Une station-service fermée dans le Koura, en novembre 2019. Photo d'archives ANI
La contrebande de carburant provoque "l'hémorragie" des réserves en devises de la Banque du Liban et est devenue "plus forte que l'Etat", a accusé mercredi un membre du syndicat des propriétaires de stations-service, Georges Brax, alors que les responsables étudient actuellement des moyens de rationaliser les subventions de la BDL sur les produits de première nécessité, dont les hydrocarbures.
"Le gouvernement sortant de Hassane Diab ne veut pas porter la responsabilité d'une levée des subventions", a estimé M. Brax lors d'un entretien sur les ondes de la Voix du Liban. Il a souligné que la solution "fondamentale" à la fonte des réserves en devises de la BDL serait d'"injecter des dollars dans le pays, ce qui est lié à la formation d'un gouvernement capable de mettre en œuvre des réformes et de négocier avec le Fonds monétaire international". Le nouveau cabinet est attendu depuis août, alors que le pays s'enfonce toujours plus dans la crise et que la communauté internationale conditionne toute aide aux réformes.
Georges Brax a encore souligné que la contrebande provoque "l'hémorragie des réserves" de la BDL, rejoignant sur ce point les nombreux responsables qui ont pointé du doigt la mauvaise utilisation des subventions et le fait qu'une grande partie des produits subventionnés partaient à l'étranger via des réseaux de trafic. "La contrebande est devenue plus forte que 'l'Etat", a-t-il reproché.
Hier, le président de ce syndicat, Samy Brax, avait estimé qu'il ne "devrait pas y avoir de levée totale ou partielle des subventions sur l’essence, le mazout et le gaz domestique d’ici à la fin de l’année en attendant la formation d’un gouvernement", soulignant que Hassane Diab négocie actuellement avec les autorités irakiennes pour "trouver un arrangement pour acheter du carburant et le payer plus tard".
Mis en place pour faire face à la dépréciation de la livre, qui a perdu près de 80 % de sa valeur, le financement des importations par les réserves de la Banque du Liban bénéficie aux importateurs de carburant, de blé, de médicaments, d’équipements médicaux et de matières premières destinées à l’industrie pharmaceutique. Une partie des mécanismes en place leur permet d’acheter à la BDL et au taux officiel de 1 507,5 livres pour un dollar une partie des montants réclamés par leurs fournisseurs, à condition de fournir eux-mêmes la portion restante. La proportion est de 85 % ou 90 % de dollars subventionnés pour 15 ou 10 % de dollars "frais". Un autre mécanisme est également mis en place pour l'importation des produits de première nécessité. Mais ces subventions doivent être revues à la baisse, les réserves de la BDL se réduisant comme peau de chagrin.
Par ailleurs, pour faire face à la hausse des prix du carburant, la municipalité de Azour, au Liban-Sud, a distribué à chaque famille de la localité des bons d'achat valables pour 100 litres de mazout.


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