Le Premier ministre britannique Boris Johnson charge des doses du vaccin Oxford/AstraZeneca contre le Covid-19, destinées à être distribuées dans un centre de vaccination au nord de Londres, le 25 janvier 2021. Stefan Rousseau/Pool via Reuters
La pandémie de Covid-19 est de plus en plus mortelle dans le monde, avec un nouveau record de plus de 18 000 décès en 24 heures, et les variants, bien plus contagieux, ne cessent de se propager à de nouveaux pays. Dans la course aux vaccins, lueur d’espoir pour tenter de sortir d’une crise qui continue de s’aggraver, l’un des fabricants, le britannique AstraZeneca, se trouvait hier au cœur de tensions avec l’UE. De jour en jour, la situation s’assombrit : le nombre de cas total officiellement recensés a dépassé le cap des 100 millions à travers le monde et selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) hier, les nouveaux variants du coronavirus continuent de se répandre. Le britannique s’est étendu à 70 pays et le sud-africain à 31.
Du jamais-vu depuis le début de la pandémie, 18 109 décès ont été enregistrés sur la journée de mardi dans le monde, selon un comptage réalisé à partir des bilans communiqués par les autorités sanitaires. Ce chiffre confirme une tendance constatée depuis début janvier : la mortalité s’accélère nettement, les seuils de décès quotidiens sont passés plus rapidement et le plateau s’établit à des niveaux de plus en plus élevés (en moyenne, 14 000 décès quotidiens depuis le 22 janvier, contre 10 000 fin novembre). Au total, le monde a enregistré 2,16 millions de décès. Une situation qui met les gouvernements sous pression afin de trouver de nouvelles parades.
En Grande-Bretagne, premier pays en Europe où le seuil macabre des 100 000 morts a été dépassé, le gouvernement a annoncé l’imposition d’une quarantaine à l’hôtel aux résidents au Royaume-Uni arrivant de pays jugés à risque. Sont concernés les voyageurs venant de 22 pays où des variants du virus « présentent un risque », comme l’Afrique du Sud, le Portugal et des pays d’Amérique du Sud. Les arrivées de ces pays sont déjà interdites aux personnes ne résidant pas au Royaume-Uni.
Ces voyageurs seront pris en charge à l’aéroport et « emmenés directement » à l’hôtel, a précisé le Premier ministre Boris Johnson. Le dirigeant conservateur est accusé d’avoir sous-estimé l’ampleur de la crise au printemps, confiné trop tard et déconfiné trop vite à l’été, ignorant l’avis des scientifiques.
« Voyages non essentiels »
Relativement épargnée par la pandémie, la Finlande a néanmoins également annoncé durcir ses restrictions aux frontières : le pays interdit désormais les voyages « non essentiels » vers son territoire. L’Argentine a de son côté imposé aux compagnies aériennes de réduire la fréquence des vols vers et depuis l’Europe, les États-Unis, le Brésil et le Mexique, le pays enregistrant une hausse des décès et des nouveaux cas.
En France, le gouvernement a indiqué mercredi étudier plusieurs scénarios pour enrayer la propagation du Covid-19, dont celui d’un nouveau confinement « très serré », le couvre-feu actuel à partir de 18h00 n’étant pas assez efficace. Si le chef de l’État Emmanuel Macron a demandé des « analyses supplémentaires » sur les différents scénarios avant de décider, « le maintien du cadre actuel paraît peu probable », a indiqué le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. La France « reste dans une période ambiguë où la situation sanitaire se dégrade mais pas de manière exponentielle », a résumé un cadre de la majorité.
Tensions avec AstraZeneca
Faisant figure d’exception, la ville de Moscou a poursuivi hier l’allègement des restrictions en vigueur depuis des mois, s’appuyant sur une baisse du nombre de contaminations malgré l’absence de confinement. Bars, restaurants et boîtes de nuit pourront de nouveau rester ouverts après 23h. Chypre a de son côté annoncé l’allègement progressif début février des mesures de strict confinement imposées le 10 janvier, la hausse des cas ayant été maîtrisée après des pics enregistrés après les fêtes de fin d’année.
La campagne massive de vaccination reste une des rares lueurs d’espoir pour entrevoir une sortie de crise. À ce sujet, le laboratoire britannique AstraZeneca était au cœur de tensions avec l’Union européenne. En cause : l’annonce d’un retard dans le calendrier de livraisons de vaccins. Le courroux de Bruxelles a été notamment provoqué par les explications du patron d’AstraZeneca, Pascal Soriot, dans un entretien accordé mardi à plusieurs quotidiens européens. Selon lui, la production des vaccins dans les usines britanniques est réservée au Royaume-Uni en vertu de l’accord conclu avec Londres, trois mois avant le contrat signé avec l’UE. Ce que conteste Bruxelles.
L’UE réclame ainsi à AstraZeneca de lui livrer comme convenu des vaccins anti-Covid-19 produits dans deux usines situées au Royaume-Uni, alors que le groupe prévoit désormais de ne livrer au premier trimestre qu’« un quart » des doses promises. À ce jour, au moins 79,2 millions de doses de vaccins anti-Covid ont été administrées dans au moins 69 pays ou territoires, selon un comptage réalisé hier en fin de journée à partir de sources officielles, hier. Mais la vaccination est pour l’heure un privilège des pays à « revenu élevé » (au sens de la Banque mondiale), qui concentrent 62 % des doses administrées dans le monde alors qu’ils ne regroupent que 16 % de la population mondiale.
Source : AFP
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