Plusieurs dizaines de partisans du mouvement chiite Amal, lors d'une manifestation devant le Palais de l'Unesco, le 14 décembre 2020. Photo ANI
Plusieurs dizaines de partisans du mouvement chiite Amal, notamment des étudiants, ont manifesté lundi matin devant le Palais de l'Unesco à Beyrouth pour protester contre l'augmentation des frais universitaires dans les établissements privés, alors que le pays continue de s'enfoncer dans une grave crise. Le sit-in a été suivi, quelques heures plus tard, par une action similaire menée par des jeunes partisans du Parti socialiste progressiste (PSP, fondé par le leader druze Walid Joumblatt).
Pour tenter de faire face à la crise économique aiguë et la forte dévaluation de la livre libanaise face au dollar depuis un an, l'Université américaine de Beyrouth (AUB) et l'Université libano-américaine (LAU) ont décidé d'indexer leurs frais au taux de 3.900 LL, contre celui 1.515 qui était jusque-là en vigueur, et qui correspond au taux officiel. Cette décision a provoqué la colère de nombreux étudiants qui ont déjà manifesté à plusieurs reprises.
Drapeaux du mouvement à la main, les manifestants du mouvement Amal ont répondu dans la journée à l'appel de la section "jeunesse et sports" du parti dirigé par le président du Parlement, Nabih Berry. "M. Berry a été le premier a défendre les droits des étudiants à l'étranger, alors que la Banque du Liban refuse d'autoriser le transfert des 10 000 dollars autorisés par la loi à destination de ces étudiants", a affirmé une manifestante au micro de la chaîne LBCI.
Des proches de ces étudiants manifestent régulièrement pour obtenir l'application de la loi 193, adoptée par le Parlement le 16 octobre dernier, alors que les Libanais pâtissent depuis plus d'un an de restrictions bancaires drastiques et que le dollar s'échange ces derniers jours sur le marché noir à plus de 8.000 LL bien que le taux officiel soit de 1515 LL. Cette loi permet le transfert à l'étranger d'un montant annuel de 10.000 dollars sur base du taux officiel à tout étudiant inscrit dans une université étrangère pour l’année 2020-2021. Depuis son adoption, la Banque du Liban planche sur un "mécanisme central" pour ce texte afin d’éviter les fraudes, mais les parents accusent le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, d'atermoyer. Mi-novembre, la BDL avait enjoint aux banques d’appliquer la circulaire principale n° 153 sur le "dollar étudiant".
En fin d'après-midi, ce sont des jeunes partisans du PSP qui sont partis du rond-point dit de "Cola" dans le sud de Beyrouth, afin de se rendre vers l'Unesco pour protester contre cette indexation des frais universitaires, rapporte l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle).
Des jeunes partisans du Parti socialiste progressiste (PSP) manifestant à Beyrouth contre l'indexation des frais universitaires, le 14 décembre 2020. Photo ANI
Le Liban est englué depuis plus d'un an dans une profonde crise économique, sociale et politique. Outre une dépréciation historique de sa monnaie et une hyperinflation, le pays est sans gouvernement depuis presque quatre mois.


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