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Économie - Amérique Latine

Ruée sur le dollar dans un Cuba chamboulé par les réformes

Ruée sur le dollar dans un Cuba chamboulé par les réformes

Le billet vert est plus que jamais convoité à Cuba et vaut déjà, un mois après les vastes réformes économiques, le double de son cours officiel sur le marché noir. Photo d’archives Yamil Lage/AFP

« Si tu n’as pas de dollars, t’es foutu », soupirent les Cubains : un mois après l’entrée en vigueur d’une vaste réforme économique, le billet vert est plus que jamais convoité et vaut déjà, sur le marché noir, le double de son cours officiel. En lançant le 1er janvier l’unification monétaire, qui vise à supprimer le CUC (aligné artificiellement sur le dollar) pour ne laisser que le peso cubain ou CUP, le gouvernement communiste avait fait le choix de maintenir ce dernier à un taux de 24 CUP pour un dollar. Un mois plus tard, sur des sites internet informels d’achat-vente comme Revolico, le billet vert s’échange jusqu’à... 50 CUP, soit un bond de 108,3 % par rapport au cours légal.

Mais pourquoi une telle ruée sur le dollar ? Car depuis fin 2019 les autorités cubaines ont lancé une dollarisation de leur économie afin de récupérer des devises et payer ainsi les importations, dans cette île qui fait venir de l’étranger 80 % de ce qu’elle consomme. Privé de touristes en raison de la pandémie et fragilisé par le renforcement de l’embargo américain par l’administration sortante de Donald Trump, le pays a plus que jamais besoin de devises pour rester à flot. Durant la Période spéciale, fameuse crise économique des années 1990 provoquée par l’effondrement du bloc soviétique, Cuba avait déjà connu une frénésie du dollar, qui avait grimpé jusqu’à 150 pesos cubains. Jusqu’où s’envolera-t-il cette fois ? « C’est très difficile à estimer », car « cela dépend à quelle vitesse et à quel niveau remontent les recettes en devises du pays », répond l’économiste Mauricio De Miranda à l’AFP.

Le problème est aussi qu’il est quasiment impossible d’acquérir légalement le billet vert sur l’île : il n’est vendu ni dans les banques ni dans les bureaux de change. Seuls les Cubains et étrangers en partance pour un autre pays ont le droit d’acheter 300 dollars. « Ce n’est pas possible de parler de réforme monétaire quand la Banque centrale du pays ne peut offrir la devise étrangère au taux de change établi officiellement », critique Mauricio De Miranda. « C’est une erreur absurde et grave de politique économique » qui donne « carte blanche au marché noir ».

Source : AFP

« Si tu n’as pas de dollars, t’es foutu », soupirent les Cubains : un mois après l’entrée en vigueur d’une vaste réforme économique, le billet vert est plus que jamais convoité et vaut déjà, sur le marché noir, le double de son cours officiel. En lançant le 1er janvier l’unification monétaire, qui vise à supprimer le CUC (aligné artificiellement sur le dollar) pour ne laisser que le peso cubain ou CUP, le gouvernement communiste avait fait le choix de maintenir ce dernier à un taux de 24 CUP pour un dollar. Un mois plus tard, sur des sites internet informels d’achat-vente comme Revolico, le billet vert s’échange jusqu’à... 50 CUP, soit un bond de 108,3 % par rapport au cours légal.Mais pourquoi une telle ruée sur le dollar ? Car depuis fin 2019 les autorités cubaines ont lancé une...
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