Le directeur de l’hôpital gouvernemental Rafic Hariri, en première ligne face à la pandémie de coronavirus au Liban, Firas Abiad. Photo CDL
Alors que la commission nationale en charge du suivi du coronavirus doit formuler ses recommandations pour la période qui suit la fin du reconfinement lundi, le directeur de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, le Dr Firas Abiad, a prévenu vendredi qu'un allégement du bouclage pourrait mener à une détérioration de la situation sanitaire.
"Le Liban a enregistré 84 décès des suites du coronavirus durant les quatre derniers jours. Ces décès sont dus à des contaminations qui ont eu lieu il y a deux semaines, donc avant le début du reconfinement. Ce nombre élevé de morts justifie la forte inquiétude qui avait poussé les experts sanitaires à recommander un bouclage total", explique le médecin sur Twitter.
"Le rapport du ministère de la Santé hier a également fait état de chiffres importants (...), notamment le taux de tests positifs au Covid-19, qui a dépassé les 15%, ainsi que le nombre de patients en soins intensifs qui s'est établi à 341, l'un des chiffres les plus élevés depuis le début de la pandémie", a ajouté le Dr Abiad.
"Tous ces chiffres montrent que la commission nationale sera aujourd'hui face à un choix difficile concernant la prolongation du confinement. Les secteurs productifs ont enregistré des chiffres records de pertes d'emploi et de fermetures de sociétés. Prolonger le confinement, à l'approche des fêtes et sans soutien à ces secteurs, aura sur eux un effet négatif", a encore prévenu le directeur de l'hôpital Rafic Hariri.
Il fait toutefois remarquer qu'un allégement du confinement "malgré les nombres de cas élevés enregistrés (...) pourrait mener à une détérioration de la situation actuelle". "Le titre principal de la réunion d'aujourd'hui sera la limitation des risques tout en prenant en compte l'économie", a affirmé Firas Abiad.
Sur le terrain, les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont annoncé vendredi matin avoir dressé à ce jour 33.345 contraventions depuis le début du reconfinement le 14 novembre.
Quant au ministre sortant de l'Éducation, Tarek Majzoub, il a fait savoir que l'enseignement hybride (en présentiel et à distance) sera de nouveau adopté à partir de lundi, alors que les écoles étaient fermées durant le reconfinement.
Le reconfinement du pays avait pour objectif de permettre aux hôpitaux du Liban de s'équiper, alors que les lits disponibles pour les patients souffrant du virus se faisaient rares, et de donner l'opportunité au personnel sanitaire de reprendre son souffle. Ce nouveau bouclage a toutefois été vivement critiqué par le secteur économique, déjà gravement affecté par la crise financière et économique qui frappe le pays depuis plus d'un an.


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