Ali Hassan Khalil, député et ex-ministre des Finances. Photo Dalati et Nohra
Le bureau politique du mouvement Amal a appelé lundi les parties impliquées dans la formation du gouvernement à s'exprimer sur "l'obstacle" qui empêche la mise sur pied du nouveau cabinet, attendu depuis août, alors que les tractations semblent au point mort depuis la dernière réunion entre le chef de l'Etat, Michel Aoun, et le Premier ministre désigné, Saad Hariri.
"Ce qui est requis maintenant, c'est de former le gouvernement le plus rapidement possible et d'appliquer le programme de réformes convenu", a déclaré le député Ali Hassan Khalil, à l'issue d'une réunion du bureau politique. Il a ajouté qu'il devenait "inacceptable" que seules des "fuites" soient disponibles concernant les tractations, appelant les parties concernées à "expliquer devant l'opinion publique l'obstacle véritable qui retarde les échéances". "Il faut arrêter de se servir de prétextes et de lancer des accusations", a-t-il ajouté, précisant que le mouvement Amal avait "facilité autant que possible" la mise sur pied du cabinet.
La formation de l'équipe ministrérielle de Saad Hariri s'éternise face aux demandes et conditions posées par les différents partis politiques, qui veulent être représentés au sein du prochain cabinet, et aux divergences entre le chef de l'Etat et le leader du Courant du Futur, notamment en ce qui concerne la nomination des ministrables. Le futur gouvernement était pourtant censé être un cabinet "de mission" resserré, comme défini dans l'initiative du président français Emmanuel Macron, le 1er septembre à Beyrouth, et M. Hariri s'était engagé, lors de sa désignation il y a un mois, à former une équipe "non-partisane".
M. Khalil, qui a occupé de 2014 à 2019 le poste de ministre des Finances, a par ailleurs exprimé la "détermination" du mouvement Amal à ce que soit mené l'audit juricomptable de la Banque du Liban (BDL), ainsi que des ministères, institutions et administrations publiques. "Amal a présenté, via son groupe parlementaire, une proposition de loi visant à soumettre toutes les administrations publiques à un audit", a-t-il déclaré. Cette déclaration a été faite alors qu'Alvarez & Marsal, le cabinet international qui avait été chargé de mener l'audit des comptes de la BDL, s'est désisté de cette mission en fin de semaine dernière.
Alvarez & Marsal a conclu qu’il ne parviendrait pas à obtenir les documents nécessaires réclamés à la Banque centrale pour mener à bien sa mission, même à l’issue du délai supplémentaire de trois mois convenu le 5 novembre dernier. L’audit de la BDL, et plus précisément son volet juricomptable, vise à remonter à la source des transactions passées par l’institution bancaire pour détecter d’éventuelles fraudes. Il constitue l'une des principales réformes réclamées par les pays donateurs. Son lancement effectif est de fait un des prérequis pour le déblocage de l’assistance financière que le pays a sollicitée du Fonds monétaire international en mai, sans succès pour l’instant.


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