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France

Une organisation musulmane s'auto-dissout avant sa fermeture par le gouvernement

Une organisation musulmane s'auto-dissout avant sa fermeture par le gouvernement

Manifestation contre l’islamophobie à Paris, le 10 novembre 2019. Photo Geoffroy Van Der Hasselt/AFP

L'organisation musulmane Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) a annoncé vendredi s'être auto-dissous et avoir redéployé ses activités à l'étranger, face à la menace de sa prochaine dissolution par le gouvernement français, rejetant en bloc des accusations "mensongères" de proximité avec l'islamisme.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait indiqué la semaine dernière avoir notifié à ses responsables la dissolution de ce collectif d'aide et de défense des musulmans, qu'il a accusé, après l'assassinat à la mi-octobre de l'enseignant Samuel Paty par un jihadiste, d'être une "officine islamiste contre la République".

A travers une série de messages publiés cette semaine sur les réseaux sociaux, le CCIF estime avoir "répondu aux différents griefs qui (lui) sont reprochés dans la notification de dissolution", et "démontré qu'elle se basait sur des éléments infondés, biaisés ou mensongers". "Pire : il nous est globalement reproché de faire notre travail juridique, d'appliquer le droit et d'exiger son application lorsque celui-ci est remis en cause", dénonce-t-il.

Après l'annonce de sa probable dissolution, le CCIF avait estimé qu'une telle mesure adresserait "un message terrible aux citoyens de confession musulmane: +vous n'avez pas le droit de défendre vos droits+". Dès le 29 octobre, le Conseil d'administration du CCIF "a prononcé la dissolution volontaire" du collectif, et redéployé "une large partie de ses activités à l'étranger", explique le CCIF.

"Les actifs de notre association ont été transférés à des associations partenaires qui se chargeront de prendre le relais de la lutte contre l'islamophobie à l'échelle européenne", ajoute-t-il. En conséquence, "la notification de dissolution reçue le 19 novembre a été sans objet, puisque le CCIF n'existe plus en tant que structure".

Depuis la décapitation de Samuel Paty par un jeune tchétchène de 18 ans radicalisé, le gouvernement a dissout l'ONG humanitaire, BarakaCity, accusée de "propager des idées prônant l'islam radical" et le collectif "Cheik Yassine", après la mise en cause de son président Abdelhakim Sefrioui, mis en examen pour "complicité d'attentat terroriste" dans le meurtre du professeur Paty.

Le gouvernement a également ordonné la fermeture administrative pour six mois de la mosquée de Pantin, près de Paris, au motif qu'elle avait relayé une vidéo dénonçant le cours de M. Paty sur la liberté d'expression au cours duquel le professeur d'histoire avait montré des caricatures de Mahomet.


L'organisation musulmane Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) a annoncé vendredi s'être auto-dissous et avoir redéployé ses activités à l'étranger, face à la menace de sa prochaine dissolution par le gouvernement français, rejetant en bloc des accusations "mensongères" de proximité avec l'islamisme. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait indiqué la...