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Dernières Infos - Incidents De Tripoli

Hariri : Pourquoi l'armée a regardé le Sérail et la municipalité brûler sans rien faire ?

Hariri : Pourquoi l'armée a regardé le Sérail et la municipalité brûler sans rien faire ?

Le Premier ministre libanais désigné Saad Hariri. Photo d'archives AFP

Le Premier ministre libanais désigné Saad Hariri a condamné dans la nuit de jeudi les actes de violence à Tripoli, dans le Nord, où des protestataires en colère contre la situation socio-économique ont incendié les sièges de la municipalité de la ville et celui du Sérail gouvernemental. Le leader sunnite s'est demandé dans ce contexte pourquoi l'armée n'a pas réagi pour empêcher ces actes.

"Ce qui s'est passé cette nuit à Tripoli est un crime qualifié et organisé, dont la responsabilité incombe à tous ceux qui sont de connivence pour miner la stabilité de la ville et brûler ses institutions, sa municipalité, et occuper ses rues à travers le chaos", s'est indigné M. Hariri dans un communiqué publié tard jeudi soir.

"Ceux qui ont brûlé Tripoli sont des criminels qui n'appartiennent pas à la ville (…). Il est inacceptable de poignarder dans le dos la ville sous prétexte de revendications sociales ou politiques, quels que soient les groupes et leurs affiliations", a insisté le chef du Courant du Futur.

"Nous sommes aux côtés des habitants de Tripoli et du Nord, et nous nous interrogeons, comme eux : pourquoi l'armée libanaise a regardé brûler le Sérail, la municipalité et les infrastructures sans rien faire ? Qui protégera Tripoli si l'armée ne le fait pas ?", s'est demandé Saad Hariri.

"Des responsabilités incombent aux personnes concernées", a-t-il ajouté, sans pour autant nommer ceux qu'il vise. "S'il y a un plan pour que l'extrémisme s'infiltre dans la ville, qui donc ouvre la porte à cet extrémisme ? Comment l'État peut-il autoriser cela, alors que le pays passe par l'une des phases les plus dangereuses de son histoire ?".

Pour le quatrième jour consécutif, Tripoli, grande ville du Nord et cité la plus pauvre du Liban, a été jeudi le théâtre de violents affrontements entre manifestants, qui protestaient contre les restrictions sanitaires et leurs difficiles conditions de vie, et les forces de l'ordre. Ces violences, quasi-interrompues depuis lundi, ont jusqu'à présent fait un mort parmi les manifestants, et un total de plus de 300 blessés parmi les protestataires et les forces de l'ordre, accusées par certains observateurs d'excès de violence et de recours à des armes létales.

Quant aux responsables politiques de tous bords, nombre d'entre eux affirment que les incidents à Tripoli sont le résultat d'un complot, accusant parfois des services de renseignement ou des partis d'être derrière ces heurts.

Avec plus de la moitié de ses habitants vivant sous le seuil de pauvreté, Tripoli était l'un des épicentres du mouvement de contestation sans précédent déclenché en octobre 2019 à travers le pays contre une classe dirigeante accusée de corruption et d'incompétence. Le Liban connaît sa pire crise économique depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), aggravée par la pandémie qui a entraîné des segments entiers de la population dans la précarité. Saad Hariri jouissait par le passé d'une grande popularité à Tripoli, mais celle-ci s'est érodée au fil des ans, sur fond d'aggravation de la crise socio-économique.

Le Premier ministre libanais désigné Saad Hariri a condamné dans la nuit de jeudi les actes de violence à Tripoli, dans le Nord, où des protestataires en colère contre la situation socio-économique ont incendié les sièges de la municipalité de la ville et celui du Sérail gouvernemental. Le leader sunnite s'est demandé dans ce contexte pourquoi l'armée n'a pas réagi pour empêcher ces actes."Ce qui s'est passé cette nuit à Tripoli est un crime qualifié et organisé, dont la responsabilité incombe à tous ceux qui sont de connivence pour miner la stabilité de la ville et brûler ses institutions, sa municipalité, et occuper ses rues à travers le chaos", s'est indigné M. Hariri dans un communiqué publié tard jeudi soir."Ceux qui ont brûlé Tripoli sont des criminels qui n'appartiennent pas à la ville (…). Il est...