Le logo de Pôle emploi sur la devanture d'une agence. Photo d'archives AFP/LOIC VENANCE.
Valence et sa région (sud) étaient sous le choc jeudi après l'expédition meurtrière d'un homme qui a tué par balles une femme travaillant à l'Agence nationale pour l'emploi puis une salariée d'une entreprise de la région, avant d'être interpellé.
Vers 8H30 (07H30 GMT), cet homme, ingénieur sans emploi de 45 ans, est entré dans une importante antenne de l'Agence nationale pour l'emploi (Pôle emploi) à Valence où il a mortellement touché une employée de 53 ans. Il "s'est présenté dans cette agence qui emploie pas mal de salariés, s'est adressé à une employée sans qu'on sache s'il la connaissait, et très vite il a fait feu à une reprise avec une arme, la blessant mortellement au thorax. Le décès a été constaté après une vaine tentative de réanimation", a détaillé à l'AFP le procureur de la République de Valence, Alex Perrin. "A priori il n'avait pas un comportement agressif, jusqu'au moment où il a sorti une arme et fait feu avec une détermination réelle pour tuer", a ajouté plus tard M. Perrin devant la presse.
L'homme a ensuite parcouru 10 km en voiture pour gagner les locaux d'une entreprise spécialisée dans la fabrication de véhicules de collecte de déchets à Guilherand-Granges (Ardèche), sur l'autre rive du Rhône. Sur place, "il a demandé à avoir un contact avec un cadre et a rapidement fait feu sur une employée de 51 ans, qui a été atteinte à deux reprises mortellement", a précisé M. Perrin. Selon lui, l'homme avait été employé dans cette entreprise entre 2008 et 2010.
Selon le procureur, il est "envisageable qu'il connaissait sa victime, directrice des ressources humaines dans l'entreprise, mais a priori il n'y avait pas de conflit" entre eux. La société Faun Environnement emploie 200 personnes sur le site. Une quarantaine de salariés étaient présents au moment des faits, selon la mairie de Valence. Tandis qu'il prenait la fuite en voiture en empruntant à contresens un pont en direction de Valence, son véhicule a percuté une voiture de la police qui tentait de l'intercepter. Le mobile de cet acte aux airs d'expédition désespérée demeure inconnu pour l'heure. "À ce stade, on ne sait rien de ses motivations" mais "on pense vraiment qu'il y avait une préméditation", a dit le procureur en fin d'après-midi, qui a ouvert une enquête pour "assassinats".
"Ma conjointe, qui était chez nous, a entendu un bruit de pétard soudain. Après pompiers, police... On ne pense pas à ce genre de situation, là, à Pôle emploi, dans une rue assez calme", a réagi auprès de l'AFP Aurélien Bourgin, 23 ans, qui réside en face de l'agence.
Une cellule psychologique a été mise en place et une quinzaine de personnes s'y sont présentées jusqu'en début d'après-midi.
"C'est la stupeur, la tristesse et la sidération face à cet acte totalement imprévisible et gratuit", a commenté le maire de Valence, Nicolas Daragon. "Cet homme a travaillé il y a dix ans dans la région", a-t-il ajouté, confirmant que le suspect n'habitait plus à Valence. "Le drame survenu à Valence endeuille le pays tout entier. Mes pensées accompagnent les personnels de Pôle emploi dans la Drôme dont je partage l'émotion et la tristesse", a écrit le Premier ministre Jean Castex dans un tweet.


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