Un mur peint montrant Zalmay Khalilzad (g) le représentant spécial des États-Unis pour la réconciliation en Afghanistan et le cofondateur des talibans, Mullah Abdul Ghani Baradar, à Kaboul, le 5 avril 2020. Photo d'archives AFP
Le pays a été le théâtre ces dernières semaines d'une série d'assassinats ciblés de personnalités, dont des membres des médias, hommes politiques et défenseurs des droits humains.
Un vice-gouverneur de la province de Kaboul, cinq journalistes et le chef d'une organisation indépendante d'observation des élections ont notamment été tués depuis novembre. Les autorités afghanes ont imputé ces attaques aux talibans, même si l'organisation État islamique en a revendiqué certaines. Washington ne s'était encore jamais positionné sur le sujet jusqu'ici.
Depuis quelques mois, la capitale Kaboul et plusieurs provinces afghanes sont en proie à une recrudescence des violences, en dépit des pourparlers de paix entre les talibans et le gouvernement en cours depuis septembre à Doha. Suspendues à la mi-décembre, ces négociations destinées à mettre fin à près de 20 années de guerre doivent reprendre mardi.
Afin d'encourager le processus de paix, le département d'Etat américain a annoncé que son envoyé spécial sur le conflit, Zalmay Khalilzad, se rendrait à nouveau au Qatar pour rencontrer séparément des responsables au sein des talibans et du gouvernement afghan. Les talibans ont accusé les forces américaines d'avoir mené plusieurs frappes aériennes les visant ces derniers jours dans les provinces de Kandahar et Helmand (sud), et de Nangarhar (est).
Les insurgés estiment que ces frappes contreviennent à l'accord signé en février 2020 à Doha avec Washington, entérinant le retrait complet des troupes américaines d'Afghanistan d'ici mai 2021 en échange de garanties en matière de sécurité et d'un engagement des talibans à discuter avec Kaboul.
Le colonel Leggett a au contraire estimé que les Etats-Unis restaient sur la même ligne, à savoir qu'ils continueraient à soutenir les troupes afghanes confrontées aux attaques des talibans. En 2020, les talibans ont perpétré plus de 18.000 attaques, selon le chef des renseignements afghans, Ahmad Zia Siraj.
Nishank Motwani, vice-directeur de l'Afghanistan Research and Evaluation Unit, un cercle de réflexion indépendant basé à Kaboul, a estimé que les talibans ne revendiqueraient jamais ces assassinats politiques, mais qu'ils entendaient néanmoins démontrer à leurs cadres qu'ils "sont toujours les mêmes et qu'ils n'ont pas changé".


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