C’est la baisse du nombre de voitures neuves vendues en 2020 en glissement annuel selon l’Association des importateurs automobiles libanais (AIA). Seulement 6 152 automobiles neuves ont été immatriculées en 2020, contre 21 991 en 2019, une année déjà marquée par une baisse de 33,39 % par rapport à 2018 (33 013). L’année 2019 s’était terminée en accusant une diminution des ventes de 74 % sur les deux derniers mois.
En cause, la crise économique et financière qui s’est aggravée depuis l’automne 2019, en marge des restrictions sur les comptes en devises (retraits et transferts à l’étranger) imposées par les établissements bancaires du pays et du début de la dépréciation de la livre, alors qu’elle était ancrée au billet vert depuis 1997 au taux de 1 507,5 livres pour un dollar. La livre a aujourd’hui perdu près de 80 % de sa valeur. Le confinement décrété à partir de mars 2020, afin de lutter contre la pandémie de Covid-19, n’a également pas aidé les ventes, avec uniquement 188 voitures achetées en avril 2020, contre 2 190 un an plus tôt (-91,33 %). Le chiffre le plus bas en termes de ventes sur les onze premiers mois (les chiffres de décembre n’ayant pas encore été publiés à l’heure de passer sous presse) est en août dernier avec 186 voitures neuves immatriculées.
Selon l’AIA, c’est la double explosion meurtrière au port de Beyrouth du 4 août 2020 (dont les causes n’ont toujours pas été élucidées) qui a résulté en de grands dégâts pour les importateurs, qu’ils estiment à des dizaines de millions de dollars. La facture totale des dégâts a été estimée à entre 3,8 et 4,6 milliards de dollars selon la « nouvelle évaluation rapide » (Rapid Damage and Needs Assessment, RDNA), réalisée par le groupe de la Banque mondiale, en collaboration avec l’ONU et l’Union européenne (UE). Cette situation va mener, selon l’association, à la fermeture de plusieurs entreprises, ainsi qu’au licenciement d’employés. Le taux de chômage au Liban a été estimé en juin 2020 à 30 % par Infopro, société spécialisée dans l’édition de titres de presse économique, évaluant un échantillon de 500 entreprises.
L’association prévient que cela va entraîner « une nouvelle chute des ventes de voitures dans les mois à venir », ainsi qu’une baisse des taxes versées au Trésor, estimées à 33 millions de dollars en 2020, contre 46 millions un an plus tôt (-28,6 %), alors qu’elles s’élevaient à 265 millions de dollars en 2018. Cela a constitué une baisse des recettes étatiques provenant des importateurs d’automobiles de 87,55 % en deux ans, alors que le déficit public s’élevait en juillet 2020 (les derniers chiffres disponibles) à 3 163,96 milliards de livres à fin juillet (soit 2,09 milliards de dollars au taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar).

