Un drapeau européen. Photo AFP
Le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, a tenté mardi d'apaiser la colère provoquée à Dublin par le faux pas diplomatique de Bruxelles concernant les approvisionnements de vaccins de l'Irlande du Nord, qui a attisé les tensions dans la province britannique.
"Des erreurs ont été commises dans le processus qui a conduit à la décision et nous le regrettons profondément", a déclaré M. Sefcovic mardi - adoptant un ton contrit devant la commission parlementaire irlandaise chargée des affaires européennes. "Je pense qu'il vaudrait mieux arrêter de jouer à se faire des reproches ", a-t-il ajouté.
Officiellement sorti de l'Union européenne fin janvier 2020, le Royaume-Uni a quitté l'union douanière et le marché unique européens en janvier 2021, à la fin de la période de transition du Brexit.
Mais sa province d'Irlande du Nord continue elle à en faire partie, selon les termes du protocole spécifique négocié dans l'accord de divorce entre Londres et Bruxelles, qui introduit ainsi des contrôles sur le fret arrivant dans la province britannique en provenance de Grande-Bretagne.
Fin janvier, l'Union européenne avait attisé la colère des unionistes en menaçant d'utiliser l'article 16 du protocole nord-irlandais, qui lui aurait permis de passer outre certaines dispositions après une querelle avec Londres au sujet de l'approvisionnement en vaccin britannique contre le Covid-19.
Malgré une rapide volte-face après ce faux pas diplomatique, la menace a intensifié l'opposition au protocole nord-irlandais dans la province, et à Dublin persiste un sentiment de consternation. Dénonçant "bien plus qu'une erreur" lors de l'audition de M. Sefcovic, la sénatrice Regina Doherty a déclaré que l'UE avait commis une erreur de "débutant" en réagissant de manière "émotionnelle" pendant la période de vaccination. Et elle s'est dite préoccupée par le refus de M. Sefcovic de décrire en détail les événements qui ont conduit à cette menace de violation. "Je pense que c'est vraiment important pour nous (...) de comprendre comment cela s'est passé afin que nous puissions être vraiment assurés que cela ne se reproduira plus", a-t-elle déclaré.
La solution trouvée pour l'Irlande du Nord avait été adoptée pour éviter le retour d'infrastructures frontalières entre la province britannique et la République d'Irlande, points de frictions lors de trois décennies sanglantes entre unionistes et républicains qui ont pris fin en 1998. Mais les dirigeants unionistes d'Irlande du Nord, attachés au maintien de la province sous la couronne britannique, ont demandé dernièrement à ce que ce protocole soit abandonné, invoquant des pénuries de marchandises provenant de la Grande-Bretagne.


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