Un homme en dishdasha regardant des pétroliers dans le Golfe arabo-persique. Photo d'archives AFP
Les gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé avoir saisi lundi un pétrolier battant pavillon sud-coréen dans les eaux du Golfe, l'accusant d'avoir violé "les lois sur l'environnement marin".
"Un navire propriété de la Corée du Sud a été saisi ce matin par (la marine) de la force" des gardiens, selon leur site officiel Sepahnews, dans un contexte de tensions grandissantes dans le Golfe entre Téhéran et Washington. Selon le ministère iranien des Affaires étrangères, cette saisie s'est faite "dans le cadre de la loi".
Sepahnews fait état de l'arrestation des membres de l'équipage de nationalités sud-coréenne, indonésienne, vietnamienne et birmane, sans plus de détails. "Ce pétrolier était parti du port d'Al-Jubail en Arabie saoudite et a été saisi pour violation répétée des lois sur l'environnement marin", ajoute le site. Selon lui, le navire bat pavillon sud-coréen, porte le nom "Hankuk Chemi" et transporte 7.200 tonnes de "produits chimiques pétroliers". A Séoul, le ministère de la Défense a annoncé l'envoi d'une unité navale anti-piraterie dans les eaux du Golfe, à proximité du stratégique détroit d'Ormuz, à la suite de la saisie "de notre navire commercial par l'Iran".
Tensions accrues
Les autorités sud-coréennes ont réclamé la libération du pétrolier, dont la saisie intervient alors que la tension monte de nouveau dans la région, à l'approche de la fin le 20 janvier du mandat présidentiel de Donald Trump qui mène une politique de "pression maximale" sur Téhéran. Elle survient au moment où l'Iran marque le premier anniversaire de l'assassinat par les Etats-Unis de son général Kassem Soleimani, artisan de la stratégie iranienne au Moyen-Orient tué dans une attaque de drone à Bagdad. C'est également quelques heures après l'annonce que le porte-avions USS Nimitz va rester en position dans le Golfe au lieu de rentrer aux Etats-Unis, en raison de "menaces" iraniennes visant M. Trump et d'autres hauts responsables américains. Dans ce contexte, l'Iran a annoncé avoir enclenché lundi le processus de production d'uranium enrichi à 20% à l'usine souterraine de Fordo, sa principale mesure de désengagement de l'accord nucléaire international de 2015.
La saisie du pétrolier est intervenue à la demande de l'organisation maritime de la province d'Hormozgan et sur ordre du procureur de la province, ajoute le site des gardiens. Une photo publiée par Sepahnews semble montrer trois vedettes et une patrouille approchant le pétrolier. Sepahnews, qui ne précise pas où le pétrolier a été saisi, a indiqué qu'il se trouvait désormais ancré dans le port iranien de Bandar Abbas, sur le détroit d'Ormuz.
Le Bureau des opérations commerciales maritimes du Royaume-Uni (UKMTO) a fait état d'une "interaction" tôt lundi dans ce détroit entre un navire marchand et les autorités iraniennes, ayant poussé le bateau "à modifier son cap vers le nord (...) dans les eaux iraniennes".
L'agence de presse iranienne Fars avait indiqué auparavant qu'un pétrolier sud-coréen avait "été saisi dans les eaux du Golfe (...) et transféré vers les ports du pays".
Les gardiens ont saisi en juillet 2019 le pétrolier Stena Impero battant pavillon britannique dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole, avant de le relâcher deux mois plus tard. Ils ont saisi au moins six autres navires la même année. Washington a imputé à Téhéran des attaques et des sabotages contre des pétroliers dans la région du Golfe.
Les tensions irano-américaines n'ont cessé de croître depuis le retrait unilatéral en 2018 des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l'Iran. Téhéran a répliqué en s'affranchissant progressivement de certains engagements de l'accord.


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