L’actrice française Caroline Cellier dans un portrait datant de mai 1970. Photo AFP
L’actrice Caroline Cellier est décédée mardi à Paris à l’âge de 75 ans des suites d’une longue maladie.
Formée au Cours Simon, elle avait débuté en 1963 au théâtre dans Le Ciel de lit de Jan de Hartog. Distinguée comme jeune espoir par les prix Marcel-Achard et Gérard-Philipe, elle fait ses premiers pas au cinéma sous la direction de Jacques Poitrenaud dans La Tête du client, deux ans plus tard.
En 1982, la comédienne incarne l’épouse de Patrick Dewaere dans Mille milliards de dollars d’Henri Verneuil, grand succès au cinéma. Au côté de Bernard Giraudeau dans L’Année des méduses, autre succès au box-office des années 80, Cellier décroche le César de la meilleure actrice dans un second rôle.
Au théâtre, avec une trentaine de pièces à son actif, l’une de ses dernières apparitions remonte à 1998 dans Un tramway nommé désir de Tennessee Williams. Son interprétation avait été saluée par une nomination pour le Molière de la meilleure comédienne.
« Je suis plein de femmes à la fois. Mes rôles me font avancer aussi bien dans mon métier que dans ce que je suis... » avait confié en 2010 au Figaro l’actrice, toujours intense et magnétique à l’écran.
En 1992, son époux Jean Poiret l’avait enrôlée dans Le Zèbre, partageant l’affiche avec Thierry Lhermitte. Unis depuis 1965, Caroline Cellier et Jean Poiret s’étaient mariés la même année. Ils ont eu un fils, Nicolas Poiret, scénariste et dramaturge.
Élégante, timide, très timide dit-on, des qualificatifs qui contrastent avec sa figure populaire et sa carrière au cinéma et au théâtre qui exigent que l’on soit plus qu’extravertie, elle a joué dans plus d’une centaine de films (télévision et cinéma) et de pièces de théâtre depuis le début des années 1960. Aussi à l’aise dans le drame que la comédie, elle a été dirigée par les plus grands réalisateurs dont Claude Lelouch (La vie, l’amour, la mort ), Claude Chabrol (Que la bête meure), Édouard Molinaro (Les Aveux les plus doux, L’Emmerdeur...).
En 2010, alors qu’elle incarnait une quinquagénaire à la fois fragile et déterminée dans Thelma, Louise et Chantal, premier film de Benoît Pétré, elle confie : « On peut avoir peur de la maladie, d’être handicapé, mais on ne peut avoir peur de la mort. Depuis que je suis toute petite, je me dis qu’on va mourir demain », ajoutait-elle. « J’ai toujours eu cette lucidité. Alors, profitons, avançons... Il faut avoir l’appétit des choses. »
L’hommage qu’a posté son fils sur Instagram témoigne de l’élégance et de la force de cette actrice (si belle) devant la vie et la mort… « Tu auras été et tu resteras éternellement ma force, mes fous rires, mes angoisses, ma dérision, mes coups de sang, ma chevalière des injustices, ma détectrice d’hypocrisie… ma bataille ».
Sources : AFP et rédaction