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Nos Lecteurs ont la Parole

Le confinement de la dernière chance

L’inquiétude grandit vite, aussi vite que la circulation du virus.

Quand nous voyons de près la situation, nous comprenons aussi vite que nous risquons d’aller vers la catastrophe.

Hier encore, au Liban, nous avons observé un nombre élevé de nouvelles contaminations au coronavirus (1 909), un chiffre élevé de décès (16), un taux élevé de positivité au test PCR (15,2 %), qui est largement supérieur au seuil d’alarme de 5 % fixé par l’Organisation mondiale de la santé. C’est le cas tous les jours d’ailleurs depuis des semaines. Ce qui porte à 111 905 le total des cas depuis le début de l’épidémie en février, au nombre desquels 48 437 cas toujours actifs, 328 cas critiques et 868 décès. À l’échelle mondiale, le Liban occupe la 55e place concernant le nombre total des atteintes. Il occupe la vingtième position au niveau régional (Asie et Moyen-Orient). Le pire est devant nous. Le pic de l’épidémie reste à venir.

Le système de santé, déjà limité en ressources, est saturé. Les hôpitaux publics et les hôpitaux privés, qui sont arrivés à leur capacité maximale (70,5 % des lits réguliers et 81,5 % des soins intensifs, sachant que 87 % des lits occupés sont dans des hôpitaux de Beyrouth), sont en train d’augmenter, tant bien que mal, leur capacité. Le corps médical est atteint et épuisé, physiquement et moralement. Nombre de médecins, d’infirmières et de soignants sont décédés, hospitalisés aux soins intensifs ou encore en isolement médical. Ce qui porte un coup à la capacité du corps médical et soignant à combattre la maladie.

Qu’est-ce qui risque de se passer ? Le pire, c’est que nous ne puissions plus accueillir tous les patients qui arrivent. Cela signifie-t-il que nous allons devoir installer des tentes devant les hôpitaux ? Choisir les patients que nous allons soigner et ceux que nous allons laisser mourir ? Cela n’est juste pas acceptable pour les soignants, pas plus que pour n’importe quel Libanais et n’importe quel être humain.

C’est ce que nous avons observé à New York, en Espagne et en Italie. Nos collègues soignants que nous avons pu contacter pleuraient au téléphone. Il ne faut pas que nous en arrivions là.

Pour essayer d’éviter cette catastrophe, il faut dès aujourd’hui – et nous sommes déjà en retard – prendre les mesures, c’est-à-dire limiter au maximum les contacts. Cela nous permettra de casser cette effroyable dynamique de l’épidémie. Cela se traduit par un respect du confinement et des recommandations médicales pour la sécurité, le port de masque, la distanciation, le lavage des mains, l’aération, etc.

Les lieux de travail et l’école constituent également une source de contact. De nombreux foyers ont été notés dans les écoles. Bien que les enfants en bas âge, principalement ceux âgés de moins de 12 ans, sont jugés moins sujets à la maladie et donc moins contaminants. Les adolescents ont un risque similaire de transmission que les adultes. Les conditions sanitaires doivent être strictement respectées dans ces endroits. Dans le cas contraire, il faudra les fermer.

C’est ainsi que nous pourrons soigner nos parents, grands-parents, amis et enfants.

Nous pouvons encore éviter cela, à condition d’agir maintenant. Non pas dans deux semaines, ni dans un mois. Nous sommes déjà en retard !

Fermeture, confinement. Oui, mais il faut les respecter tout autant que les consignes médicales.

Dr Naji J. ABIRACHED

Cardiologue et directeur médical de l’Hôpital libanais Jeitaoui – CHU

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


L’inquiétude grandit vite, aussi vite que la circulation du virus.

Quand nous voyons de près la situation, nous comprenons aussi vite que nous risquons d’aller vers la catastrophe.

Hier encore, au Liban, nous avons observé un nombre élevé de nouvelles contaminations au coronavirus (1 909), un chiffre élevé de décès (16), un taux élevé de positivité au test PCR...

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