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L’éclectique musée national de Niamey, « miroir » du Niger

L’éclectique musée national de Niamey, « miroir » du Niger

Des visiteurs admirant un hippopotame dans la partie zoo du Musée national du Niger à Niamey. Issouf Sanogo/AFP

Des dinosaures au nucléaire en passant par les hippopotames, l’artisanat ou la musique : l’éclectique Musée national du Niger (MNN) ou musée Boubou Hama, qui est aussi un zoo, attire des visiteurs de tout le pays, écoles, touristes étrangers, mais aussi les enfants des rues qui y trouvent un lieu de détente. « C’est le miroir du Niger, son reflet socioculturel. Culture, histoire, archéologie, paléontologie... La partie zoo fait partie de cette tradition pluridisciplinaire. Ici, chaque Nigérien, quel que soit son niveau, peut mieux comprendre son pays », affirme fièrement son directeur Haladou Mamane, rappelant « qu’une grande partie du public n’est pas allé à l’école ». Le Niger figure parmi les pays les plus pauvres du monde, dernier du classement mondial de l’indice de développement humain. L’État subventionne le musée. Les écoles « se servent du musée comme outil pédagogique » et il n’est pas rare de voir des classes entières de jeunes en uniforme se promener dans les allées.

Écrin de 24 hectares dans le centre de la capitale, le musée accueillait plus de 100 000 visiteurs par an avant la pandémie de coronavirus, mais les recettes permettent à peine de couvrir le tiers du budget. Le prix d’entrée est si dérisoire que même les enfants-talibés peuvent s’en acquitter. Ces enfants des rues confiés par leurs parents à un imam ou marabout sont censés apprendre le Coran avec ce précepteur, mais passent généralement la plus grande partie de leur journée à mendier dans les rues, récipient en fer attaché autour du cou. Ils sont nombreux à venir pour regarder les animaux ou s’amuser sur les toboggans et balançoires et se détendre loin des pots d’échappement qu’ils respirent entre les voitures aux carrefours.

Les squelettes de trois dinosaures sont exposés dans l’éclectique Musée national du Niger ou musée Boubou Hama, un écrin de 24 hectares dans la capitale Niamey. Culture, histoire, archéologie, paléontologie... le musée se veut pluridisciplinaire et outil pédagogique. Issouf Sanogo/AFP

L’un d’entre eux, Ismaël Mariama (12 ans), observe un imposant lion faisant la sieste sur le dos pattes en l’air. « Je suis venu voir les animaux. J’ai quitté le quartier Yantala (quartier populaire du nord-ouest de Niamey) pour venir voir les animaux, les singes, les lions, les crocodiles. J’ai tout vu », se réjouit-il, avant d’aller donner des biscuits à des singes tendant le bras à travers les barreaux. Il assure s’être aussi promené au centre de l’artisanat et être « intéressé par les chaussures en cuir ». « Le musée est pour tous les Nigériens », assure le directeur, fier que ces jeunes visiteurs payent leur entrée et respectent l’institution. Il assure que le musée « favorise l’unité nationale » et souligne que le centre artisanal, où une centaine de personnes travaillent et vendent leurs produits, regroupe toutes les ethnies.

Peintures, tableaux, statuettes en bronze, figurines en fer ou en bois... il y en a pour les touristes, mais aussi pour la vie quotidienne, de la poterie aux ceintures ou cartables. « C’est un peu dur avec le coronavirus, mais le musée est une bonne chose pour nous », affirme Ali Abdoulaye, spécialiste du cuir. « Les gens voient notre travail. Aujourd’hui, on décourage l’artisanat avec les produits chinois moins chers. Mais tu paies un sac et quelques jours après ça se déchire. »

À quelques mètres du grand hall, une des attractions du musée : les squelettes de trois dinosaures, dont le « terrible » Sarcosuchus imperator, énorme crocodile de 11 mètres de long à la mâchoire et aux crocs impressionnants, découvert dans la région d’Agadez en 1966 par le paléontologue français Philippe Taquet. Selon la légende, M. Taquet, découvreur d’autres dinosaures, se serait rendu au Niger invité par des géologues à la recherche d’uranium, dont regorge le sous-sol du pays. Et non loin des dinosaures se trouve justement le pavillon de l’uranium. On y explique l’exploitation de ce minerai et son utilité. À côté, un pavillon du pétrole – récemment exploité au Niger – expose une énorme maquette de la raffinerie de Zinder, dans le sud du pays. Deux bâtiments high-tech qui contrastent avec les poussiéreux pavillons des costumes ou de l’archéologie et ses pièces de l’âge de pierre.

Fondé juste avant l’indépendance du Niger, le musée va être rénové et agrandi cette année, grâce notamment à des bailleurs de fonds internationaux. La partie zoo, qui compte 111 espèces, bénéficiera de l’essentiel de l’extension, avec une « amélioration des conditions de vie » des animaux, mais toujours avec le même esprit de voir cohabiter « faune et culture ».

Patrick FORT/AFP


Des dinosaures au nucléaire en passant par les hippopotames, l’artisanat ou la musique : l’éclectique Musée national du Niger (MNN) ou musée Boubou Hama, qui est aussi un zoo, attire des visiteurs de tout le pays, écoles, touristes étrangers, mais aussi les enfants des rues qui y trouvent un lieu de détente. « C’est le miroir du Niger, son reflet socioculturel. Culture,...

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