Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Photo Ani
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a accusé mardi tous les dirigeants d'avoir "conspiré pour faire échouer" l'audit juricomptable de la Banque du Liban, quelques jours après le désistement du cabinet international Alvarez & Marsal qui était chargé de cette procédure.
"Le pire, dans la crise actuelle, c'est que jusqu'à présent, personne ne sait qui est responsable" de cette situation, a décrié Samir Geagea lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion de son parti. Il a dans ce contexte déploré que tous les responsables aient "conspiré" afin que l'audit juricomptable de la Banque du Liban (BDL) n'ait pas lieu. "Nous sommes déterminés à ce qu'un tel audit ait lieu dans toutes les administrations relevant de l'Etat", a-t-il ajouté, estimant qu'il s'agissait d'une procédure "cruciale". Il a encore souligné que le gouvernement sortant de Hassane Diab, "qui est composé de la majorité parlementaire actuelle, assume la responsabilité de l'échec de l'audit". "Nous considérons que la BDL doit être le point de départ" de cette procédure et nous aurions souhaité que le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, prenne l'initiative" d'envoyer les documents requis pour que le cabinet international Alvarez & Marsal puisse mener cet audit.
La Banque centrale avait refusé d'envoyer certains des documents et des informations demandés par Alvarez & Marsal, en invoquant le secret bancaire. Le cabinet d'audit en avait conclu qu'il ne parviendrait jamais à mettre la main sur ces documents, même à l'issue du délai supplémentaire de trois mois convenu le 5 novembre dernier, ce qui l'a poussé à jeter l'éponge. L’audit de la BDL, et plus précisément son volet juricomptable, vise à remonter à la source des transactions passées par l’institution bancaire pour détecter d’éventuelles fraudes. Il constitue l'une des principales réformes réclamées par les pays donateurs.
"Démissionnez"
"Depuis le 17 octobre, la situation s'est détériorée et qu'a fait la majorité au pouvoir ?", s'est interrogé M. Geagea. "Vous avez formé un gouvernement comme vous le vouliez, mais quelles mesures avez-vous prises ?", a-t-il lancé. Prenant à partie cette majorité, M. Geagea leur a demandé de former un cabinet "le plus rapidement possible parce que la situation est devenue insupportable". "Et si vous ne parvenez pas à le faire, malgré le fait que vous constituiez la majorité, démissionnez, et une autre majorité parlementaire prendra votre place pour trouver des solutions" aux crises. "La majorité parlementaire est responsable" des atermoiements dans les tractations gouvernementales, a-t-il insisté, soulignant que c'est elle qui avait désigné le Premier ministre Saad Hariri pour former le cabinet.
La gestation de l'équipe ministérielle de Saad Hariri s'éternise face aux demandes et conditions posées par les différents partis politiques, qui veulent être représentés au sein du prochain cabinet, et aux divergences entre le chef de l'Etat et le leader du courant du Futur, notamment en ce qui concerne la nomination des ministrables. Le futur gouvernement était pourtant censé être un cabinet "de mission" resserré, comme défini dans l'initiative du président français Emmanuel Macron, le 1er septembre à Beyrouth, et M. Hariri s'était engagé, lors de sa désignation il y a un mois, à former une équipe "non-partisane".


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