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Joumblatt : Si Aoun veut se suicider, qu'il le fasse seul

Joumblatt : Si Aoun veut se suicider, qu'il le fasse seul

Le leader druze Walid Joumblatt. Photo d'archives Ani

Le chef druze libanais Walid Joumblatt a de nouveau critiqué dimanche avec virulence le président de la République Michel Aoun et son gendre Gebran Bassil, chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), accusés de bloquer la formation du gouvernement, affirmant que s'il "veut se suicider, qu'il se suicide seul".

Michel Aoun est engagé depuis des semaines dans un bras de fer autour de la formation du gouvernement avec Saad Hariri, désigné le 22 octobre pour constituer un nouveau cabinet.

"Jamais dans l'histoire, nous avons connu un tel mandat, même pendant la guerre civile et les différents épisodes d'affrontements militaires", s'est désolé M. Joumblatt, dans une interview accordée dimanche à la Future TV, à l'occasion de la commémoration de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri.  "Il y a une personne insensée à Baabda, Michel Aoun, il veut se suicider. Qu'il se suicide seul, avec ses chambres noires et son honorable gendre, si seulement il était honorable…", a raillé le leader druze.

Dans un discours prononcé à l’occasion de la commémoration de l’assassinat de son père dimanche, Saad Hariri n’a pas porté de gants, faisant assumer la responsabilité de l’impasse gouvernementale au président de la République et à son camp politique. M. Hariri, qui avait maintenu jusqu’à ce jour une certaine confidentialité au sujet de ses entretiens avec le chef de l’État, a dévoilé les coulisses des tractations pour former un cabinet d'experts, dans lequel selon lui le camp du chef de l'État exige le tiers de blocage, ce qu'il refuse.

"Saad Hariri a présenté une formule qui convient à tout le monde, et il a refusé le tiers de blocage. Nous en avons fini avec cette histoire du tiers de blocage qui a figé le pays pendant 20 ans, a encore dit Walid Joumblatt.. Et le chef druze de se défendre : "Ce n'est pas moi qui ai choisi le ministre druze, il l'a lui-même choisi, selon ses compétences".

M. Joumblatt a estimé que "nous devons trouver un moyen politique constitutionnel de sortir de cette impasse". "Nous avons manqué l'opportunité des réformes qui se présentait à nous. Où en sont les réformes internes ?", s'est-il interrogé. "Celles-ci commencent par l'électricité", a-t-il ajouté, alors que le ministère de l'Énergie a été depuis dix ans dirigé par des ministres du CPL ou proches de ce parti. Et de poursuivre : "Le président Aoun est là, il ne peut pas être démis de ses fonctions. Il existe des échéances constitutionnelles… Nous devons respecter la Constitution qu'il a violée et trouver une issue constitutionnelle avec le président du Parlement Nabih Berry pour sortir de cette impasse".

Walid Joumblatt s'est en outre dit sceptique quant à la conférence internationale sous les auspices de l'ONU proposée par le patriarche maronite Béchara Raï, estimant que "la question libanaise est déjà internationalisée" : "Voyons déjà avec les Français, sans oublier les Arabes. Pourquoi le Liban est-il abandonné de cette manière ? Ils ne peuvent pas nous condamner à mort ainsi, nous sommes présents dans le Golfe dont nous dépendons".

Le chef druze libanais Walid Joumblatt a de nouveau critiqué dimanche avec virulence le président de la République Michel Aoun et son gendre Gebran Bassil, chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), accusés de bloquer la formation du gouvernement, affirmant que s'il "veut se suicider, qu'il se suicide seul".Michel Aoun est engagé depuis des semaines dans un bras de fer autour de la formation du gouvernement avec Saad Hariri, désigné le 22 octobre pour constituer un nouveau cabinet."Jamais dans l'histoire, nous avons connu un tel mandat, même pendant la guerre civile et les différents épisodes d'affrontements militaires", s'est désolé M. Joumblatt, dans une interview accordée dimanche à la Future TV, à l'occasion de la commémoration de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri.  "Il y a une...