Des parents d'étudiants libanais à l'étranger, manifestant dans le quartier de Hamra à Beyrouth, le 22 février 2021. Photo Ani
L'Association des familles d'étudiants à l'étranger a demandé mardi au président du Parlement libanais, Nabih Berry, son aide pour l'application de la loi sur le dollar étudiant, dans une lettre qui lui était adressée.
"Soyez notre soutien direct pour faire appliquer la loi", ont plaidé les familles d'étudiants à l'étranger, auprès du président du Parlement. "C'est le seul moyen qui nous reste pour sauver l'avenir de nos enfants et préserver leur dignité", ont-elles estimé. "Nous manifestons et crions notre douleur sans émouvoir les responsables politiques", ont écrit les familles. "Nous n'avons pas demandé l'impossible. Il n'est pas permis de négliger de manière flagrante notre droit", ont encore estimé ces parents.
Depuis plusieurs mois, les familles des étudiants se trouvant à l'étranger protestent régulièrement pour réclamer l’application de la loi 193 adoptée par le Parlement le 16 octobre 2020, alors que les Libanais pâtissent depuis plus d’un an de restrictions bancaires drastiques et que le dollar s’échangeait ces derniers jours sur le marché noir autour de 9.500 livres. Cette loi permet théoriquement le transfert à l’étranger d’un montant annuel de 10.000 dollars, calculé sur la base du taux officiel maintenu à 1.515 livres pour un dollar, à tout étudiant inscrit dans une université étrangère pour l’année 2020-2021. Le texte n’a toujours pas été mis en œuvre, malgré la publication mi-décembre de plusieurs circulaires par la Banque du Liban (BDL) relatives à son application. Les parents accusent le gouverneur de la BDL Riad Salamé, de s'atermoyer pour retarder son application.
Lundi encore, des parents d'étudiants libanais à l'étranger ont manifesté dans le quartier de Hamra à Beyrouth, bloquant la rue de Rome à l'aide de pneus enflammés, pour réclamer de pouvoir transférer de l'argent à leurs enfants au taux officiel du dollar.
Le même jour, le mufti jaafarite Ahmad Kabalan a appelé le président de la République Michel Aoun, le président du Parlement Nabih Berry et le Premier ministre sortant Hassane Diab à "trouver une solution radicale car le gouverneur se comporte comme s'il était au-dessus de la loi et intouchable", a-t-il dit.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine