Le président libanais, Michel Aoun (c), s'entretenant le 11 décembre 2020 au palais de Baabda avec une délégation de dépositaires dans les banques. Photo ANI
Le président libanais, Michel Aoun, s'est dit en faveur d'une "définition des relations" entre les déposants et leurs banques, au moment où celles-ci imposent des restrictions aussi drastiques qu'illégales à leurs clients depuis plus d'un an, sur fond de grave crise économique et financière.
Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), M. Aoun a estimé "nécessaire de définir la relation entre les banques et les déposants et mettre un terme à l'injustice qu'ils subissent en raison des mesures prises par les banques libanaises depuis les événements du 17 octobre 2019", en référence à la révolte populaire contre la classe politico-financière du pays.
Le chef de l’État a tenu ces propos devant une délégation qui se fait appeler "Le cri des déposants en banques". Il a insisté sur le "respect des lois qui protègent les droits des déposants (...)".
Alors que la livre continue de s'effondrer face au dollar et que les banques sont au bord de la faillite et en manque de liquidités, des restrictions sévères ont été mises en place par ces établissements, en violation des lois en vigueur. Une loi sur le contrôle des capitaux n'a jusqu'à ce jour pas été votée, au grand dam de la population qui se voit imposée des mesures sévères, notamment des plafonds de retraits.
Le président Aoun a dit "espérer que les raisons qui ont poussé les banques à prendre ces mesures disparaissent bientôt afin que l'activité bancaire retourne à la normale". "L'Etat contrôle l'activité des banques comme il le fait pour les autres institutions publiques et les administrations officielles, afin de tenter de mettre un terme aux abus", a rappelé le président de la République.
Les déposants ont pour leur part exposé leurs griefs au chef de l’État, à la tête desquels les difficultés rencontrées à chaque tentative de retirer de l'argent ou d'effectuer un virement à leurs proches à l'étranger. Ils ont également évoqué les plaintes qu'ils ont déposées en justice contre les banques et la fermeture de leur compte en échange et les chèques bancaires qu'ils auraient reçu et qu'ils ne peuvent encaisser, selon leurs dires. Ils ont enfin transmis au chef de l'Etat un document contenant leurs revendications, notamment l'accélération dans l'adoption de la loi sur le contrôle des capitaux.


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