Le juge Fadi Sawan (g), en compagnie du chef de l'armée libanaise, le général Joseph Aoun. Photo d'archives tirée du site officiel de l'armée libanaise
Le juge Fadi Sawan a été officiellement tenu au courant ce vendredi matin de la décision de la chambre pénale de la Cour de cassation de le dessaisir de l'enquête sur la double explosion du port de Beyrouth, rapporte l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle). Cette décision lui a été transmise officiellement lors de son arrivée à son bureau, dans la matinée, au palais de Justice de Beyrouth.
Elle avait été précédemment transmise à la ministre sortante de la Justice, Marie-Claude Najm, jeudi soir.
La chambre pénale de la Cour de cassation avait justifié sa décision de dessaisir le juge Sawan au motif d’une "suspicion légitime", estimant qu'il est lui-même une victime dans la mesure où son appartement situé à Achrafieh avait été sérieusement endommagé après l’explosion et qu’il avait été contraint de le réparer. Le second motif est justifié par des propos du juge Sawan sur une volonté présumée de ne pas se conformer aux lois en vigueur. Le recours contre le juge Sawan avait été présenté en décembre par Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaïter, députés du mouvement Amal et anciens ministres des Transports et des Travaux publics, qui avaient été mis en accusation pour "négligence" par le juge Sawan.
Cette décision, annoncée jeudi après-midi, a provoqué l'indignation des Libanais et la colère des familles des victimes, qui réclament justice, plus de six mois après le drame qui a fait plus de 200 morts, des milliers de blessés et détruit des quartiers entiers de la capitale. Des appels à manifester ont été lancés par les proches des victimes et plusieurs organisations, notamment issues de la société civile, afin de demander justice et de dénoncer les ingérences politiques dans cette affaire.


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