Takaddom a déjà commencé à se réunir avec des formations qui ont activement pris part au soulèvement populaire. Photo Zeina Moussa
Plus d’un an après le début du mouvement de contestation populaire, et alors que celui-ci s’est essoufflé depuis des mois déjà, plusieurs mouvements et initiatives nés fin 2019 tentent aujourd’hui de s’organiser pour former un front politique d’opposition au pouvoir toujours résolument en place. Parmi eux, Takaddom, un regroupement de militants de la société civile, qui a jeté les bases d’un véritable parti basé sur la démocratie et la laïcité. Les premières réunions de ce regroupement ont eu lieu en novembre 2019. Elles se poursuivent en attendant que Takaddom obtienne une autorisation d’exercer en tant que parti politique. « Nous avons commencé à travailler il y a quelques mois avec plusieurs groupes de la thaoura pour coordonner nos actions », explique Mark Daou, coordinateur du bureau politique de Takaddom, un regroupement qui entend travailler « pour la démocratie, la laïcité et la justice sociale ». « L’idée est de bâtir un front d’opposition, car nous sommes convaincus que le changement ne sera possible qu’à travers une opposition politique », assure M. Daou. Ce militant, qui a été candidat aux dernières législatives à Aley, a fait l’objet en début de semaine de menaces de mort à Khaldé en raison, estime-t-il, de son engagement politique auprès de la thaoura et de ses critiques acerbes envers le Hezbollah et l’Iran.
Remettre l’État sur pied
« Takaddom a déjà lancé des discussions avec plusieurs formations de l’opposition dont le Bloc national, Li hakki, Beirut madinati, les Kataëb, le Mouvement de l’indépendance, Khatt Ahmar, Aamieh 17 octobre, Liqaa Teshrine et les députés démissionnaires Paula Yacoubian, Samy Gemayel, Michel Moawad et Neemat Frem », révèle Mark Daou à L’Orient-Le Jour. « Pour l’heure, ce qui importe c’est de soutenir les Libanais face à la crise et de remettre l’État sur pied. Mais il faudra ensuite lutter sur trois fronts : celui des armes du Hezbollah, du système bancaire et du système financier », ajoute-t-il.
« Aujourd’hui, le pouvoir veut laisser croire qu’il n’y a pas d’autres alternatives. Ce qui est faux. Nous sommes convaincus que beaucoup de personnes sont contre le système, mais qu’elles ont besoin d’outils pour travailler. Cela peut se faire à travers de nouveaux partis politiques », estime M. Daou.
Jad Chaabane, militant et membre fondateur de Takaddom, dénonce pour sa part « l’enracinement de la classe politique et la violence physique, militaire et financière exercée à l’encontre des Libanais ». Même s’il reconnaît que « le changement politique est difficile en ce moment », l’activiste se dit convaincu de l’importance de la lutte pour faire face au pouvoir en place. « Les autorités tentent de faire taire les gens et les militants sont menacés quand ils s’expriment à haute voix. À travers notre action, nous voulons préserver la liberté d’expression et soutenir les groupes de jeunes opposants », poursuit le militant.
Il explique qu’en tant que front d’opposition, Takaddom se propose de prendre part aux prochaines élections syndicales, municipales ou législatives. « La justice sociale et le respect des droits de l’homme sont au cœur de nos actions, indique M. Chaabane. Il nous importe de faire pression pour que des réformes soient mises en place, pour soutenir la lutte contre la corruption et pour que l’enquête sur les explosions du 4 août dernier avance. Nous pensons qu’une nouvelle loi électorale et un changement du système politique sont nécessaires », souligne-t-il.
Jad Chaabane souligne par ailleurs « l’importance de faire face à la situation que traverse le pays à l’heure actuelle, en attendant de voir ce qui va se passer dans la région ». « Nous ne sommes malheureusement pas en mesure de maîtriser les solutions pour tirer le pays de ses problèmes. Nous continuons de dépendre du contexte régional », soupire-t-il.


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L’opposition doit venir de toute part et se concentrer à inonder les médias de propagandes pour dénoncer ce qui se passe dans notre pays et déstabiliser cet establishment pourri et tous les vendus qui veulent les faire taire. Le peuple a un grand rôle à jouer et c’est maintenant et non pas demain que tout se joue puisque les fossoyeurs sont on ne peut plus embarrassés et peine à trouver une sortie. Ils savent très bien que si le peuple se lève ils ne feront pas le poids. Encore faut il que ce peuple se rassemble pour n’en faire qu’un, prêt à sauver la nation.
11 h 11, le 08 janvier 2021