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Le président de la commission parlementaire de la Santé, Assem Araji, a appelé lundi la justice à se saisir de l'affaire du trafic vers l'étranger de médicaments subventionnés au Liban, après des informations rapportées lors d'un reportage télévisé concernant l'exportation de ces produits notamment vers la République démocratique du Congo.
Dans un entretien télévisé diffusé au cours du week-end, un Libanais vivant à Kinshasa avait fait état de l'arrivée en RDC de grandes quantités de médicaments en provenance de Beyrouth, alors même que l'importation de ces médicaments au Liban est subventionnée par la Banque du Liban (BDL) et que certains deviennent introuvables sur le marché libanais.
"Le président du syndicat des importateurs de médicaments m'a expliqué que de 19.000 boîtes d'un certain médicament pour la tension avaient été distribuées en moins d'un mois dans des entrepôts et pharmacies et pourtant ce produit est en rupture de stock", a dénoncé M. Araji dans un communiqué. Il a appelé "le parquet général à se saisir de cette affaire". "Le citoyen libanais fait des pieds et des mains pour trouver des médicaments et ceux-ci sont exportés de manière illégale", a déploré le député, qui a évoqué "une pénurie sévère des médicaments utilisés dans les hôpitaux". "La commission parlementaire de la Santé va mettre la main sur ce dossier et interroger les parties concernées, qu'il s'agisse des importateurs, des propriétaires d'entrepôt et de la direction des douanes afin de déterminer qui est responsable de ce trafic", a-t-il affirmé.
Ces derniers mois, plusieurs saisies de grandes quantités de médicaments ont été faites à l'Aéroport international de Beyrouth.
Sur la base de mécanismes mis en place en octobre 2019 pour faire face à l'inflation et à la dépréciation de la livre (qui s'échangeait sur le marché noir au taux moyen de 8.900 livres pour un dollar pendant le week-end), la BDL subventionne les produits de première nécessité, dont les médicaments, la farine et le carburant, au taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar. Mais les dollars disponibles à la BDL se font rare et l'exécutif planche actuellement sur une rationalisation de ces subventions.


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