Des médecins réunis devant la chambre d'un patient souffrant du Covid-19, aux soins intensifs de l'hôpital Rafic Hariri de Beyrouth, le 13 novembre 2020. Photo AFP / JOSEPH EID
Les lits en soins intensifs, même hors des unités réservées aux patients contaminés par le coronavirus, arrivent à capacité, a mis en garde jeudi le directeur de l'hôpital Rafic Hariri de Beyrouth, Firas Abiad, soulignant les conséquences à long terme du Covid-19, ainsi que son impact sur les risques de mortalité d'autres maladies. L'hôpital Rafic Hariri est un établissement public qui se trouve en première ligne dans la lutte contre la maladie.
Les nouveaux patients atteints par le Covid-19 "rencontrent toujours des difficultés pour trouver des lits dans les unités de soins intensifs, malgré l'augmentation de la capacité hospitalière", a déploré le Dr Abiad, dans une série de tweets. Il explique cela par une hausse du nombre de patients en état critique et des séjours plus longs aux soins. Ce dernier facteur est lui-même lié au fait que le personnel médical a "gagné en expérience" et peut donc maintenir en vie les patients pendant plus longtemps lorsqu'ils sont hospitalisés. Par ailleurs, le responsable met en avant le fait que le virus peut provoquer des effets négatifs à long terme sur certains patients, même après leur guérison, pouvant aller jusqu'à une greffe de poumon, ce qui nécessite évidemment une hospitalisation plus longue. "De nombreux hôpitaux rapportent donc que leurs lits aux soins intensifs sont occupés par des patients post-Covid" qui ont toujours besoin d'une assistance respiratoire.
Pour le Dr Abiad, le coronavirus est "un fardeau pour la totalité du système de santé" . Citant "des rapports récents", il relève que le taux de mortalité par habitant augmente au Liban, ce qui est notamment dû à l'impact du virus sur la mortalité éventuelle d'autres maladies. Et "une économie défaillante ne fait qu'empirer les choses. Il faudra plus qu'un vaccin pour s'en remettre", souligne le responsable.
Depuis l’apparition du virus au Liban en février, 140.409 contaminations ont été officiellement enregistrées, selon les statistiques du ministère de la Santé, et 1.156 personnes en sont décédées. Actuellement, 942 personnes sont hospitalisées à cause du Covid-19, dont 385 aux soins intensifs. Le taux de contamination par rapport au nombre de tests effectués continue de tourner cette semaine autour de 14%, ce qui est considéré comme très élevé et laisse supposer que de nombreux cas ne sont pas officiellement détectés.


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