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Erdogan critique les taux d'intérêt avant une réunion de la banque centrale



Erdogan critique les taux d'intérêt avant une réunion de la banque centrale

Le président turc, Reccep Tayyip Erdogan à Ankara en Turquie le 17 novembre 2020. Photo d'archives bureau de presse de la présidence turque/Handout via Reuters

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est vivement emporté mercredi contre les taux d'intérêt élevés, à la veille d'une décision très attendue de la banque centrale qui aura valeur de test d'indépendance pour son nouveau gouverneur. "Peut-on vraiment investir avec des taux élevés ? Peut-on embaucher ? Peut-on produire ? Non, c'est impossible", a déclaré M. Erdogan lors d'une conférence organisée à Ankara par l'Union des Chambres et bourses de Turquie. "Il ne faut pas écraser nos investisseurs avec des taux élevés", a-t-il insisté.

Ces déclarations interviennent un jour avant une réunion lors de laquelle la banque centrale doit décider de redresser, ou non, son principal taux directeur qui s'élève actuellement à 10,25%. Dans un contexte où les marchés réclament une forte hausse de ce taux pour enrayer l'inflation, la décision de jeudi aura valeur de test de crédibilité pour la nouvelle équipe qui pilote l'économie turque.

Début novembre, le gouverneur de la banque centrale Murat Uysal et le puissant ministre des Finances Berat Albayrak, gendre de M. Erdogan, ont été brusquement remplacés par, dans l'ordre, Naci Agbal et Lütfi Elvan.

Après ce double remplacement, la livre turque, en chute libre depuis 2018, a connu plusieurs jours fastes, reflétant l'espoir des milieux d'affaires d'un retour à l'indépendance de la banque centrale et une politique économique plus orthodoxe. Mais, signe que les marchés ont été quelque peu troublés par les propos du président turc mercredi, la livre turque s'est dépréciée de 0,7% face au billet vert pendant son discours.

Après les départs du chef de la banque centrale et de son gendre de ministre, M. Erdogan a promis qu'une "nouvelle ère" allait s'ouvrir, s'engageant notamment à soutenir les investisseurs et à améliorer l'état de droit. Mais le président turc, partisan de la croissance à tout prix, est un farouche opposant des taux d'intérêt, qu'il qualifie de "père et mère de tous les maux". Il soutient notamment que l'inflation est causée par des taux d'intérêt élevés, à rebours des théories économiques classiques. L'inflation annuelle en Turquie est officiellement de 11,89%.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est vivement emporté mercredi contre les taux d'intérêt élevés, à la veille d'une décision très attendue de la banque centrale qui aura valeur de test d'indépendance pour son nouveau gouverneur. "Peut-on vraiment investir avec des taux élevés ? Peut-on embaucher ? Peut-on produire ? Non, c'est impossible", a déclaré M. Erdogan lors d'une conférence organisée à Ankara par l'Union des Chambres et bourses de Turquie. "Il ne faut pas écraser nos investisseurs avec des taux élevés", a-t-il insisté.Ces déclarations interviennent un jour avant une réunion lors de laquelle la banque centrale doit décider de redresser, ou non, son principal taux directeur qui s'élève actuellement à 10,25%. Dans un contexte où les marchés réclament une forte hausse de ce taux pour enrayer...