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Politique - Sanctions contre des responsables libanais

Wehbé demande à Shea de fournir les preuves de l'administration US

Alors que certains médias avaient évoqué une "convocation" de l'ambassadrice américaine, le Palais Bustros a parlé d'une réunion "de routine".

Wehbé demande à Shea de fournir les preuves de l'administration US

Le ministre libanais sortant des Affaires étrangères, Charbel Wehbé, recevant l'ambassadrice US à Beyrouth, Dorothy Shea, le 16 novembre 2020. Photo ANI

Le ministre sortant des Affaires étrangères, Charbel Wehbé, s'est entretenu lundi avec l'ambassadrice américaine à Beyrouth, Dorothy Shea, d'un grand nombre de dossiers parmi lesquels les sanctions à l'encontre de responsables libanais, dont le dernier en date est le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil. Lors de cette réunion, qui avait auparavant été présentée par certains médias comme une "convocation" de Mme Shea, ce qui avait été rapidement démenti par le Palais Bustros, M. Wehbé a demandé à l'ambassadrice de fournir aux autorités et à la justice libanaises les documents et informations sur lesquels l'administration US s'est basée pour lancer ces sanctions. 

"Dans le cadre des réunions de routine que tient le ministre des Affaires étrangères avec les ambassadeurs et ambassadrices, Charbel Wehbé a accueilli l'ambassadrice Dorothy Shea et a discuté avec elle des relations bilatérales et des moyens de les renforcer", peut-on lire dans un communiqué de la diplomatie libanaise. Ce texte précise que les deux responsables ont notamment évoqué "la question des négociations entre Israël et le Liban, sous l'égide des Etats-Unis, portant sur leur frontière maritime, le dossier du retour des réfugiés syriens dans leur pays et la phase de transition entre l'administration du président Donald Trump et celle de son successeur, Joe Biden". Ils ont également abordé la question des "crises régionales" et des conflits au Nagorny-Karabakh et au Sahara occidental, souligne le texte. 

"Mesures prises contre certains Libanais"
Le communiqué souligne par ailleurs que les discussions entre le ministre Wehbé et l'ambassadrice US ont porté sur "les mesures prises par l'administration américaine contre certains Libanais, et notamment des députés, anciens ministres et le chef d'un important groupe parlementaire", en référence aux anciens ministres Ali Hassan Khalil (Amal), Youssef Fenianos (Marada) et au député Gebran Bassil, chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste). Le ministre a demandé à Mme Shea si les autorités et la justice libanaises pouvaient obtenir les informations et documents sur lesquels l'administration US s'est basée pour prendre de telles mesures. Cette demande "entre dans le cadre des réformes que le Liban s'est engagé à entreprendre afin de renforcer la transparence de l'action publique", précise le texte. 

Il y a deux semaines, le Trésor US avait annoncé des sanctions contre M. Bassil pour "corruption et abus de pouvoir" ainsi que pour ses relations avec le Hezbollah, sur base de la loi Magnitsky, qui cible les responsables étrangers corrompus. Le président Michel Aoun, qui est aussi le beau-père du chef du CPL, avait alors prié la diplomatie libanaise de demander à Washington de fournir les preuves et documents sur lesquels se basent les accusations contre Gebran Bassil. Les anciens ministres Fenianos et Hassan Khalil avaient, eux, été sanctionnés pour "corruption et soutien au Hezbollah" début septembre.

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Les raisons qui poussent Bassil à ne pas rompre avec le Hezbollah

Dimanche, après l'annonce de la réunion entre M. Wehbé et Mme Shea, des médias avaient parlé d'une "convocation" de l'ambassadrice américaine, ce qui avait été démenti par des sources au Palais Bustros. Les médias évoquaient le fait que la diplomate américaine était "convoquée" suite aux sanctions lancées contre M. Bassil et alors que Mme Shea avait fait vendredi de nouvelles déclarations incendiaires visant le Hezbollah et le responsable aouniste. "Les Etats-Unis continuent d'appliquer une politique de pression sur le Hezbollah", avait-elle déclaré lors d'un événement de l'Institut américain d'études stratégiques internationales. "De par ses relations avec le Hezbollah, Gebran Bassil protège les armes" du parti chiite, tandis que ce dernier "protège la corruption" de M. Bassil, avait-elle lancé. Concernant le soutien de Washington au Liban, l'ambassadrice avait indiqué que l'administration américaine avait décidé de ne pas apporter d'aides au cabinet (démissionnaire) de Hassane Diab "parce qu'il avait été formé par le Hezbollah", mais qu'elle se "tenait aux côtés du peuple libanais". "Nous verrons comment sera formé le futur gouvernement pour prendre position" sur un éventuel soutien américain, avait-elle ajouté. 

Fin juillet, l'ex-ministre libanais des Affaires étrangères Nassif Hitti avait convoqué l'ambassadrice des États-Unis trois jours après la diffusion d'une interview dans laquelle elle s'en prenait au Hezbollah, considéré comme terroriste par Washington. A l'issue de son entretien avec M. Hitti, l'ambassadrice avait affirmé qu'ils avaient convenu de "tourner la page" de cette affaire.


Le ministre sortant des Affaires étrangères, Charbel Wehbé, s'est entretenu lundi avec l'ambassadrice américaine à Beyrouth, Dorothy Shea, d'un grand nombre de dossiers parmi lesquels les sanctions à l'encontre de responsables libanais, dont le dernier en date est le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil. Lors de cette réunion, qui avait auparavant été présentée par...

commentaires (12)

Pourquoi le liban ne prend t elle pas l’exemple de tous les pays occidentaux ? La France n’a t elle pas condamné plusieurs personnages politiques dont des 1er ministre. N’a t elle mis en examen un ancien président de la république ? BVF

Badi Faddoul

23 h 13, le 16 novembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (12)

  • Pourquoi le liban ne prend t elle pas l’exemple de tous les pays occidentaux ? La France n’a t elle pas condamné plusieurs personnages politiques dont des 1er ministre. N’a t elle mis en examen un ancien président de la république ? BVF

    Badi Faddoul

    23 h 13, le 16 novembre 2020

  • La transparence équivaut à une liquidation des rapporteurs de corruption dans ce désert sauvage qu'est devenu le Liban. Probablement, Aoun n'aura droit à aucun détail clair, car on n'a pas oublié les martyrs des services officiels œuvrant au service de la vérité.

    Esber

    19 h 15, le 16 novembre 2020

  • Charbel Wehbé, ministre du gouvernement démissionnaire, a convoqué l'Ambassadrice des US pour parler, entre autres, du Karabakh et du Sahara Occidental. Heureusement qu'il n'a pas poussé le zèle jusqu'à la Corée du Nord. L'Ambassadrice, par politesse, n'a pas jugé opportun de lui demander pourquoi le Président Aoun avait refusé de charger deux commissions d'enquête, l'une nationale, l'autre internationale, sur la présence des tonnes de nitrate dans le port de Beyrouth qui, en explosant, ont détruit le tiers de la ville de Beyrouth.

    Honneur et Patrie

    18 h 41, le 16 novembre 2020

  • Peut être que les sanctions qui frappent le gendre ont un rapport avec l'affaire Lara et Elie S .... portée devant les tribunaux du district nord de l'état de la Floride, le document divulgué par d'autres organes de presse Libanais , au demeurant, fort bien détaillé, cite nommément d'autres responsables politiques de premier rang .... Ce document, publié le 27 octobre de cette année, les met en demeure dans les 21 jours suivant la signification de l' assignation, de répondre à la plainte enregistrée par les époux S..... nous verrons plus clair, probablement à compter du 17 ou 18 novembre....

    C…

    18 h 12, le 16 novembre 2020

  • Avec un ministre sortant des Affaires étrangères difficile d 'aboutir à des résultats concrets concernant le sort du Liban avec les USA.

    Antoine Sabbagha

    17 h 50, le 16 novembre 2020

  • SI BETES. ILS N,ONT TOUJOURS PAS COMPRIS OU NE VEULENT PAS COMPRENDRE POURQUOI ET COMMENT S,IMPOSENT LES SANCTIONS AMERICAINES ET QU,ILS NE PEUVENT PAS S,EN ECHAPPER.

    L,EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    17 h 49, le 16 novembre 2020

  • Bien sûr, lorsque les preuves seront fournies, le Gendre Comte de Basileus (Gaby Nasr dixit) dira que les documents sont falsifiés.

    Romulus Maximus

    17 h 43, le 16 novembre 2020

  • Loooool! Parce qu'ils se prennent pour un gouvernement d'un état pour de vrai?

    Je partage mon avis

    17 h 12, le 16 novembre 2020

  • En demandant des "preuves" ils espèrent remonter à la source des "traitres"...

    Gros Gnon

    17 h 07, le 16 novembre 2020

  • L'OLJ nous informe que; " Le ministre a demandé à Mme Shea si les autorités et la justice libanaises pouvaient obtenir les informations et documents sur lesquels l'administration US s'est basée pour prendre de telles mesures." Wéhbé est téléguidé par bassil et aoun, le tandem qui gère Baabda. Pour obtenir ces documents, il faut que bassil aille en justice, l'américaine pas celle de de son beau-père... PS: les américains ne sont pas des charlots comme semblent le croire les aounistes-bassiliens...

    DJACK

    16 h 53, le 16 novembre 2020

  • Ils sont risibles et ridicules ... ils veulent nous faire croire qu'ils veulent prendre les mesures nécessaires avec ces documents pour lutter contre la corruption ...

    Zeidan

    16 h 42, le 16 novembre 2020

  • Question : Pourquoi Wehbé , téléguidé par AOUN demande t il ces documents?? Ils doivent sûrement les connaitre. Puisqu'ils ont "BANNI" leur gars aux USA qui faisait l'intermédiaire pour AOUN et le CPL. Ils l'ont accusé d'avoir remis DES DOCUMENTS à l'administration US. Excusez nous parce que "nous savons réfléchir" même si vous croyez le contraire. Vous interdisez à votre ex-contact tout accès à BAABDA ( sans doute même l'accès au liban ) et vous jouez aux anges innocents ne sachant même pas de quoi il s'agit?? Come on... Merci pour la publication.

    radiosatellite.online

    16 h 21, le 16 novembre 2020

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