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Dernières Infos - Nagorny Karabakh

Paris appelle Moscou à lever les "ambiguïtés" sur le cessez-le-feu et le rôle de la Turquie



Paris appelle Moscou à lever les

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian le 17 novembre 2020 à l'Assemblée nationale, à Paris. / AFP / Bertrand GUAY

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a appelé mardi la Russie à lever les "ambiguïtés" entourant le cessez-le-feu conclu au Nagorny Karabakh, notamment sur le rôle de la Turquie et sur le retrait des combattants étrangers.

"Ce cessez-le-feu là était indispensable pour sauver des milliers de vie (...). Mais il y a des ambiguïtés", a-t-il lancé à l'Assemblée nationale, en référence à l'accord conclu entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie sous l'égide de la Russie. "Il faut lever les ambiguïtés sur les réfugiés, sur la délimitation du cessez-le-feu, sur la présence de la Turquie, sur le retour des combattants (étrangers, ndlr), sur le début de la négociation sur le statut du Haut Karabakh", a-t-il dit en précisant que ces points seraient abordés lors d'une réunion des coprésidents du groupe de médiateurs dit de Minsk (France, Russie et Etats-Unis) mercredi à Moscou.

Le cessez-le-feu conclu le 9 novembre souligne le rôle déterminant de la Russie dans son pré carré caucasien, ainsi qu'une influence croissante de la Turquie, soutien de Bakou, dans la région et des Occidentaux en perte de vitesse.

Après avoir armé et soutenu l'Azerbaïdjan face à l'Arménie, la Turquie sera associée aux opérations de maintien de la paix, même si les contours de son rôle restent flous et devront être négociés avec Moscou.

Ankara est notamment accusé d'avoir soutenu Bakou en convoyant dans la zone de conflit des rebelles islamistes proturcs de Syrie, dont le devenir pose question. "Le départ des combattants étrangers déployés dans ce conflit est un élément fondamental pour la stabilité de la région", souligne ainsi une source diplomatique française. "Mais où donc est passé le groupe de Minsk censé trouver une solution pacifique au conflit ?", a lancé le député Guy Tessier (Les Républicains, opposition), interpellant le ministre, en référence à la médiation de Paris et Washington dans ce dossier, au côté de Moscou, depuis la chute de l'URSS en 1991. "Ce cessez-le-feu consacre la sortie des Occidentaux de tout processus diplomatique au Caucase", a affirmé Guy Tessier à l'unisson de nombre d'analystes et experts.

Jean-Yves Le Drian a rejeté toute passivité française dans ce dossier et assuré que Paris, via le groupe de Minsk, continuerait à jouer un rôle dans le processus de paix et la définition du statut futur du Nagorny Karabakh. "Ces discussions ont déjà commencé, d'une part entre le président de la République (Emmanuel Macron) et le président (Vladimir) Poutine, d'autre part entre le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo et moi-même à Paris", a assuré le ministre, au milieu du brouhaha de l'Hémicycle, une partie de la classe politique reprochant à la France de ne pas avoir assez soutenu l'Arménie dans ce conflit.

Mike Pompeo, qui a rencontré lundi à Paris le président Macron et son homologue français, a dénoncé les "actions très agressives de la Turquie", notamment son "soutien" à l'Azerbaïdjan.

L'accord négocié par le président russe ne mentionne aucune solution à long terme ni négociation pour le Karabakh.

L'Azerbaïdjan, qui juge le Groupe de Minsk trop pro-arménien, s'est félicité pour sa part de la "création d'un nouveau format de coopération avec la participation de la Russie et de la Turquie".


Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a appelé mardi la Russie à lever les "ambiguïtés" entourant le cessez-le-feu conclu au Nagorny Karabakh, notamment sur le rôle de la Turquie et sur le retrait des combattants étrangers."Ce cessez-le-feu là était indispensable pour sauver des milliers de vie (...). Mais il y a des ambiguïtés", a-t-il lancé à l'Assemblée...