Le Palais de justice de Beyrouth. Photo d'archives Ani
L'avocat Paul Daoualibi a annoncé se mettre en grève de la faim à l'intérieur du Palais de justice de Beyrouth, pour protester contre "l'absence de justice et soutenir l'indépendance du pouvoir judiciaire", rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). M. Daoualibi a également exigé la "démission des deux procureurs généraux près la Cour de cassation, Ghassan Oueidate, et le procureur général financier, Ali Ibrahim".
Dans un pays où la justice est souvent soumise à des pressions politiques, les premières inculpations de responsables politiques ont été annoncées dans l'enquête du procureur général près la Cour de Justice, Fady Sawan, jeudi dernier, soit plus de quatre mois après la double explosion meurtrière du port de Beyrouth. Le juge Oueidate, qui était en charge du rôle du parquet de la Cour de cassation, a annoncé son retrait de l'instruction du fait de son lien familial avec le député Ghazi Zeaïter, accusé de négligence, aux côtés du Premier ministre sortant, Hassane Diab, et des anciens ministres Ali Hassan Khalil, Youssef Fenianos.
Fin novembre, le ministre sortant de l'Intérieur, Mohammad Fahmi, désormais habitué des propos polémiques, avait affirmé lors d'une émission télévisée que "pas moins de 95% des juges sont corrompus". Il s'était ensuite félicité de ce que son "honnêteté" pourrait "réveiller certains au sein de la justice". M. Fahmi a par la suite été entendu par le procureur Oueidate qui doit également auditionner le journaliste Marcel Ghanem, qui anime cette émission sur la MTV.


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