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Raï : Les entraves persistantes visent-elles à faire tomber le Grand-Liban ?

Raï : Les entraves persistantes visent-elles à faire tomber le Grand-Liban ?

Le patriarche maronite Mgr Béchara Raï. Photo ANI

Le patriarche maronite Béchara Raï a accusé dimanche les responsables politiques qui "entravent" la formation du gouvernement de vouloir "faire tomber le Grand-Liban et mettre la main sur ce qu'il en reste". Dans son homélie dominicale, le dignitaire a estimé que seul un gouvernement entièrement composé de personnalités indépendantes des partis traditionnels pouvait sortir le pays de la crise actuelle. 

"Devant le mépris des responsables face aux cris du peuple affamé, devant les plaies de Beyrouth, sinistrée par l'explosion de son port sans que l'État ne réagisse, devant l'urgence de la formation d'un nouveau gouvernement, nous sommes obligés de poser les questions cruciales", a déclaré le patriarche au cours de son homélie dominicale à Bkerké. "Les entraves persistantes à la formation du cabinet et le mépris pour les intérêts du peuple et de la nation font-ils partie d'un projet visant à faire tomber le Grand-Liban et à mettre la main sur ce qu'il en reste ?", s'est dès lors interrogé le dignitaire religieux. "Nous ne parvenons pas à voir un autre objectif à ces entraves politiques et à l'effondrement programmé des finances et du secteur bancaire ainsi que l'appauvrissement du peuple", a-t-il ajouté. 

S'adressant aux "saboteurs persistants provenant de différentes formations politiques" qu'il n'a pas nommées, le patriarche maronite les a pris à partie : "Ne voulez-vous pas un État civil séparé de la religion, un État pluraliste avec plusieurs religions et cultures, comme l'avait souhaité le patriarche Élias Hoyek ?", "Ne voulez-vous pas un État neutre et souverain, qui se défend avec ses propres forces face aux attaques extérieures ?".

En 1919, le patriarche maronite Élias Hoyek, considéré comme le "père fondateur du Liban" avait représenté les habitants du Mont-Liban à la conférence de Versailles, qui réunissait à l'époque les vainqueurs de la Première Guerre mondiale. L'Empire ottoman qui régissait alors le territoire du Liban actuel ayant été vaincu, le patriarche Hoyek avait réclamé lors de cette conférence un Liban indépendant, ne se limitant pas à la superficie du Mont-Liban. Il avait déclaré qu'il n'y a au Liban qu'une seule confession, elle s'appelle le Liban". 

Et Mgr Raï d'estimer que "la seule solution possible à la crise actuelle est de former un gouvernement dont tous les ministres sont indépendants". 

Les tractations gouvernementales menées depuis trois semaines par le Premier ministre désigné Saad Hariri s'enlisent face aux demandes et conditions posées par les différents partis politiques, qui veulent prendre part au prochain cabinet censé être composé d'une équipe "de mission" resserrée, comme définie dans l'initiative du président français Emmanuel Macron, le 1er septembre à Beyrouth. Le nouveau cabinet est attendu depuis la démission, il y a plus de trois mois, du Premier ministre sortant Hassane Diab, dans la foulée des explosions du 4 août.

Le patriarche maronite Béchara Raï a accusé dimanche les responsables politiques qui "entravent" la formation du gouvernement de vouloir "faire tomber le Grand-Liban et mettre la main sur ce qu'il en reste". Dans son homélie dominicale, le dignitaire a estimé que seul un gouvernement entièrement composé de personnalités indépendantes des partis traditionnels pouvait sortir le pays de la crise actuelle. "Devant le mépris des responsables face aux cris du peuple affamé, devant les plaies de Beyrouth, sinistrée par l'explosion de son port sans que l'État ne réagisse, devant l'urgence de la formation d'un nouveau gouvernement, nous sommes obligés de poser les questions cruciales", a déclaré le patriarche au cours de son homélie dominicale à Bkerké. "Les entraves persistantes à la formation du cabinet et le mépris...