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Dernières Infos - Libertés

Le représentant de RSF en Turquie de retour au tribunal pour "terrorisme"

Le 18 janvier 2019, le journaliste franco-turc Erol Onderoglu, représentant du groupe de défense des droits de l’homme à Reporters sans frontières (RSF), est photographié devant le palais de justice d’Istanbul, en Turquie. Photo OZAN KOSE / AFP

Un nouveau procès du représentant en Turquie de l'ONG Reporters sans frontières (RSF) et de deux autres défenseurs des droits humains accusés de "propagande terroriste" s'est ouvert mercredi à Istanbul, leurs soutiens dénonçant un "acharnement judiciaire".

Inlassable défenseur de la liberté de la presse, Erol Önderoglu, représentant de RSF en Turquie, risque jusqu'à 14 ans et demi de prison pour avoir participé à une campagne de solidarité avec Özgür Gündem, un quotidien fermé en 2016 car accusé de liens avec la rébellion kurde.

L'écrivain et journaliste Ahmet Nesin et la présidente de la Fondation des Droits de l'Homme, Sebnem Korur Fincanci, sont également visés par la même accusation dans ce procès.

Ces trois figures majeures de la société civile avaient été acquittées en 2019 à l'issue d'un long procès en lien avec cette affaire. Mais une cour d'appel a cassé cette décision l'an dernier, d'où la tenue d'un nouveau procès.

Au terme d'une brève audience au tribunal de Caglayan, à Istanbul, le procès a été renvoyé au 6 mai, a indiqué M. Önderoglu à l'AFP.

Respecté pour l'énergie qu'il met à défendre la liberté de la presse en Turquie dans un contexte de plus en plus difficile, M. Önderoglu, 51 ans, a rejeté les accusations "absurdes" le visant, estimant que ce procès visait à intimider les médias et la société civile. "Ce procès aujourd'hui est une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes", a-t-il affirmé.

Lundi, 17 organisations de défense de la liberté de la presse, dont RSF, avaient appelé les autorités turques à abandonner les accusations, dénonçant un "acharnement judiciaire". M. Önderoglu et les deux autres prévenus sont également accusés d'"apologie du crime" et "incitation au crime".

L'arrestation de M. Önderoglu en juin 2016 et les poursuites engagées contre lui avaient entraîné une vague de protestations en Turquie et à l'étranger. Mardi, le consul général de France à Istanbul, Olivier Gauvin, ainsi que des diplomates d'autres pays européens étaient présents à l'audience.

Le gouvernement islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan est régulièrement accusé de museler la presse indépendante en Turquie. Après une tentative de coup d'Etat en 2016, les autorités turques ont lancé une répression tous azimuts, arrêtant des dizaines de journalistes et fermant plusieurs médias. La Turquie occupait la 154ème place sur 180 au classement 2020 de la liberté de la presse établi par RSF.

Un nouveau procès du représentant en Turquie de l'ONG Reporters sans frontières (RSF) et de deux autres défenseurs des droits humains accusés de "propagande terroriste" s'est ouvert mercredi à Istanbul, leurs soutiens dénonçant un "acharnement judiciaire".Inlassable défenseur de la liberté de la presse, Erol Önderoglu, représentant de RSF en Turquie, risque jusqu'à 14 ans et demi de prison pour avoir participé à une campagne de solidarité avec Özgür Gündem, un quotidien fermé en 2016 car accusé de liens avec la rébellion kurde.
L'écrivain et journaliste Ahmet Nesin et la présidente de la Fondation des Droits de l'Homme, Sebnem Korur Fincanci, sont également visés par la même accusation dans ce procès.
Ces trois figures majeures de la société civile avaient été acquittées en 2019 à l'issue d'un long...