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Dernières Infos - Rationalisation Des Subventions

Diab dit vouloir conserver les réserves de la BDL aussi longtemps que possible

Diab dit vouloir conserver les réserves de la BDL aussi longtemps que possible

Le Premier ministre libanais sortant Hassane Diab. Photo d'archives Dalati et Nohra

Le Premier ministre démissionnaire, Hassane Diab, a dit mardi "tenter de rationaliser le plus possible les subventions" de la Banque du Liban des importations de produits stratégiques ou de première nécessité, "afin de conserver les réserves" de la BDL "le plus longtemps possible", dans un Liban qui ne cesse de s'enfoncer dans une grave crise économique.

Les autorités planchent actuellement sur une rationalisation des subventions de la BDL qui vise à restreindre davantage la liste des produits subventionnés, afin de viser plus efficacement les Libanais les plus nécessiteux. Les réserves de la BDL ne cessent de s'amenuiser, et celles-ci ne devraient suffire désormais que durant les deux mois à venir, selon les dires du gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé.

"Nous essayons de rationaliser les subventions autant que faire se peut afin de conserver les réserves obligatoires le plus longtemps possible" a affirmé M. Diab en marge de réunions successives avec différents ministères au Sérail pour traiter de cette question. "Notre but est d'augmenter le nombre de familles bénéficiaires de 230.000 à 400.000", a-t-il ajouté. "Le gouvernement démissionnaire n'avait pas l'intention de lever les subventions. Au contraire, notre approche depuis le début consistait à rationaliser celles-ci (...) et nous organisons ces réunions pour impliquer tous les secteurs concernés dans la recherche de la meilleure solution pour la rationalisation", a en outre déclaré le Premier ministre sortant. "Certaines personnes ont abusé des subventions", a t-il ensuite reconnu avant d'avoir dit "étudier avec les donateurs l'idée de la mise en place d'une carte sociale pour les subventions".

"Réduire le panier alimentaire"
"Nous cherchons à réduire le panier alimentaire subventionné afin qu'il ne comprenne que des produits qui sont prioritaires et essentiels pour les citoyens", a encore déclaré le Premier ministre démissionnaire, lors d'une réunion tenue en soirée en présence des ministres concernés et du gouverneur de la BDL. "Les subventions ont été mal utilisées", a-t-il critiqué. "Nous voulons développer un plan d'ensemble permettant de résoudre la crise des subventions, en coopération avec la BDL et les commissions parlementaires", a-t-il souligné, affirmant que ces décisions étaient prises "en attendant la formation du nouveau gouvernement". Il a en effet ajouté que le cabinet actuel ne pouvait pas prendre de décision en Conseil des ministres, ce dernier n'étant pas constitutionnellement autorisé à se réunir depuis sa démission, affirmant toutefois que le rôle des ministères avait été "renforcé" pour faire face aux "défis, délais et à l'accumulation des crises". Hassane Diab a par ailleurs appelé à ce qu'une loi sur le contrôle des capitaux soit adoptée "afin de réglementer le flux des versements vers l'étranger", ce qui permettrait de "garantir le futur financier et économique" du pays.

M. Diab a en outre insisté sur l'importance de l'industrie "en ce qu'elle contribue à l'afflux de dollars vers le Liban". "Nous sommes pour la poursuite des subventions du secteur de l'industrie sous toutes ses formes", a-t-il ajouté. "Nous poursuivrons nos réunions jusqu'à ce que nous trouvons des solutions pour baisser la part des importations et nous allons organiser des réunions avec la BDL", a pour sa part indiqué à la même occasion le ministre sortant de l'Industrie, Imad Hoballah.

Différents ministres ont également tenu des déclarations sur la question des subventions. "La présence syrienne (des réfugiés, NDLR), la crise du coronavirus et l'explosion du port de Beyrouth sont des facteurs qui ont accru la pression sur l'économie libanaise", a pour sa part estimé Ramzi Moucharrafiyé, ministre sortant des Affaires sociales et du Tourisme. Plus d'un million de réfugiés syriens sont présents sur le sol libanais selon certaines estimations, soit plus d'un quart de la population libanaise. Du fait de la crise socio-économique que traverse le Liban, leur présence pèse de plus en plus sur l'économie et ses infrastructures limitées.

"Nous souhaitons avancer plusieurs possibilités aux citoyens aux revenus limités" a ajouté de son côté le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan.

La question de la rationalisation des subventions a également fait l'objet d'une réunion élargie au ministère des Affaires sociales, rassemblant le ministre Ramzi Moucharrafiyé, son collègue de l'Economie, Raoul Nehmé, ainsi que des représentants et experts de l'Union européenne, de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne, de la Banque mondiale, de l'Unicef et de l'Organisation internationale du travail. Ce dossier a en outre été évoqué lors d'une réunion de la commission parlementaire de l'Administration et de la Justice, à l'issue de laquelle le député Georges Adwan (Forces libanaises) a regretté que, sur les 6 à 7 milliards de dollars utilisés pour soutenir les importations depuis la mise en place des différents mécanismes, seul un tiers avait été utilisé à bon escient. "Un deuxième tiers est allé au mauvais endroit et le troisième tiers est sorti du Liban en contrebande", a-t-il souligné, appelant à ce que les aides soient versées directement aux citoyens dans le besoin, via une carte, et non pour subventionner le panier alimentaire. "Cela nécessite une étude objective", a-t-il ajouté. 

Mis en place pour faire face à la dépréciation de la livre, qui a perdu près de 80 % de sa valeur en un an, le financement des importations par les réserves de la BDL  bénéficie aux importateurs de carburant, de blé, de médicaments, d’équipements médicaux et de matières premières destinées à l’industrie pharmaceutique. Une partie des mécanismes en place leur permet d’acheter à la BDL et au taux officiel de 1.507,5 livres pour un dollar une partie des montants réclamés par leurs fournisseurs, à condition de fournir eux-mêmes la portion restante. La proportion est de 85 % ou 90 % de dollars subventionnés pour 15 ou 10 % de dollars "frais".

Le dispositif mis en place pour les biens de première nécessité – une liste d’environ 200 biens de consommation – permet, lui, aux importateurs ciblés d’acheter tous leurs dollars au taux de 3.900 livres. Le taux dollar/livre, qui a commencé à s’effondrer au début de la crise socio-économique sans précédent que traverse le Liban depuis plus d’un an, gravite depuis plusieurs jours autour de 8.000 livres pour un billet vert sur le marché noir.

Le Premier ministre démissionnaire, Hassane Diab, a dit mardi "tenter de rationaliser le plus possible les subventions" de la Banque du Liban des importations de produits stratégiques ou de première nécessité, "afin de conserver les réserves" de la BDL "le plus longtemps possible", dans un Liban qui ne cesse de s'enfoncer dans une grave crise économique. Les autorités planchent actuellement sur une rationalisation des subventions de la BDL qui vise à restreindre davantage la liste des produits subventionnés, afin de viser plus efficacement les Libanais les plus nécessiteux. Les réserves de la BDL ne cessent de s'amenuiser, et celles-ci ne devraient suffire désormais que durant les deux mois à venir, selon les dires du gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé."Nous essayons de rationaliser les subventions autant que...