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Nos lecteurs ont la parole

Comment penser le futur quand le présent est si présent ?

Quand l’instinct de survie s’active au plus pressé, qui prend le pas sur la vue à moyen et long terme.

Et quand le toit de la maison risque de s’écrouler, comment penser à autre chose que chercher un abri et s’y cantonner, en attendant de réparer ?

Comment penser à recréer ce qui fait la légèreté du bien-être quand le mal-être est si pesant ?

Quand les décombres vous submergent...

Quand les déchets rognent tous les jours encore plus de surface et de volume d’une terre qui n’est déjà pas si grande?

Comment penser à protéger l’environnement, quand l’être humain lui-même est en danger ?

Comment penser à un futur vert et durable, alors que le présent est noir et le pays en déliquescence ?

Que d’interrogations !

Au lieu d’une course à la vie, c’est le freinage contre la mort.

Les soucis de survie ont accompagné les citoyens libanais durant des décennies de guerres fratricides où, par instinct de conservation, il fallait toujours parer au plus pressé, au plus vital, au plus viscéral : manger, boire, s’abriter sous un toit ou dans les cages d’escaliers, à peine respirer !

Le maintenant ! Et l’ici !

Et à côté ? Qu’y a-t-il ? Mainmise par le dehors ! Et le dehors ? Il veut nous anéantir, nous abolir, nous faire inexister !

Sur un échiquier... des pions… ou bien, pire, des dominos! Il suffit qu’une pièce s’écroule pour que le reste suive.

Voilà ce que nous avons été et ce que nous sommes toujours ; car un présent compliqué nous a toujours happés et nous a détournés de construire un futur salvateur, basé sur un plan de sauvetage cohérent, précis, total, qui considère l’homme dans toutes ses dimensions : l’individu, dans sa société, dans son environnement et dans des projets nourriciers constructifs.

Quel avenir pour le Liban ? Quel devenir pour les Libanais ?

Où est l’espoir ?

La révolution a-t-elle ouvert une lucarne vers le changement ?

Oui ! Bien sûr ! Mais, ne nous fourvoyons pas : la lueur d’espoir est et restera toujours dans les urnes, le peuple est la source de tous les pouvoirs. Aux prochaines élections le peuple choisira.

Soit le droit à la vie, soit végéter dans un coma, un Exima(*), et nous limiter à vivre dans un état comateux.

C’est quoi le droit à la vie ?

Eh bien, c’est un minimum requis !

Avant tout être en bonne santé et libre, être traité avec justice et égalité, manger à sa faim, une nourriture saine, étancher sa soif, d’une eau propre, avoir accès aux soins médicaux en cas de besoin, avoir un toit, pouvoir travailler dans la dignité et éduquer ses enfants, puis finalement accéder au bien-être, dans la paix, dans un environnement sain, de l’art et de la culture et des énergies vertes qui respectent les êtres vivants, la nature, les océans et la planète tout entière.

C’est ça la vie ! Et c’est ce qu’on appelle le développement durable !

Et c’est ça le bonheur !

Alors aux urnes ! Sonnons la diane !

Fondation Diane

(*) Si on m’interrogeait : « C’est quoi l’Exima ? », je répondrais que c’est le stade de (non)-vie, de mauvaise qualité d’existence auquel est tombé le peuple libanais : le manque de liberté, la terreur, les injustices, l’inégalité, la faim, les nourritures avariées, les eaux polluées, les maisons détruites, l’épidémie, la pénurie de soins, la crise de l’éducation, l’absence d’emploi, le mal-être, les déchets partout, la mer polluée, les incendies de forêts...

Et de concert avec la planète tout entière : le réchauffement climatique !

(Cf : https://sdgs.un.org/goals).

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

Quand l’instinct de survie s’active au plus pressé, qui prend le pas sur la vue à moyen et long terme.Et quand le toit de la maison risque de s’écrouler, comment penser à autre chose que chercher un abri et s’y cantonner, en attendant de réparer ?Comment penser à recréer ce qui fait la légèreté du bien-être quand le mal-être est si pesant ?Quand les décombres vous submergent...Quand les déchets rognent tous les jours encore plus de surface et de volume d’une terre qui n’est déjà pas si grande?Comment penser à protéger l’environnement, quand l’être humain lui-même est en danger ?Comment penser à un futur vert et durable, alors que le présent est noir et le pays en déliquescence ?Que d’interrogations !Au lieu d’une course à la vie, c’est le freinage contre la mort.Les soucis de survie ont...
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