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SOCIAL

Avec ses lecteurs, « L’OLJ » s’engage pour la reconstruction de Beyrouth

La somme de 115 000 dollars a été distribuée à six ONG.

Profondément touché par l’ampleur de la catastrophe qui s’est abattue sur Beyrouth avec la double explosion au port le 4 août, L’Orient-Le Jour a lancé une opération baptisée « Ensemble, reconstruisons Beyrouth », pour s’associer aux efforts déployés par la société civile afin de soutenir les Libanais qui ont tout perdu en l’espace de quelques instants et de combler ainsi le vide laissé par un État qui n’a même pas voulu assumer la responsabilité de ce drame. À l’approche de l’hiver, la priorité allait à la reconstruction des centaines de maisons soufflées ou endommagées par l’explosion. C’est ainsi que L’OLJ a entrepris de collecter des dons sur sa plateforme numérique pour ensuite les distribuer à six ONG libanaises identifiées conjointement par Impact Lebanon et L’Orient-Le Jour à travers un mécanisme d’audit assuré par 3QA. La réaction des lecteurs a été formidable. Du 5 août au 30 septembre, 115 000 dollars, dont 90 000 en argent frais, ont été collectés. Ce montant a été par la suite distribué d’une manière équitable aux ONG suivantes : la Croix-Rouge libanaise, Arcenciel, Beit el-Baraka, Nusaned, al-Ghina et Lebanon Needs.

Tout au long de la campagne, L’Orient-Le Jour a communiqué à ses généreux lecteurs les montants récoltés, promettant de rendre le bilan final public. Chose promise, chose due : nous détaillons ci-dessous les sommes remises la semaine dernière aux six ONG :

Lebanon Needs : 20 000 $ en dollars frais, ce qui a permis à l’ONG de financer des travaux de réhabilitation dans les hôpitaux de la Quarantaine et de Jeïtaoui.

La Croix-Rouge libanaise : 19 000 dollars (12 000 $ frais et 7 000 $ libanais).

arcenciel : 19 000 dollars (12 000 $ frais et 7 000 $ libanais) + 264 000 LL : à la demande de L’OLJ, le montant des dons accordés sera alloué aux actions de l’ONG dans les domaines de la santé et de l’éducation/enseignement en ligne pour assurer des médicaments aux malades souffrant de pathologies chroniques, et pour doter les élèves dans le besoin d’ordinateurs portables et de connexion Internet.

Beit el-Baraka : 19 000 dollars (12 000 $ frais et 7 000 $ libanais) : à la demande de L’OLJ, le montant des dons accordés sera alloué à la réhabilitation des maisons situées dans les secteurs délimités par l’armée à Beit el-Baraka pour les travaux de reconstruction, notamment des habitations de personnes âgées ayant de vieux loyers.

Nusaned : 19 000 dollars (12 000 $ frais et 7 000 $ libanais) : à la demande de L’OLJ, cette somme sera allouée à l’achat de coupons alimentaires chez les petits commerçants des zones sinistrées, qui seront ensuite distribués aux familles de ces mêmes régions.

Al-Ghina : 19 000 dollars (12 000 $ frais et 7 000 $ libanais) : à la demande de L’OLJ, l’argent récolté financera la rénovation de plusieurs appartements touchés par l’explosion.

Grâce à cette contribution, ces ONG, dont nous exposons ci-dessous les activités, pourront poursuivre un travail qui promet d’être long sur le terrain, compte tenu de l’ampleur de la catastrophe.

Avec ses lecteurs, « L’OLJ » s’engage pour la reconstruction de Beyrouth

Nayla de Freige, PDG de L’Orient-Le Jour et Georges Kettaneh, Secretaire général de la CRL. Photo Mohamad Yassin

La CRL, un engagement qui s’inscrit dans la durée

Présente sur le terrain dès les premiers instants qui ont suivi la double explosion au port de Beyrouth, la Croix-Rouge libanaise s’est vite organisée dans le cadre d’un plan de gestion de la catastrophe qu’elle continue d’appliquer jusqu’à aujourd’hui, en coordination notamment avec l’armée. Son quartier général à la rue Spears a subi de gros dégâts et son centre à Gemmayzé a été soufflé par l’explosion. Les ambulances garées à Gemmayzé ont été détruites, mais les secouristes du secteur se sont quand même débrouillés, comme l’ont montré des vidéos devenues virales après le cataclysme, pour assurer le transport de blessés dans des voitures civiles. Un peu plus tard, des postes de secours ont été vite aménagés, dont un au centre-ville de Beyrouth pour prodiguer des secours aux blessés qui ne savaient où aller, d’autant que les secouristes commençaient à affluer des quatre coins du Liban pour soutenir leurs camarades et prendre part aux opérations de secours. « Au cours des premières six heures après l’explosion, nous avons assuré le transport de 2 000 blessés puis ce chiffre a grimpé à 3 600. Il y avait sur le terrain 2 000 secouristes et 158 ambulances, dont 125 venues d’autres régions. La Banque du sang de la CRL a pu assurer 1 500 unités de sang dont 1 100 ont été distribuées » aux blessés, explique le secrétaire général de la CRL, Georges Kettaneh. Parallèlement, des cliniques mobiles ont été déployées dans les zones sinistrées pour assurer les premiers soins à ceux qui en avaient besoin.

Quelques jours plus tard, la CRL a lancé une campagne d’évaluation des dégâts, constituant ainsi une base de données qui devait servir pour la distribution d’aides alimentaires et paramédicales, puis, par la suite, pour accorder à chaque famille la somme de 300 dollars grâce aux donations qui lui ont été faites et qui se chiffrent à 29 millions de dollars. Une somme qui va lui permettre d’apporter cette aide aux familles les plus démunies pendant les sept prochains mois et qui surtout montre à quel point la société nationale inspire confiance. Ce sont 300 secouristes qui ont pris en charge cette mission. «Il va sans dire que les aides seront distribuées à bon escient à toutes les familles durement touchées par cette explosion», souligne Georges Kettaneh.

Durant cette catastrophe, la CRL a fait acte de présence sur tous les fronts, œuvrant pour retrouver les personnes portées disparues et à réunir les familles.

arcenciel, une assistance sur plusieurs axes

Les ateliers d’arcenciel à Jisr el Wati. Photo Mohamad Yassin

Née en 1985 durant la guerre, arcenciel (AEC) est aujourd’hui reconnue comme l’une des plus grandes associations humanitaires du Liban. Ses domaines d’action s’étendent à de larges pans sociaux, notamment en matière de réinsertion socio-professionnelle des personnes handicapées. Elle compte un grand nombre de volontaires « pleinement intégrés aux logiques d’AEC ». « Après la catastrophe du 4 août, ils se sont répartis sur le terrain de manière à accompagner les travaux de reconstruction, et trouver des solutions techniques et logistiques », selon Nadim Abdo, directeur du Youth Program chez Arcenciel.

La double explosion au port a bouleversé le monde humanitaire du pays, poussant les ONG à se réorganiser rapidement. AEC a donc entrepris une vaste campagne d’aides techniques et de distribution de biens (nourriture, kits hygiéniques, médicaments). Elle s’est attelée au secteur paramédical, proposant des séances de physiothérapie à domicile aux blessés. Elle a aussi renforcé les moyens à disposition dans ses locaux dotés d’une clinique dentaire, d’un centre de physiothérapie, d’une librairie destinée aux plus jeunes, d’une cafétéria et de divers ateliers.

Sur le terrain, arcenciel, comme toutes les autres ONG, a coordonné avec l’armée pour une répartition des secteurs d’activité dans les zones touchées par l’explosion. Ses volontaires et bénévoles ont été rapidement dépêchés dans les quartiers sinistrés pour dresser un état des lieux et évaluer les besoins des habitants. Un plan de travail est rapidement mis en place, comprenant la distribution de médicaments, de près de 72 000 masques – grâce notamment à la coopération avec Lebanon Needs –, de denrées alimentaires, de meubles à ceux dont les leurs ont été saccagés, la réparation de meubles dans ses ateliers, le suivi de blessés qui auraient besoin d’une chaise roulante, d’un déambulateur, d’un lit d’hôpital… Le dialogue est constant avec l’armée et d’autres ONG pour accroître le niveau de coopération et éviter les doublons. Deux mois plus tard, l’ONG est toujours active sur le terrain.

Beit el-Baraka au service de tous

L’équipe de volontaires devant les locaux de Beit el Baraka, se prépare à aller sur le terrain. Photo Mohamad Yassin

Si l’association Beit el-Baraka a commencé ses activités il y a presque deux ans avec un supermarché gratuit, elle couvre aujourd’hui une panoplie de services aussi nécessaires les uns que les autres, dans un pays qui n’en finit plus de s’effondrer.

Maya Ibrahimchah, fondatrice de Beit el-Baraka, a d’abord ouvert en février 2019 une supérette dans le quartier populaire de Karm el-Zeitoun qui fonctionne selon un système de points, permettant ainsi aux plus nécessiteux de faire leurs courses dans la dignité et sans avoir à débourser un sou. Ce concept permet aujourd’hui de venir en aide à 226 000 Libanais à travers le pays, dont beaucoup appartenaient encore à la classe moyenne il y a quelque temps, et à 370 travailleuses domestiques mises à la rue par leurs employeurs depuis la crise du dollar.

Pour aider ces « nouveaux pauvres » victimes de la crise économique et d’un pays où les filets sociaux sont quasi absents, Beit el-Baraka a commencé à prendre en charge les loyers de dizaines de personnes âgées et sans ressources, ainsi que leurs factures d’eau et/ou d’électricité. La fondation fournit également des médicaments à ceux qui n’ont pas les moyens de s’en acheter, après vérification de leur situation et de leurs besoins.

Lorsque les explosions meurtrières du port ont eu lieu le 4 août dernier, l’association n’a pu rester sourde aux plaintes de ces milliers de personnes qui ont tout perdu. Le soir même du sinistre, Maya Ibrahimchah a mis en place un centre d’appel chargé de recevoir les demandes de ces milliers de personnes qui se sont retrouvées sans abri du jour au lendemain. « Le 4 août au soir, on a contacté tous les architectes et ingénieurs qu’on connaissait et on a mis en place des équipes de volontaires pour participer à la reconstruction des quartiers sinistrés », raconte-t-elle.

Forte de 212 personnes sur le terrain, Beit el-Baraka coopère depuis août avec l’armée et a décidé d’intervenir dans la reconstruction à Geitaoui et Rmeil. « Les associations ont oublié ces secteurs », soupire Mme Ibrahimchah qui précise que sa fondation a pour objectif de réhabiliter 3 011 appartements, 72 maisons classées et 230 petits commerces endommagés par les déflagrations.

Une des nouveautés de Beit el-Baraka, née avec le confinement, est de fournir une assistance aux familles qui n’ont pas les moyens technologiques pour assurer à leurs enfants un suivi des cours en ligne. L’association a reçu dernièrement 3 095 demandes allant dans ce sens.

Nusaned à la rescousse des plus vulnérables

L’équipe de volontaires de Nusaned dans leur locaux à Mar Mikhael. Photo Mohamad Yassin

Implantée depuis les événements tragiques d’août au beau milieu de Gemmayzé, l’ONG Nusaned tend à soutenir les collectivités mal desservies sur la base de trois piliers : économique, social et environnemental, allant du soutien aux microentreprises à la réhabilitation de maisons ou la construction d’espaces communautaires, jusqu’à la promotion d’une agriculture durable. Depuis le 4 août, l’association a assuré, entre autres, la réhabilitation d’une trentaine d’établissements de restauration à Mar Mikhaël.

Se faisant un point d’honneur de rester autonome, Nusaned refuse toute donation de partis. D’abord impulsée par un groupe restreint de sept personnes issues du secteur privé, l’ONG s’est fixé pour objectif après le 4 août de réhabiliter 2 050 unités de logement et de travail dans les quartiers sinistrés, dans le cadre du programme « Roofs that Shield », en coopération étroite avec des ONG internationales et d’autres acteurs locaux. Son action s’est déroulée en plusieurs temps. Ses volontaires ont commencé par nettoyer les rues, les maisons et les hôpitaux dévastés, avant de s’attaquer à la reconstruction d’habitations en coordination avec d’autres ONG.

Prônant la transparence, Nusaned s’est engagée à mettre en ligne sa base de données sur son site et sur son application smartphone. Il est possible à toute personne d’observer comment sont dépensées les ressources économiques de l’association dans ses différentes missions comme « Roofs that Shield ». Dans le but d’améliorer la qualité de vie des familles et des individus en proie à de nombreuses difficultés depuis le début de la crise économique, accentuée par le cataclysme du 4 août, Nusaned a mis en place le programme « Goods in Needs » à travers lequel elle assure un soutien substantiel à ceux qui en ont besoin.

Al-Ghina, une expertise au service des sinistrés

L’équipe de volontaires d’Al-Ghina. Photo Mohamad Yassin

L’association al-Ghina débute ses activités avec un petit groupe de volontaires en 2001. L’ONG travaille pour aider les moins fortunés : des orphelins, des veuves et des familles dans le besoin. « Nous parrainons plus de 25 000 personnes à qui nous apportons un soutien sur les plans financier, éducatif, médical, émotionnel et psychologique », explique sa présidente, Lina Abou Laban. Dès le début de l’épidémie de Covid-19, des veuves ont été employées pour la confection de masques destinés à être vendus en Allemagne pour y récolter des fonds. Proche du gouvernement saoudien et comptant parmi ses donateurs l’émir Mohammad ben Salman, al-Ghina investit dans la construction de structures destinées à des familles sans père, ne disposant d’aucune source de revenus. Assistée par plus de 300 volontaires répartis sur tout le territoire libanais, l’association compte parmi ses membres des bénévoles de « toutes les communautés » qui aident à la construction de centres d’hébergement ou d’ateliers de travail. « Ces espaces sont dédiés à des familles décomposées, notamment pour éviter aux mères d’avoir à placer leurs enfants dans des orphelinats faute de moyens financiers », explique Lina. On compte près de neuf mille mètres de surface sur lesquelles les structures qui hébergeront 70 familles à Bchamoun devraient être construites. Le projet est pour le moment suspendu en attendant les donateurs. Depuis l’explosion du 4 août dernier, les équipes de l’ONG se sont dépêchées d’informer l’armée de leur volonté de participer aux opérations de secours. Déjà engagée dans la construction de bâtiments, l’association s’est impliquée à fond dans les travaux de reconstruction et de rénovation dans les quartiers sinistrés, ainsi que dans la distribution de biens de première nécessité. Entièrement dirigée par une équipe exécutive féminine, l’association al-Ghina continue également de fournir des accompagnements dans le cadre d’un programme de désintoxication en collaboration avec d’autres associations telles que Cedars.

Lebanon Needs, une approche holistique des secours

L’hôpital de Jeïtaoui avant les travaux de réhabilitation entrepris par Lebanon needs. Photo Nour Najem

En réponse à l’explosion dévastatrice du 4 août dans le port de Beyrouth, Lebanon Needs s’est associé aux ONG locales Cénacle de la lumière et The House of Christmas pour lancer Together LiBeirut ou Ensemble pour Beyrouth, une plateforme collaborative qui bénéficie des connaissances d’experts dans les domaines de la santé, de la santé mentale, de l’éducation, des moyens de subsistance et de la préservation du patrimoine.

À travers cette campagne, Lebanon Needs a voulu contribuer au redressement de la capitale, dont les habitants, les bâtiments et les infrastructures ont été gravement affectés par l’explosion.

C’est à ce niveau que ses activités se concentrent depuis plus de deux mois. Fondée en 2019, cette ONG s’est fixé pour but de fournir des solutions aux personnes dans le besoin, notamment dans le domaine des soins à la santé. Elle leur fournit ainsi une assistance durable, suivant une approche holistique qui couvre les domaines de la santé, du logement et de l’alimentation.

Lebanon Needs a jusque-là contribué à réhabiliter les établissements de santé touchés, dont notamment les hôpitaux de Geitaoui, Notre-Dame du Rosaire, Saint-Georges des grecs-orthodoxes et l’hôpital gouvernemental de la Quarantaine. Elle fournit des soins à domicile aux victimes défavorisées, aux résidents souffrant de maladies chroniques et aux patients non mobiles, en plus de l’assistance qu’elle fournit aux patients non assurés.

Le groupe comprend des médecins, des entrepreneurs, des pharmaciens, des infirmières, des chercheurs et des psychologues.

Remerciements- L’Orient-Le Jour remercie ses confrères français pour la solidarité et la compassion dont ils ont fait preuve à l'égard de notre opération « Ensemble, reconstruisons Beyrouth ». Grâce à leur aide, nous avons pu collecter un montant important depuis l’étranger. Impact Lebanon a également pu profiter de cette visibilité pour accroître le montant des dons collectés directement à travers sa plateforme.

Une campagne radio a été diffusée sur l'ensemble des radios membre du GIE Les Indés Radio (soit 130 radios nationales et locales en France)

Et des articles autour de cette initiative ont été publiés dans La Tribune- Sparknews – Le Figaro- Courrier International- La Croix


La CRL, un engagement qui s’inscrit dans la durée

Présente sur le terrain dès les premiers instants qui ont suivi la double explosion au port de Beyrouth, la Croix-Rouge libanaise s’est vite organisée dans le cadre d’un plan de gestion de la catastrophe qu’elle continue d’appliquer jusqu’à aujourd’hui, en coordination notamment avec l’armée. Son quartier...

commentaires (3)

Nous sommes fiers d’avoir des citoyens qui malgré toutes les catastrophes restent fidèles à la reputation libanaise qui est célèbre pour sa générosité et son altruisme qualités qui se font rares avec le temps et ça nous réconcilie avec l’humanité qu’on croyait disparue. Courage. MERCI. Vous êtes la fierté de notre pays.

Sissi zayyat

12 h 07, le 18 novembre 2020

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Commentaires (3)

  • Nous sommes fiers d’avoir des citoyens qui malgré toutes les catastrophes restent fidèles à la reputation libanaise qui est célèbre pour sa générosité et son altruisme qualités qui se font rares avec le temps et ça nous réconcilie avec l’humanité qu’on croyait disparue. Courage. MERCI. Vous êtes la fierté de notre pays.

    Sissi zayyat

    12 h 07, le 18 novembre 2020

  • BRAVO et MERCI !!!

    In Lebanon we (still) Trust

    10 h 22, le 18 novembre 2020

  • Que peut on dire de plus que MERCI. Choquée de voir que l'état est inexistant comme toujours.

    Georges Zehil Daniele

    07 h 20, le 18 novembre 2020