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L’assassinat du peuple libanais

L’assassinat du peuple libanais

Le petit cimetière maronite de Mar Mikhaël a été, lui aussi, soufflé par la double explosion du port... Photo M.A.

Honnêtement, un peu plus d’un an après le début de la révolution et depuis l’effondrement économique et social du Liban, le premier confinement, l’explosion meurtrière du port de Beyrouth, le deuxième confinement, je ne sais plus quoi écrire. Je ne sais plus quoi écrire parce que je ne sais plus quoi ressentir. Je suis perdue et triste. J’ai l’impression que ma vie est en panne. À l’instar de beaucoup d’autres. J’ai l’impression que ma vie est suspendue dans le vide et qu’elle est aux mains de ces enflures de politiciens. Qu’ils se jouent de moi, de nous. Qu’ils nous enfoncent, enfoncent, enfoncent dans les ténèbres. Et jour après jour, je me demande si on va pouvoir se relever. Je me demande comment font les autres. Ceux qui n’ont plus rien. Qui ne gagnent plus d’argent. Qui n’ont que quelques livres pour nourrir leurs enfants. Qui sont obligés de tremper du pain dans de l’eau et du sucre pour qu’ils puissent tenir. Qui sont impuissants face à ce bulldozer d’injustice. Comment font-ils ? Et comment vont-ils faire ?

Je ne comprends pas ce manque d’empathie de la part de ceux qui nous gouvernent. Et en même temps, je ne suis pas étonnée. Je ne suis pas surprise par leur manque d’humanité. Plus rien ne me surprend. Ni Alvarez & Marsal qui jette l’éponge de son audit. Ni Riad Salamé qui a refusé de donner les 60 % d’informations manquantes pour sortir le pays de la m... dans laquelle il a largement contribué à le plonger. Ni le sale jeu de Nabih Berry et de ses sbires du ministère des Finances entre autres. Ni la mégaprise d’otages des Libanais par le Hezbollah, plus concerné par la Syrie et le Yémen que par le sort de ce pays auquel il n’appartient définitivement pas. Ni leurs magouilles pour délimiter avec Israël les frontières maritimes. Ni leur incompétence à gérer la crise sanitaire, en fermant n’importe comment le pays alors que le peuple peine à joindre les deux bouts. Ni l’absence de prise de responsabilité dans la double explosion qui a ravagé Beyrouth, précipité 300 000 personnes à la rue, tué 204 personnes et blessé plus de 7 000 Libanais. Ni leur mépris pour notre douleur. Ni leur jeu abject pour garder leur rôle de zaïm. Ni leurs menaces. Ni leur indifférence au ban que nous imposent les pays étrangers, dernier en date, celui des Émirats arabes.

Ce sont des criminels. Des criminels qui font un génocide financier du peuple libanais. Qui ont commis un crime contre l’humanité le 4 août dernier. Qui nous humilient jour après jour, nous ayant ôté toute dignité. Nous font vivre une descente aux enfers. J’aimerais qu’ils soient condamnés. Eux et tous ceux qui ont profité du système. Les banquiers qui nous ont arnaqués et volé notre argent. Qui ont privé nos enfants d’avenir. Et qui se la coulent douce avec leur famille et leurs amis parce qu’ils ont réussi, eux, à sortir leur argent du pays et qui, bien évidemment, si leur fric est resté ici, y ont accès. J’aimerais qu’ils vivent les atroces souffrances qui sont les nôtres. Qu’ils sentent pendant un moment ce qu’ils nous ont fait. Ce qu’ils nous font vivre. Ces petites frappes de bas étage, ces corrompus, ces mafieux, ces ordures, ces monstres, ces menteurs, ces meurtriers.

Mais je me répète. Inlassablement. Depuis des années, j’écris la même chose, souhaitant la fin de ce régime, me demandant où est le peuple. J’écris ce que chacun d’entre nous ressent intrinsèquement. Un coup je me révolte, un coup je baisse les bras. Je vois l’espoir puis je le vois disparaître. Mais je sais, au fond de moi, que ce n’est qu’une question de temps. Que même si nous sommes enfermés, au sens propre comme au sens figuré, il y a une lueur au bout du tunnel. Je sais que notre sort repose sur la jeunesse. Qu’elle se bat comme jamais pour sauver le peu qui reste du Liban. Qu’elle se bat dans les universités ; qu’elle se bat en aidant les plus démunis ; qu’elle porte sur ses épaules la misère dans laquelle le peuple libanais se trouve aujourd’hui. Notre salut vient d’elle. De ceux qui pourront voter les fois prochaines. Je sais qu’ils vont changer la donne. Et je leur souhaite tout le courage du monde. Ce courage que leurs parents n’ont pas eu.


Honnêtement, un peu plus d’un an après le début de la révolution et depuis l’effondrement économique et social du Liban, le premier confinement, l’explosion meurtrière du port de Beyrouth, le deuxième confinement, je ne sais plus quoi écrire. Je ne sais plus quoi écrire parce que je ne sais plus quoi ressentir. Je suis perdue et triste. J’ai l’impression que ma vie est en...

commentaires (2)

Tant que l’armée ne bouge pas pour protéger les libanais qui se rebellent dans la rue des francs tireurs qui les prennent pour cible rien ne se fera. C’est le pot de terre contre le pot de fer. La force de ces vendus est qu’is sont protégés par les autorités et par ce qui nous est de plus cher notre armée et qui agissent librement pour empêcher que tout libanais arrive à renverser la table au prix de sa vie sous le regard médisant de ceux qui sont censés nous protéger. Nous arrivons à la même conclusion à chaque fois. Le manque de patriotisme et les pions vendus qu’ils ont nommés à des postes pour assurer leurs arrières. Les femmes de tout âge devraient servir de ceinture de protection à nos enfants et si par malheur un voyou qui qu’il soit ose se prendre à elles le lyncher et marcher sur son corps pour atteindre le parlement et le palais présidentiel. Pour cela il faut une foule, une masse une liesse populaire pour faire la différence. On ne peut pas mener une révolution avec deux pelés et trois tendus. Libanais unissez vous et en marche vers la liberté car la liberté ne se donne pas elle se prend. NOUS N’AVONS PLUS RIEN RIEN À PERDRE.

Sissi zayyat

10 h 48, le 29 novembre 2020

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Commentaires (2)

  • Tant que l’armée ne bouge pas pour protéger les libanais qui se rebellent dans la rue des francs tireurs qui les prennent pour cible rien ne se fera. C’est le pot de terre contre le pot de fer. La force de ces vendus est qu’is sont protégés par les autorités et par ce qui nous est de plus cher notre armée et qui agissent librement pour empêcher que tout libanais arrive à renverser la table au prix de sa vie sous le regard médisant de ceux qui sont censés nous protéger. Nous arrivons à la même conclusion à chaque fois. Le manque de patriotisme et les pions vendus qu’ils ont nommés à des postes pour assurer leurs arrières. Les femmes de tout âge devraient servir de ceinture de protection à nos enfants et si par malheur un voyou qui qu’il soit ose se prendre à elles le lyncher et marcher sur son corps pour atteindre le parlement et le palais présidentiel. Pour cela il faut une foule, une masse une liesse populaire pour faire la différence. On ne peut pas mener une révolution avec deux pelés et trois tendus. Libanais unissez vous et en marche vers la liberté car la liberté ne se donne pas elle se prend. NOUS N’AVONS PLUS RIEN RIEN À PERDRE.

    Sissi zayyat

    10 h 48, le 29 novembre 2020

  • TOUT VOTRE TEXTE EST PARFAIT ET VERITABLE MAIS JE REFUSE LA DERNIERE PHRASE Ce courage que leurs parents n’ont pas eu. LEURS PARENTS ONT LUTTE A ARMES INEGALES CONTRE ARAFAT ET SES MILICES ET ONT SAUVE LE LIBAN LA VERITE SI CELA CONTINUE COMME CELA ESPERONS QUE NOUS AURONS D'AUTRES LEADERS NOUVEAUX QUI COMBATRONT CE MONOPOLE AOUN BERRY NASRALLAH MEME AU PRIX DE LEUR VIE ET AVEC L'AIDE DE TOUT LE PEUPLE LIBANAIS CETTE FOIS CI QUI AURA COMPRIS COMBIEN SES PERSONNAGES ( avec d'autres evidement ) ONT RUINE LE LIBAN ET L'ONT AMENE A L'ENFER CERTAINT EN TOUTE CONNAISSANCE DE CAUSE ( discours de Aoun sachant que cela arrive et n'a rien fait pour l'eviter en discutant encore le partage des parts dans un nouveau gouvernement ) MEFIER VOUS DIRIGEANTS INCOMPETENTS ET VOLEURS DE TOUT BORD LA REVOLUTION BOUILLONNE ET IL N'EST PAS LOIN LE MOMENT OU VOUS SERAIT BALAYES PAR LA FORCE CAR QUI N'A RIEN A PERDRE DE TOUTE FACON FINIRA PAR AGIR QUTREMENT QUE PAR DES MANIFESTATIONS PACIFIQUES ET NE DITES PAS SURTOUT APRES QUE VOUS NE LE SAVIEZ PAS

    LA VERITE

    17 h 27, le 28 novembre 2020