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Formation du gouvernement au Liban

Raï : Que la classe politique cède la place, même temporairement, à une équipe cohésive

Le patriarche maronite condamne la republication des caricatures du Prophète tout comme les attentats terroristes contre l'enseignant français et les trois fidèles à Nice.

Raï : Que la classe politique cède la place, même temporairement, à une équipe cohésive

Le patriarche maronite, Béchara Raï. Photo ANI

Le patriarche maronite Béchara Raï, a appelé samedi la classe politique libanaise à céder la place à une "équipe cohésive" afin que celle-ci puisse former un gouvernement, alors que le Premier ministre désigné, Saad Hariri, n'a toujours pas réussi à mettre sur pied son équipe, au moment où le Liban s'enfonce de plus en plus dans une grave crise.

"Nous sommes face à une échéance historique aujourd'hui, et qui consiste en la formation d'un nouveau gouvernement. La classe politique doit reconnaître qu'elle a échoué à représenter les citoyens et gagner leur confiance pour la gestion du pays. Qu'elle cède la place, même si c'est de façon temporaire et dans l'intérêt du Liban, à une équipe gouvernementale cohésive qui puisse relever le pays", a affirmé Mgr Raï, à l'occasion de la clôture des travaux annuels du saint-synode de l'Eglise maronite qui se sont ouverts le 26 octobre. "Nous attendons une formation rapide du gouvernement qui soit pour toute la population, qui soit celui de la Constitution, du Pacte national, des sinistrés du Port de Beyrouth, un gouvernement qui représente le cri des mères, des pères et des enfants, un gouvernement capable de sauvetage. Tout autre gouvernement n'est qu'une nouvelle perte de temps pour la nation, comme cela l'a été avec les précédents gouvernements", a encore prévenu Mgr Raï.

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Le Premier ministre désigné Saad Hariri cherche à former, en coordination avec le président de la République, Michel Aoun, et le concours des formations politiques, un gouvernement d'experts, capable de mener les réformes réclamées par la communauté internationale, à leur tête la France, dans le cadre de l'initiative lancée par Paris le 1er septembre dernier à Beyrouth. Alors qu'une atmosphère d'optimisme semblait prévaloir ces derniers jours, laissant croire à une formation imminente du gouvernement, celle-ci a laissé place à une atmosphère plus prudente de la part des dirigeants, au moment où le partage des parts au sein du prochain cabinet bat son plein entre les partis.

Le bureau politique du Courant patriotique libre de Gebran Bassil a lui aussi appelé à "hâter la formation du gouvernement". "Il ne faut pas lier cette échéance interne à tout autre facteur externe car la formation du gouvernement est une question libanaise et une nécessité constitutionnelle qui ne représente pas un luxe pour le Liban". Certains observateurs affirment que les dirigeants libanais attendraient l'élection présidentielle américaine du 3 novembre avant de trancher la question de la formation du cabinet.

Le CPL a ensuite appelé à "respecter des critères unifiés et la conformité au Pacte national et à la Constitution dans la formation du gouvernement". "L'initiative française, dans son volet de réformes, a besoin d'un gouvernement productif et efficace composé de ministres capables d'exécuter un programme et qui soient experts dans les domaines qui leur sont confiés", a encore estimé la formation fondée par le président de la République, Michel Aoun. "Confier plusieurs portefeuilles par ministre porterait atteinte au principe de la spécialisation", a fait savoir le CPL.

"Éléments islamistes radicaux"

En outre, le patriarche maronite est revenu sur la question des publications de caricatures contre le Prophète et les attentats terroristes qui ont ensanglanté la France dernièrement, notamment l'attaque au couteau qui a fait trois morts jeudi à Nice.

"L'Eglise maronite appelle à renforcer le partenariat islamo-chréien dans le monde et à éloigner l'esprit de lutte entre les religions (...).  Notre Eglise condamne fermement l'atteinte aux symboles religieux et la republication de caricatures offensantes, sous couvert de liberté et de laïcité. Mais l'Eglise condamne fermement dans le même temps la décapitation perpétrée par des éléments islamistes radicaux d'un enseignant devant son école et de trois croyants dans leur église à Nice. Ces actes n'ont aucune justification humaine ou religieuse et constituent une grande offense à Dieu, seul maître de la vie et de la mort. Nous présentons à la France nos plus sincères condoléances et espérons que l'ambassadrice au Liban les transmettra au président de la République française, au gouvernement, et aux familles des victimes (...)", a-t-il conclu.

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Le 16 octobre, un enseignant français, Samuel Paty, avait été décapité par un islamiste russe tchétchène radicalisé, pour avoir montré en classe des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo. Après cet attentat terroriste, le président Macron a promis au nom de la liberté d'expression que la France ne renoncerait pas aux caricatures. Ses propos ont entraîné de vives tensions dans plusieurs pays musulmans, allant des manifestations jusqu'au boycott de produits français. Jeudi avait lieu l'attaque de Nice, une agression qualifiée d'acte terroriste dont l'auteur, qui a tué au couteau trois personnes dans la basilique Notre-Dame de l'Assomption, a été interpellé.


Le patriarche maronite Béchara Raï, a appelé samedi la classe politique libanaise à céder la place à une "équipe cohésive" afin que celle-ci puisse former un gouvernement, alors que le Premier ministre désigné, Saad Hariri, n'a toujours pas réussi à mettre sur pied son équipe, au moment où le Liban s'enfonce de plus en plus dans une grave crise."Nous sommes face à une échéance...

commentaires (6)

je suggere au cardinal Rai de les "excommunier " KELLOUN, dans le sens de ne plus recevoir QUI QUE CE SOIT !

gaby sioufi

09 h 56, le 01 novembre 2020

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Commentaires (6)

  • je suggere au cardinal Rai de les "excommunier " KELLOUN, dans le sens de ne plus recevoir QUI QUE CE SOIT !

    gaby sioufi

    09 h 56, le 01 novembre 2020

  • Merci Eminence Béchara RaÏ de ra ppeller que l'Eglise catholique ne cesse pas de désapprouver les insultes aux symboles religieux, même si elle condamne les attentats pour punir l'utilisation des caricatures de Mahomet pour la défense de la liberté d'expression. En fait, il ne faut pas confondre l'insulte pour des symboles légitimement respectables et respectés, même pour des non Musulmans. C'est détruire la convivialité catholique intereligieuse française et libanaise. Merci de ne pas hésiter à critiquer le président Macron sur ce point. La liberté d'expression a des limites.

    DINTILHAC bernard

    22 h 03, le 31 octobre 2020

  • La tindahi mafi hada

    Sissi zayyat

    17 h 40, le 31 octobre 2020

  • Ces responsables qui distribuent quoi ? Des postes ministériels.. Quelle fortune identique à nos devises dans les banques. Rassurez-vous, les caisses resteront vides tant que vous restez.

    Esber

    17 h 29, le 31 octobre 2020

  • Dans un monde multi-cultuel, le culte qui a bâti ses principes sur la doctrine qu’il faut guérir l’enfant de la cananéenne, sera éliminé par celui qui rejette tout autre culte et égorge au nom de sa divinité ceux qui ne se convertissent pas à ses dogmes. Le paradigme d’une nation multi-cultuel comme une nation moderne, est une arnaque pour justifier le principe de diviser pour asservir et fut bien organisé par les empires coloniaux. Il sont actuellement la victime.

    DAMMOUS Hanna

    15 h 30, le 31 octobre 2020

  • IL CONTINUE À PARLER DANS LE VIDE.....DES PAROLES SANS INTERET.

    Gebran Eid

    14 h 19, le 31 octobre 2020