Rechercher
Rechercher

Société - Coronavirus

Le Liban reconfiné à partir du 7 janvier jusqu'au 1er février

Un couvre-feu sera imposé entre 18h et 5h ; 2.861 nouveaux cas et 13 décès au cours des dernières 24 heures.

Le Liban reconfiné à partir du 7 janvier jusqu'au 1er février

Des Libanais assis à la terrasse d'un bar de Mar Mkhayel, à Beyrouth, le 13 décembre 2020. Photo AFP / ANWAR AMRO

Alors que le Liban s'approche rapidement du seuil funeste des 200.000 contaminations et 1.500 décès dus au coronavirus, le comité interministériel chargé de lutter contre la pandémie a recommandé lundi un reconfinement du pays du 7 janvier au 1er février, soit un peu plus de trois semaines. Un couvre-feu sera imposé entre 18h et 5h. Ce reconfinement intervient alors que le Liban a enregistré 2.861 nouveaux cas et 13 décès au cours des dernières 24 heures, selon le bilan publié lundi par le ministère de la Santé. Ces chiffres font grimper à 192.139 le nombre cumulé des contaminations depuis la détection du premier cas du virus dans le pays en février dernier, au nombre desquelles 3.474 décès et 134.377 guérisons. Parmi les cas toujours actifs, 1.189 personnes sont hospitalisées, dont 466 en soins intensifs.

L'AIB reste ouvert
Peu après l'annonce du reconfinement, le ministre sortant de l'Intérieur, Mohammad Fahmi, a précisé que les circulaires détaillant les mesures prévues seront publiées demain matin. Il a en attendant indiqué que la circulation alternée sera de nouveau en vigueur. Les véhicules portant une plaque d'immatriculation se terminant par un chiffre impair pourront circuler les lundis, mercredis et vendredis. Les véhicules portant une plaque d'immatriculation se terminant par un chiffre pair (dont le zéro) pourront circuler les mardis, jeudis et les samedis. Tous les véhicules sont interdits de circuler les dimanches. M. Fahmi a appelé "chaque citoyen à mettre en œuvre les mesures imposées et aider les forces de sécurité à appliquer les instructions pour faire face à la flambée de l'épidémie". L'aéroport de Beyrouth restera ouvert, mais le nombre de passagers "sera réduit par rapport à l'an dernier" selon un mécanisme précis, a-t-il ajouté sans donner plus de détails.

La décision a été prise à l'issue d'une longue séance de discussions du comité au Sérail. En raison des divergences d'opinion entre les différents ministres, cette réunion a dû se poursuivre lors d'une seconde session, dans l'après-midi. Entre les deux sessions, des représentants des différents organes sécuritaires se sont réunis afin d'étudier les dispositions à prendre pour assurer la bonne mise en application des mesures recommandées par le comité. Prenant lui aussi la parole après l'annonce du reconfinement, le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, a estimé que "le défi de la pandémie a atteint un niveau menaçant pour la vie du peuple libanais au vu de l'incapacité des hôpitaux à assurer des lits dans les hôpitaux". Il a précisé que la décision de bouclage a été prise à l'unanimité par le comité ministériel. "La commission scientifique chargée du suivi du coronavirus recommandait une fermeture de deux semaines, mais une position unifiée a finalement été trouvée après concertations", a-t-il précisé.

"Le confinement ne suffit pas"
Au début de la réunion du comité, le Premier ministre sortant, Hassane Diab, avait déploré que, malgré le fait que les autorités ont imposé "toutes les mesures possibles, les gens ne s'y sont pas conformés". "Jusqu'à présent, malheureusement, certains citoyens ne sont pas convaincus des risques du virus", a-t-il regretté. Il a souligné que pour lutter contre la pandémie, l'Etat peut "imposer un confinement et un couvre-feu, mais il n'a pas la capacité de suivre chaque personne" pour vérifier qu'elle respecte les règles, appelant à une "prise de conscience collective". Il a ajouté que les lits en unités de soins intensifs sont "quasiment tous occupés", ce qui met le pays "dans une situation très difficile". Et de déclarer que, dans ce contexte, il faut prendre "des mesures exceptionnelles et strictes". "Le confinement ne suffit pas. Il faut prendre des décisions très rapides pour contenir la situation actuelle, en parallèle à un bouclage", a ajouté M. Diab. 

Dans la matinée également, le directeur de l'hôpital Rafic Hariri de Beyrouth, le Dr Firas Abiad, a souligné qu'au-delà de la décision d'un nouveau confinement, il était important pour les autorités de s'attaquer à la situation du nombre de lits disponibles aux unités de soins intensifs et à la stratégie concernant les vaccins et la sortie du confinement.

Cent lits
En décembre, le gouvernement avait autorisé la réouverture du pays, y compris les bars et boites de nuit, dans une tentative de relancer une économie aux abois, s'attirant les foudres des milieux médicaux, alors que le taux d'occupation des unités de soins intensifs avait déjà atteint un palier critique. Sauf que les fêtes de fin d'année ont été animées pour de nombreux Libanais, avec notamment des soirées organisées et des rassemblements faisant fi des mesures de précaution sanitaires. Les professionnels de santé ont alors tiré la sonnette d'alarme, sur fond d'une recrudescence des cas positifs - ayant culminé jeudi à 3.500, contre 1.000 à 2.000 cas quotidiens durant les semaines précédentes - et du nombre de cas nécessitant une hospitalisation.

Invité d'une émission de la chaîne al-Jadeed dimanche soir, le ministre Hassan avait souligné que "la base sur laquelle avait été prise la décision de rouvrir tous les établissements pendant les fêtes était erronée", accusant le secteur privé de n'avoir respecté aucune des mesures sanitaires préconisées. "C'est ce qui nous a fait mordre la poussière", avait-il lancé. Il avait par ailleurs annoncé que cent lits supplémentaires arriveraient dans les unités de soins intensifs des différents hôpitaux du pays à partir du 18 janvier et seraient installés dans les deux à trois semaines suivantes.


Alors que le Liban s'approche rapidement du seuil funeste des 200.000 contaminations et 1.500 décès dus au coronavirus, le comité interministériel chargé de lutter contre la pandémie a recommandé lundi un reconfinement du pays du 7 janvier au 1er février, soit un peu plus de trois semaines. Un couvre-feu sera imposé entre 18h et 5h. Ce reconfinement intervient alors que le Liban a...

commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut