Un couple de Libyens regardant à la télévision l'élection du Premier ministre et du Conseil présidentiel libyen, en cours sous les auspices de l'ONU, à Tajoura, dans la banlieue de Tripoli, en Libye, le 5 février 2021. Photo REUTERS/Hazem Ahmed
Seules deux listes restent dans la course pour le second tour de l'élection, sous les auspices de l'ONU, du Premier ministre et du Conseil présidentiel libyen, en vue de préparer le scrutin national du 24 décembre. Ce vote, qui se tient en Suisse et est diffusé en direct par l'ONU, constitue la dernière ligne droite du processus de sélection du Premier ministre et du Conseil présidentiel transitoire. Cet organe devra être composé de trois membres (un président et deux vice-présidents) représentant la Tripolitaine (Ouest), la Cyrénaïque (Est) et le Fezzan (Sud), les trois régions libyennes.
Les 75 participants au dialogue interlibyen sont réunis depuis lundi dans les environs de Genève, dans un endroit tenu secret par l'ONU. Un premier tour a eu lieu mardi mais aucun des candidats n'ayant atteint le seuil des 70% des voix, un second tour a été organisé vendredi sous le format de listes cette fois. Au cours d'un premier tour, les participants ont eu à choisir entre 4 listes. Aucune n'ayant obtenu le seuil de 60%, un second tour doit être organisé dès 13h00GMT pour choisir entre les deux listes qui ont obtenu le plus grand nombre de voix. Le seuil pour le second tour sera de 50% plus une voix.
"Erreur"
La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Deux autorités s'y sont disputés le pouvoir ces dernières années: à l'Ouest, le Gouvernement d'union nationale (GNA à Tripoli), reconnu par l'ONU et soutenu par la Turquie, et un pouvoir incarné par Khalifa Haftar, homme fort de l'Est, soutenu par la Russie et les Emirats arabes unis notamment.
La liste ayant obtenu le plus grand nombre de voix au premier tour (25) est celle de l'actuel ministre de l'Intérieur du GNA, Fathi Bachagha, un poids lourd de la politique locale, qui fait figure de favori pour le poste de Premier ministre. Il est accompagné sur cette liste par Aguila Saleh, candidat au poste de président du Conseil présidentiel. Président du Parlement de l'Est libyen, M. Saleh, discret juriste âgé de 77 ans, a longtemps œuvré dans l'ombre de Khalifa Haftar, qu'il a lui-même porté au pouvoir, avant d'être reconnu à l'international comme le principal interlocuteur de son camp dans le conflit libyen au détriment du maréchal. M. Saleh a reconnu cette semaine que l'offensive lancée en avril 2019 par les forces du maréchal Haftar contre Tripoli était une "erreur". "Personne n'est à l'abri de l'erreur", a-t-il dit.
La liste regroupant Mohammad Younes Menfi, candidat à la présidence; Mossa Al-Koni, Abdullah Hussein Al-Lafi et Abdul Hamid Mohammed Dbeibah, candidat au poste de Premier ministre, a obtenu 20 voix.
"Accepter le résultat"
Selon l'ONU, le futur exécutif transitoire aura pour mission de "réunifier les institutions de l'Etat et assurer la sécurité" jusqu'aux élections prévues en décembre. L'émissaire par intérim de l'ONU en Libye, Stephanie Williams, a par ailleurs souligné vendredi avant le vote que les candidats s'engagent à nommer "au moins 30% de femmes à des postes de direction dans le nouveau gouvernement". Elle a également demandé aux participants au dialogue interlibyen de s'engager "à accepter le résultat du vote". Ce qu'ils ont fait en applaudissant.
Après l'échec d'une offensive lancée par le maréchal Haftar en avril 2019 pour conquérir Tripoli, les deux camps ont conclu un cessez-le-feu en octobre et retrouvé le chemin du dialogue, encouragé par l'ONU. Le dialogue interlibyen a été lancé en Tunisie en novembre 2020. Mi-novembre, les participants ont trouvé un accord sur l'organisation d'élections "nationales" le 24 décembre 2021. Et le Conseil de sécurité a ordonné jeudi au secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres de déployer une avant-garde d'observateurs du cessez-le-feu en Libye.


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