enchaîner sur un flashback et dans un nouveau décor, où elle lui déclarait sa flamme, se donnant corps et voix. C’est d’ailleurs le premier projet de la chanteuse où l’on peut véritablement déceler son timbre vocal, après un premier titre intitulé Unfollow Me et de nombreuses vidéos où elle parle plus qu’elle ne chante, qui l’avaient rendue célèbre sur les réseaux sociaux. Sur ces derniers, elle avait opté uniquement pour des textes en voix off et des messages visuels poignants dans un univers et une signature qui lui sont propres. Mais avec Achekt Rouhak, la musique fait définitivement son entrée dans le monde excentrique de Rémie Akl.

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« Le clip et la chanson partent de l’idée d’une rupture dictée seulement par la raison, explique l’artiste à L’Orient-Le Jour. Après avoir écrit le texte de Katalt al-Hob, je me suis dit qu’il devait impérativement être accompagné par une chanson et j’ai pensé à ce titre que j’ai souvent chanté. Quand on veut faire hommage à la culture, on ne peut que puiser dans l’ancien. » Rémie contacte alors le producteur Zeid Hamdan pour l’épauler dans ce projet, le meilleur, selon elle, dans les reprises d’anciennes chansons égyptiennes. « Comme il était en France, j’ai essayé de lui expliquer le visuel musical que j’avais en tête. C’est très difficile de travailler à distance, avoue-t-elle. L’idée et la musique ont continué d’évoluer jusqu’au dernier moment, alors même que nous tournions le clip. » Pour ce plan-séquence, tourné en une prise, la jeune femme et son équipe filment la scène un nombre innombrable de fois pendant près de vingt heures. « Tout cela a été difficile à réaliser, ajoute Rémie Akl, même si j’utilise presque toujours cette technique. La caméra était en mouvement, je bougeais constamment, la scène, les accessoires et la lumière changeaient souvent, et le tout était fait manuellement. C’était presque artisanal. »

Rémie Akl, un univers particulier et du talent. Photo DR

Changer les perspectives

Si elle se décrit « distante » et affirme qu’elle n’aime pas trop parler, l’artiste se passionne quand elle tente de décrire son art et sa manière de faire les choses. Pour elle, pas question – du moins pour le moment – de se jeter dans les bras d’un réalisateur qui interviendrait sur sa vision. « C’est tout un concept que je présente, et j’aime que le projet soit entièrement le mien. Ma création, ma vision des choses. Ce personnage que les gens ont connu me ressemble et ils savent que je suis honnête, surtout que je me lance toujours à partir d’un vécu personnel », assure celle qui avait encouragé la révolution et l’avait fait également sienne. Et d’ajouter : « Ce sentiment, cette image qui me traverse l’esprit, devient mon point de départ et je connecte alors les idées visuelles ensemble. Comme si je m’imagine hors de moi-même. J’écris alors mon texte et réfléchis au découpage technique. J’explique ensuite aux créatifs ce que j’ai en tête pour concrétiser mon idée et je me mêle de tout. De la caméra aux arrangements musicaux. C’est ce qui fait que le résultat final ressemble à 200 % à cette première image ou sentiment qui m’a inspirée. »

Féministe et révolutionnaire sans perdre son ego, chanteuse et danseuse quand il le faut, créatrice d’images et de mots sans être vraiment poète… Mais que veut donc Rémie Akl ? « Je veux pouvoir changer les perspectives, dans l’art, l’amour, la musique et la culture, dit-elle. En tant qu’artiste performeuse, tous les arts sont bons pour exprimer ce que je veux. » Une « dreamer » qui rêve de se lancer dans une carrière internationale et de faire des concerts où elle présenterait toutes les facettes de son univers, elle refuse de séparer son art de son activisme, ni l’art de la société ou de la religion. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle elle a fait de langue arabe littéraire son cheval de bataille. « Pour changer les idées préconçues sur notre langue, pourtant si riche et aux sons si admirables, dit-elle. N’est-ce pas charmant pour une femme de parler en arabe ? »

Rémie Akl, un univers particulier et du talent. Photo DR

Un Baklava pas très sucré

Récemment, Rémie Akl a été sollicitée par Spotify Arabia pour rejoindre l’initiative Sawtik, qui regroupe des artistes féminines, dans le but de promouvoir l’autonomisation des femmes. Avec l’ONG Abaad, elle a également lancé la campagne Baklava dans une vidéo où elle dénonce le harcèlement de rue dans une formule sarcastique exagérée à souhait, et qui fonctionne bien. « Abaad avait utilisé mes vidéos comme références pour sa campagne Safety for Safekeepers, explique l’artiste, diplômée d’un master II en cinéma à l’Université Lumière de Lyon. On m’a donc proposé plus tard d’y participer. Ma proposition jugée trop osée, elle a été finalement adoptée pour les plateformes digitales uniquement. » « Toutes les filles ont vécu ce genre de harcèlement un jour et ont été hélées ou comparées à un morceau de baklava, poursuit la jeune femme. Ce texte est très personnel et s’inspire de mon vécu ; beaucoup s’y sont identifiées. »

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Aujourd’hui, Rémie Akl est déterminée à poursuivre sur sa lancée pour s’imposer artistiquement et continuer à faire « parvenir des messages », tout en musique. Si elle s’autofinance, elle est consciente qu’elle devra franchir un cap pour grandir et peut-être rejoindre une boîte internationale à la hauteur de ses ambitions. L’ancienne performeuse de la boîte O de Michel Fadel – les habitués se souviennent sans doute de son numéro et de son univers particulier – s’entoure par ailleurs de talents bien établis pour accompagner la prochaine étape de sa carrière. « Michel Fadel est mon mentor, mon père Noël, affirme Rémie Akl. Comme je ne suis pas musicienne, il m’aide à transmettre les idées musicales que j’ai en tête, à les traduire en termes techniques pour me faire comprendre des professionnels qui travaillent mes chansons. En fait, toutes les portes se sont ouvertes devant moi quand je l’ai connu. Certaines rencontres changent tout. »


Rémie Akl ferme souvent ses grands yeux noirs. C’est sa manière si singulière d’invoquer une image, voire même une vision, son point de départ pour tous les projets artistiques qu’elle prépare et qu’elle affectionne plus que tout. C’est ainsi qu’est né son dernier clip, Achekt Rouhak, (J’ai aimé ton âme) une reprise dépoussiérée du titre connu de Mohammad Abdel Wahab,...

commentaires (1)

A rough diamond .

Wow

14 h 36, le 04 mars 2021

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Commentaires (1)

  • A rough diamond .

    Wow

    14 h 36, le 04 mars 2021

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