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Moyen-Orient - Éclairage

Entre Biden et Erdogan, des débuts tumultueux

Depuis l’arrivée à Washington de la nouvelle administration, le ton est monté à plusieurs reprises entre les dirigeants turc et américain.

Entre Biden et Erdogan, des débuts tumultueux

Joe Biden, alors vice-président des États-Unis, rencontrant le président turc Recep Tayyip Erdogan à Washington, en mars 2016. Andrew Caballero/AFP

Moins d’un mois après l’arrivée de l’administration Biden à la Maison-Blanche, les relations entre le nouveau président américain et son homologue turc font déjà l’objet de tensions. Lundi dernier, Ankara a vivement protesté contre la réaction des États-Unis à l’« éxécution », selon les autorités turques, de 13 de ses ressortissants, retenus en captivité depuis des années par les militants kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et retrouvés morts dimanche. « Si les informations sur la mort de civils turcs aux mains du PKK, une organisation classée terroriste, se confirment, nous condamnons ces actions dans les termes les plus forts », a déclaré le département d’État américain, s’attirant les foudres d’Ankara qui lui reproche de mettre en doute la version des faits turque.

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Aux yeux de la Turquie, cette déclaration américaine est un signe supplémentaire du soutien des États-Unis aux « terroristes » du PKK. « Les déclarations des États-Unis sont déplorables. Vous dites ne pas soutenir les terroristes mais vous êtes bel et bien à leurs côtés », a répliqué Recep Tayyip Erdogan lors d’un discours. Depuis 2015, Washington soutient les combattants kurdes du Parti de l’Union démocratique (PYD), considéré comme la branche syrienne du PKK, dans le cadre de sa lutte antijihadiste contre le groupe État islamique en Syrie. Lundi, le mécontentement de Recep Tayyip Erdogan face aux déclarations américaines s’est accompagné de la convocation de l’ambassadeur américain au ministère turc des Affaires étrangères. Une réunion au cours de laquelle la réaction d’Ankara « lui a été notifiée dans les termes les plus forts », selon la diplomatie turque. Peu après l’incident, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a néanmoins tenté d’apaiser la situation en tenant les « terroristes du PKK » responsables de la mort des 13 ressortissants turcs, lors d’un appel téléphonique avec son homologue turc Mevlüt Cavusoglu.

S-400

Ces tensions apparaissent alors qu’un sommet de l’OTAN par visioconférence, qui doit durer deux jours, a débuté hier, dans le cadre des premiers échanges entre les États membres et le gouvernement de Joe Biden. Lors de ce sommet doivent être évoquées les tensions récurrentes avec l’allié turc. L’administration Biden devrait être plus regardante sur les contentieux qui opposent la Turquie à plusieurs membres de l’Alliance. Si la liste des désaccords laissés en suspens entre les deux pays est longue, la relation personnelle nouée entre l’ancien président américain Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan avait joué en faveur de ce dernier sur de nombreux dossiers. « Le nouveau président américain se montrera probablement moins souple au sujet de plusieurs contentieux, en particulier le dossier stratégique le plus important des missiles russes S-400 », observe à L’Orient-Le Jour Jean Marcou, professeur à Sciences Po Grenoble et spécialiste de la Turquie. Ankara avait reçu, en 2019, la première batterie du système de défense antiaérienne russe S-400, ce qui lui avait valu d’être exclu par Washington du programme de fabrication de l’avion de combat américain F-35. Alors que la diplomatie américaine dit voir, dans l’acquisition turque des S-400, une menace pour la « sécurité de la technologie de l’OTAN », la Turquie a récemment émis la possibilité de ne pas rendre opérationnels ces missiles.

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Depuis son arrivée au pouvoir, l’administration Biden a laissé entendre à plusieurs reprises que la possession de ces armes russes par la Turquie était incompatible avec son rôle de membre de l’OTAN. « La Turquie a eu de multiples occasions, ces dix dernières années, d’acheter le système de défense Patriot aux États-Unis, mais elle a préféré acheter les S-400, qui donnent à la Russie revenus, accès et influence », a notamment déclaré le porte-parole du Pentagone lors d’un point presse le 5 février. « La Turquie joue régulièrement la carte du grand écart en passant des alliances de circonstance à l’échelle régionale, notamment avec la Russie, sur le dos des Occidentaux. Mais elle sait aussi qu’elle ne peut se passer de son alliance militaire avec l’Occident », ajoute Jean Marcou.

Autres sujets de désaccords entre Washington et Ankara : le sort des combattants kurdes en Syrie, la crise turco-grecque en Méditerranée orientale ou encore les poursuites pénales engagées par les États-Unis à l’encontre de la banque turque Halkbank. « Il sera très difficile pour la Turquie de se passer de son allié américain sur les moyen et long termes. Les questions d’investissement, de financement, de sanctions contre Halkbank seront très difficiles à gérer pour Erdogan sans au moins le soutien tacite des États-Unis », commente Henri J. Barkey, chercheur au programme d’études sur le Moyen-Orient au centre de recherches Council on Foreign Relations. Et ce, d’autant plus que le reïs turc assiste à l’échelle domestique à l’effondrement de la livre turque, tandis que l’inflation avoisine les 15 % et que le taux de chômage flirte avec les 13 % de la population active.

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Le président Joe Biden dénonce, en outre, la politique répressive en matière de droits de l’homme menée par Recep Tayyip Erdogan. Depuis plusieurs semaines, le département d’État n’hésite pas à hausser le ton face aux agissements de la Turquie. Ankara assiste, depuis le début du mois de janvier, à de vives protestations dans le milieu universitaire pour réclamer la démission du proche du reïs turc, Melih Bulu, placé à la tête de l’Université de Boğaziçi. Dans le cadre de cette polémique, Recep Tayyip Erdogan a tenu des propos extrêmement virulents envers la communauté LGBT+, dont plusieurs membres ont été arrêtés. Son ministre de l’Intérieur a également qualifié de « détraqués » quatre militants de cette communauté. Face à ces déclarations, le département d’État n’a pas hésité à rappeler à l’ordre le président turc. Washington a également dénoncé le traitement infligé au mécène et prisonnier politique Osman Kavala, maintenu en détention en Turquie pour des motifs « spécieux ». Signe que la question turque devient un sujet politique à Washington, cette semaine, 54 sénateurs américains, démocrates comme républicains, ont écrit à Joe Biden pour lui demander de mettre en garde Ankara au sujet du non-respect des droits de l’homme.


Moins d’un mois après l’arrivée de l’administration Biden à la Maison-Blanche, les relations entre le nouveau président américain et son homologue turc font déjà l’objet de tensions. Lundi dernier, Ankara a vivement protesté contre la réaction des États-Unis à l’« éxécution », selon les autorités turques, de 13 de ses ressortissants, retenus en captivité...

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L,APPRENTI MINI SULTAN OTTOMAN ERDO REDUIT A SON VRAI STATUT DE NAIN.

RAISON OBLIGE A SOUTENIR L,OLJ MALGRE SA CENSURE

06 h 11, le 18 février 2021

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Commentaires (1)

  • L,APPRENTI MINI SULTAN OTTOMAN ERDO REDUIT A SON VRAI STATUT DE NAIN.

    RAISON OBLIGE A SOUTENIR L,OLJ MALGRE SA CENSURE

    06 h 11, le 18 février 2021

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