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Normalisation Soudan/Israël

Le général Burhane récuse tout "chantage" américain

Le général Burhane récuse tout

Le président du Conseil souverain de transition soudanais, le général Abdel Fattah al-Burhane. Photo AFP

Le Soudan n'a pas cédé a un "chantage" de Washington en acceptant de normaliser ses relations avec Israël, a déclaré lundi le président du Conseil souverain de transition soudanais, le général Abdel Fattah al-Burhane.

L'annonce vendredi par le président américain Donald Trump de la normalisation des relations entre le Soudan et Israël survient après celle du retrait prochain du Soudan de la liste "noire" américaine des Etats soutenant le "terrorisme", sur laquelle Khartoum figure depuis 1993.

Le Soudan réclamait de longue date sa sortie de cette liste, synonyme de sanctions et d'entraves aux investissements pour son économie à bout de souffle. Sa demande s'est accentuée depuis la chute de l'ex-président Omar el-Bachir en avril 2019, sous la pression de la rue. "Nous n'avons pas subi de chantage pour la normalisation", a affirmé M. Burhane, lors d'une interview à la télévision nationale soudanaise. Néanmoins, il a concédé que le rapprochement avait fait partie des "catalyseurs de la décision" américaine.

Dimanche, le gouvernement soudanais a indiqué que le secrétaire d'Etat des Etats-Unis, Mike Pompeo, avait exigé la normalisation avec Israël en vue de son retrait de la liste "noire", lors d'une visite officielle à Khartoum en août. La normalisation, que M. Burhane a préféré qualifier de "réconciliation", est "dans l'intérêt du Soudan", a-t-il martelé.

"Nous sommes isolés et avons pâti des sanctions. Le retrait de notre (pays) de la liste (...) nous permettra de revenir dans la communauté internationale. Nous en bénéficierons économiquement", a ajouté le dirigeant, évoquant notamment une coopération avec les Etats-Unis et Israël dans le domaine technologique. En outre, cette avancée diplomatique permettra de "dégager des aides" pour mettre en oeuvre l'accord de paix intersoudanais signé le 3 octobre entre le gouvernement et des groupes rebelles, a-t-il ajouté.

Toutefois, une majorité de Soudanais reproche aux autorités d'avoir trahi "la cause panarabe" et les Palestiniens. "Nous souhaitons tous un Etat palestinien dans les frontières de 1967 (...) mais nous ne voulons pas (en) faire porter la responsabilité au seul peuple soudanais", a affirmé le général Burhane.

Par ailleurs, il a démenti les rumeurs de pression de la part des Emirats arabes unis, l'un des deux autres Etats arabes --avec Bahreïn- à avoir signé un accord similaire, en septembre.

Dimanche, Khartoum a annoncé prévoir "dans les semaines à venir (...) la signature d'accords de coopération dans les domaines agricole, commercial, économique, de l'aviation et des migrations" avec Israël.

Et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ensuite annoncé l'envoi de blé d'une valeur de cinq millions de dollars au Soudan, en signe de sa volonté d'"assister le pays dans sa transition". 


Le Soudan n'a pas cédé a un "chantage" de Washington en acceptant de normaliser ses relations avec Israël, a déclaré lundi le président du Conseil souverain de transition soudanais, le général Abdel Fattah al-Burhane.

L'annonce vendredi par le président américain Donald Trump de la normalisation des relations entre le Soudan et Israël...