Le ministre sortant des Finances, Ghazi Wazni, à Beyrouth. Photo d'archives AFP
Le ministre sortant des Finances, Ghazi Wazni, a signé jeudi un projet de décret pour le déblocage de fonds à destination des municipalités de Bourj Hammoud, Choueifate, Jdeideh-Bouchrié-el-Sadd et de l'Union des municipalités de la banlieue sud de Beyrouth, qui sont toutes impliquées dans la gestion des deux décharges côtières accueillant les immondices de la capitale et d'autres régions.
Lors de l'adoption, en 2016, d'un plan de sortie de la crise des déchets, après plusieurs mois au cours desquels les poubelles s'étaient amoncelées dans les rues du pays après la fermeture de la décharge de Naamé, il avait été décidé d'ouvrir deux décharges côtières, celles de Jdeidé-Bourj Hammoud, au nord de Beyrouth, et celle de Costa Brava, au sud de la capitale. En contrepartie, les municipalités sur les terrains desquels ces décharges étaient construites devaient recevoir de l'Etat des fonds "d'incitation", pour un montant s'élevant à huit millions de dollars par an par municipalité. Ces fonds n'ont toutefois été versés qu'une seule fois en 2016, ce qui provoque régulièrement des critiques de la part des municipalités concernées.
C'est donc dans ce contexte que les fonds ont été alloués par M. Wazni, qui a transmis son projet de décret à la présidence du Conseil. Le communiqué publié par le ministre ne précise toutefois pas à combien s'élèvent ces allocations.
"Tout ce que le ministre des Finances a fait aujourd'hui, c'est de débloquer des fonds qui couvrent 25 % de la somme annuelle qui devrait être versée aux municipalités en guise d'incitation" pour la gestion des décharges, précise, à L'OLJ, Mohammad Dergham, président de la Fédération des municipalités de la banlieue sud. Hors de lui, il ajoute que ce paiement fait partie des arriérés dus aux municipalités pour l'année 2017 et qu'il a été versé en livres libanaises, à un taux de 1.500 livres libanaises. En tout, les municipalités ont donc chacune réceptionné un montant de seulement trois milliards de livres, ce qui fait que ce montant "est clairement en-dessous des attentes, alors que l'on en demande toujours plus aux municipalités", notamment dans la gestion de la crise sanitaire.
Ces fonds sont réclamés par les municipalités alors que ces décharges, supposées être temporaires, sont ouvertes depuis des années sans qu'aucune solution de fond n'ait été apportée pour la gestion des déchets sur le long terme. Les autorités approuvent régulièrement de nouvelles solutions temporaires, comme celle prise, en septembre 2020, d'annexer un terrain adjacent à la décharge existante de Jdeidé afin d'accueillir plus de déchets alors qu'arrivée à saturation, le stockage avait continué pendant trois mois jusqu'à ce que les déchets entassés atteignent plusieurs mètres de hauteur.


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