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Dernières Infos - Financement libyen

Takieddine met à nouveau en cause les juges, qui dénoncent des "affabulations"

L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, en 2016. Photo d'archives AFP / Philippe Lopez

L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine a de nouveau accusé les magistrats de l'avoir incité à mettre en cause Nicolas Sarkozy dans l'enquête sur le financement libyen de sa campagne de 2007, de "pures affabulations" selon les juges d'instruction interrogés par l'AFP.

Dans une déposition rédigée le 12 décembre à Beyrouth et révélée par Paris Match et BFMTV, le sulfureux intermédiaire affirme avoir été "manipulé par des juges qui ne veulent pas connaître la vérité mais qui veulent détruire un ancien président". "Les juges m'avaient fait des promesses en échange de déclarations erronées et à charge contre Nicolas Sarkozy et j'ai accepté", assure dans cette déposition l'homme d'affaires qui a multiplié les revirements depuis le lancement de cette enquête en 2013, dans laquelle il est mis en examen.
Selon lui, les juges lui auraient notamment fait miroiter, lors de rencontres officieuses, l'assurance de "sortir la tête haute" dans l'affaire Karachi, qui lui a valu une condamnation à 5 ans de prison en juin à laquelle il s'est soustrait en fuyant au Liban. 

Ces nouvelles accusations sont "de pures affabulations" a réagi auprès de l'AFP l'ancien juge Renaud Van Ruymbeke, qui a instruit l'affaire Karachi portant sur des commissions occultes liées à des contrats d'armement avec l'Arabie saoudite et le Pakistan. "Il n'y a jamais eu le moindre accord (...) pour négocier une peine dans l'affaire Karachi en échange d'aveux" dans le dossier libyen, a-t-il ajouté.

De son côté, le juge Serge Tournaire, qui a instruit le dossier libyen jusqu'en 2019, "conteste fermement l'intégralité des déclarations de M. Ziad Takieddine", a déclaré à l'AFP Catherine Pautrat, présidente du tribunal judiciaire de Nanterre, dont M. Tournaire est premier vice-président chargé de l'instruction. Le juge Tournaire "tient à préciser que les seules rencontres avec l'intéressé se sont déroulées dans son bureau au tribunal judiciaire de Paris, dans le cadre d'interrogatoires en présence de son avocat, de collègues co-saisis et de son greffier", a précisé Mme Pautrat. "Aucune discussion n'a eu lieu, et a fortiori aucun accord n'a été pris avec M. Ziad Takieddine", a-t-elle ajouté.

Le parquet national financier a indiqué à l'AFP avoir été "destinataire" de la déposition de M. Takieddine "mais n'entend pas faire de commentaire à ce stade".

M. Takieddine, qui avait jusqu'alors mis en cause l'ancien chef de l'Etat, également mis en examen dans cette affaire, avait fait volte-face en novembre, affirmant que "M. Sarkozy n'a pas eu un financement libyen pour la campagne présidentielle". Contactée par l'AFP, son avocate Me Elise Arfi, n'a pas souhaité réagir.


L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine a de nouveau accusé les magistrats de l'avoir incité à mettre en cause Nicolas Sarkozy dans l'enquête sur le financement libyen de sa campagne de 2007, de "pures affabulations" selon les juges d'instruction interrogés par l'AFP.Dans une déposition rédigée le 12 décembre à Beyrouth et révélée par Paris Match et BFMTV, le sulfureux...