C’est le déclin en glissement annuel du volume de transactions effectuées à la Bourse de Beyrouth (BSE) à la fin du premier mois de l’année, principalement dû à sa fermeture à partir du 14 janvier dernier suite à la décision des autorités libanaises d’imposer un bouclage national pour tenter une nouvelle fois d’enrayer la propagation des contaminations au Covid-19.
Ainsi, selon les chiffres publiés dans le Lebanon This Week de Byblos Bank, la BSE a comptabilisé 170 734 actions échangées le mois dernier, contre 2 048 141 actions échangées en janvier 2020, pour un chiffre d’affaires totalisant 2,4 millions de dollars, soit une baisse de 85,4 % en rythme annuel (16,3 millions de dollars en janvier 2020). La capitalisation boursière a, elle, atteint fin janvier 6,75 milliards de dollars, soit une légère baisse de 3,1 % en comparaison à celle de janvier 2020 (6,96 milliards de dollars) et un changement presque insignifiant par rapport à sa clôture de l’année 2020 à 6,7 milliards de dollars. Dans le détail, les actions bancaires ont compté pour 49,1 % du total de la capitalisation, suivies par les capitaux des entités foncières (46 %), industrielles (4,3 %) et des sociétés commerciales (0,5 %). Quant au ratio de liquidités du marché (la capacité pour un investisseur d’effectuer facilement et rapidement des transactions), celui-ci a atteint 0,04 % en janvier dernier, comparé à 0,2 % à la même période l’année passée.
Les sociétés foncières, représentées par Solidere A et Solidere B à la BSE, ont non seulement dominé le volume de transactions le mois dernier avec un monopole de 70,3 % de ce volume, surpassant de loin les banques avec 29,7 % des transactions, elles les ont également devancées au niveau de la valeur des actions échangées, totalisant 94,8 % contre 5,2 % pour les banques. Des différences de pourcentage annulant toute compétition actuellement pour l’immobilier en Bourse et qui font suite à une crise aiguë de la confiance des investisseurs dans le secteur bancaire, pivot de la chute économique et financière du Liban depuis la fin de l’été 2019. Ces chiffres démontrent toutefois un déclin de 75 % du volume d’actions échangées et de 56,3 % de leur valeur au quotidien en janvier 2021.
En parallèle, l’Autorité des marchés des capitaux au Liban a relevé son indice pondéré par le cours des actions échangées à la BSE de 4 % en janvier, une légère hausse principalement due à l’envol des prix des actions de Solidere A (+ 2,6 %) et de Solidere B (+ 1,5 %), les deux cours de la Société libanaise de reconstruction et de développement du centre-ville, par rapport à la fin de l’année 2020. Cela augmentant leurs poids respectifs sur le marché de 28 % et de 18 % à la clôture de la Bourse le 13 janvier dernier, surplombant ainsi toutes les autres sociétés boursières. Toutefois, depuis le début de la crise, les actions en Bourse ont au moins perdu deux tiers de leur valeur réelle, les échanges se faisant au travers des rouages bancaires libanais. Ainsi, les dollars « libanais » (en banque) servant de monnaie d’échange à la BSE ne valent pas plus de 3 900 livres libanaises, contrastant avec les dollars dits « frais » (en espèces ou transitant de l’étranger) s’échangeant depuis le début de l’année à près de 9 000 livres le dollar sur le marché noir.

