Le leader druze libanais Walid Joumblatt. Photo d'archives Ani
Le chef du Parti Socialiste Progressiste (PSP), le leader druze Walid Jumblatt, a dénoncé jeudi "le partage des quotes-parts enfantin" entre le président de la République libanaise, Michel Aoun, et le Premier ministre désigné, Saad Hariri qui tente en vain de former le prochain gouvernement, près d'un mois et demi après sa nomination. M. Joumblatt a également estimé que le Hezbollah était le "grand vainqueur" de la crise financière, au moment où la livre libanaise ne cesse de s'effondrer face au dollar.
Le Liban traverse actuellement une des pires crises socio-économiques de son histoire et la formation d'un gouvernement d'experts indépendants est une condition indispensable pour la communauté internationale qui conditionne à cela le déblocage de toute aide financière.
"Le plus grand vainqueur, c'est le Hezbollah. Il prend ses dispositions opérationnelles sur le terrain, avec entre autre, la fondation al-Qard Al-Hassan qui permet à ses clients de récupérer 5.000 dollars en échange d'hypothèques en or, au moment où l'argent du citoyen libanais est retenu dans les banques", a affirmé le leader druze, lors d'une interview à SkyNews qui sera intégralement diffusée dimanche. Walid Joumblatt fait référence à l’institution de microcrédit al-Qard al-Hassan, basée dans la banlieue sud, fief du parti chiite. "Le Hezbollah est à l'abri et à l'aise, alors que nous sommes dans l'impasse", juge encore le chef du PSP.
Walid Joumblatt a ensuite critiqué le processus de formation du gouvernement qui est dans l'impasse. "Le jeu de partage des quotes-parts entre le président Michel Aoun et le Premier ministre désigné Saad Hariri est une farce, et de ce que j'entends, le différend entre eux est la cause du blocage, puisqu'ils ne sont pas encore d'accord sur les noms (des ministrables)". "Aoun et son équipe ont choisi l’Intérieur, l’Energie, la Défense et la Justice". "Ils ont pris la quasi totalité des branches de l’État, et le tandem chiite a choisi les Finances et autre chose, et je ne sais pas quelle est la part des autres !".
"Nous avons entendu une bonne blague, comme quoi les Affaires étrangères seraient réservées au bloc du Rassemblement démocratique (de son rival druze Talal Arslane). A quoi bon dans un pays divisé et sans aucune politique étrangère ? Le Tourisme ? Non merci, je ne veux pas du ministère du Tourisme", a encore lâché M. Joumblatt.


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