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Répression

L’Égypte de Sissi bafoue toujours plus les droits humains

Dans un rapport publié hier, Human Rights Watch accuse les autorités de multiplier les exécutions et détentions arbitraires.

L’Égypte de Sissi bafoue toujours plus les droits humains

Des posters à l’effigie de Abdel Fattah al-Sissi lors de la campagne présidentielle, le 25 mars 2018 au Caire. Mohammad el-Shahed/Getty Images/AFP

Pas moins de 49 exécutions en 10 jours. En Égypte, le constat de Human Rights Watch (HRW) en matière d’exécutions capitales pour le mois d’octobre fait froid dans le dos. Parmi les personnes exécutées, selon des informations révélées hier par l’organisation de défense des droits humains, se trouvent des hommes accusés d’être impliqués dans des affaires de violences politiques, d’autres jugés coupables d’attaques revendiquées par le groupe jihadiste Ajnad Masr en 2014 et 2015, ainsi que des détenus accusés de meurtre et de viol.

Les annonces de ces exécutions capitales ont été publiées dans des journaux progouvernementaux, alors que d’ordinaire elles ne le sont pas, note Human Rights Watch qui appelle à leur « arrêt immédiat ». « Je pense que le régime souhaite envoyer un message politique clair, à savoir qu’il est en mesure de prendre des vies, que ce soit celles d’opposants politiques ou de personnes ayant commis un acte portant atteinte à l’État », déclare à L’Orient-Le Jour Amr Magdi, chercheur pour l’ONG Human Rights Watch. L’organisation dénonce l’absence de procès équitables dans le pays, en particulier en matière d’affaires politiques. Ces exécutions s’ajoutent à la longue liste des accusations de violation des droits humains formulées à l’encontre de l’Égypte de Abdel Fattah al-Sissi, désormais sur la liste des dix États appliquant le plus la peine de mort selon HRW. Alors qu’il est arrivé au pouvoir à la faveur d’un putsch militaire orchestré contre le président islamiste Mohammad Morsi en 2014, Abdel Fattah al-Sissi a intensifié la répression dans le pays au cours de ces dernières années. Il a décrété à de nombreuses reprises l’état d’urgence, qui depuis 2017 élargit considérablement les pouvoirs de la police en matière d’arrestation et de surveillance.

Dernière décision en date : Abdel Fattah al-Sissi a profité de la pandémie de Covid-19 pour entreprendre une série d’amendements à la loi sur l’état d’urgence en mai dernier et continuer d’étendre son pouvoir. Le président est désormais autorisé à interdire les rassemblements publics ou privés, entre autres mesures. Un mois plus tôt, le régime élargissait les motifs d’arrestations, qui se sont multipliées à l’encontre de journalistes, d’universitaires ou encore d’opposants politiques. L’Égypte compte aujourd’hui près de 60 000 prisonniers politiques, selon les organisations de défense des droits de l’homme.

Une situation déplorable

Une situation particulièrement critique, alors que le régime n’a pris aucune mesure pour aménager ses prisons lors de l’apparition de la pandémie de Covid-19. « Plusieurs cas ont été suspectés dans les prisons, déjà épinglées avant la pandémie pour leur surpeuplement et leur manque d’hygiène. Pourtant, aucune mesure n’a été prise », déplore le représentant d’Amnesty International pour l’Égypte Hussein Baoumi, contacté par L’OLJ. Confinés dans leurs cellules, les détenus ont été privés de visites du mois de mars jusqu’à la fin du mois d’août. « L’Égypte a atteint un niveau supplémentaire de maltraitance des prisonniers. Aucun d’entre eux n’a pu recevoir de visites durant ces derniers mois, ni de la part de sa famille ni de celle de son avocat », dénonce Amr Magdi. Une mesure qui ne fait qu’aggraver les conditions de vie de ces détenus. « Le manque de soins médicaux, de nourriture et les agressions sexuelles qui pèsent en particulier sur les femmes font partie de leur quotidien », ajoute de son côté Hussein Baoumi.

Pour mémoire

De plus en plus de peine de mort dans l'Egypte de Sissi

Si les autorités égyptiennes ont annoncé, en mars dernier, la libération de dissidents politiques, la réalité en serait bien loin. « Nous savons que des prisonniers ont été libérés, mais aucun d’entre eux n’était inculpé pour motif politique », nuance Amr Magdi. Une situation qui ne devrait pas être amenée à changer, alors que les élections législatives qui doivent débuter demain semblent jouées d’avance en faveur des partisans du président égyptien.

Cinquante-six membres du Congrès américain ont par ailleurs adressé en début de semaine une lettre à Abdel Fattah al-Sissi, l’appelant à libérer toutes les personnes détenues injustement dans le pays. « Notre relation avec l’Égypte sera réexaminée en matière des droits de l’homme, qui seront une priorité », a déclaré Ro Khanna, député démocrate de Californie et signataire de la lettre. Un message d’autant plus fort que des centaines de parlementaires européens se sont à leur tour mobilisés mercredi pour les prisonniers d’opinion, en publiant une lettre similaire adressée au chef d’État égyptien. « Nous sommes déjà 222 ! 222 parlementaires du Parlement européen, de Parlements nationaux en Europe (France, Allemagne, Italie, Belgique…) à signifier au président Sissi que ce n’est plus possible de continuer ainsi en toute impunité de piétiner la liberté d’expression et d’opinion du peuple, d’emprisonner sans inculpation ni jugement », se sont insurgés des députés Verts au Parlement européen, dans un communiqué.


Pas moins de 49 exécutions en 10 jours. En Égypte, le constat de Human Rights Watch (HRW) en matière d’exécutions capitales pour le mois d’octobre fait froid dans le dos. Parmi les personnes exécutées, selon des informations révélées hier par l’organisation de défense des droits humains, se trouvent des hommes accusés d’être impliqués dans des affaires de violences...

commentaires (2)

Il a 10000000 fois raison !!!! Faut arrêter de reprendre des articles occidentaux sans connaître le fond de ces histoires. Si on compte sur les occidentaux comme critère : ils sont pour un régime de frères musulmans intégristes ... parce que élus « démocratiquement ». Sissi apllique et agit fermement. C’est ce qui doit être fait en occident fzce à des intégristes d’un part et face à des perturbateurs pro palestiniens ultra gauches et pro irans parce que l’egypte est en paix. Les citoyens pacifistes sont HEUREUX en egypte et ils adorent Sissi qui représente leur armée adorée et un régime fort anti intégriste. STOP à l’intox diffusée par les occidentaux qui pour eux, SISSI a pris le pouvoir des intégristes par un coup d’etat. Ca s’arrête là pour eux. Sissi agit pour la PAIX dans son psys. C comme cela que ces gens comprennent... le baton. Les intégristes et gauchissants ne connaissent pas la liberté d’expression malheureusement

RadioSatellite.co

14 h 44, le 23 octobre 2020

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Commentaires (2)

  • Il a 10000000 fois raison !!!! Faut arrêter de reprendre des articles occidentaux sans connaître le fond de ces histoires. Si on compte sur les occidentaux comme critère : ils sont pour un régime de frères musulmans intégristes ... parce que élus « démocratiquement ». Sissi apllique et agit fermement. C’est ce qui doit être fait en occident fzce à des intégristes d’un part et face à des perturbateurs pro palestiniens ultra gauches et pro irans parce que l’egypte est en paix. Les citoyens pacifistes sont HEUREUX en egypte et ils adorent Sissi qui représente leur armée adorée et un régime fort anti intégriste. STOP à l’intox diffusée par les occidentaux qui pour eux, SISSI a pris le pouvoir des intégristes par un coup d’etat. Ca s’arrête là pour eux. Sissi agit pour la PAIX dans son psys. C comme cela que ces gens comprennent... le baton. Les intégristes et gauchissants ne connaissent pas la liberté d’expression malheureusement

    RadioSatellite.co

    14 h 44, le 23 octobre 2020

  • "... piétiner la liberté d’expression et d’opinion du peuple ..." -> lorsque celle-ci se confond avec islamisme fanatique, on fait quoi? Un référendum? Malheureusement la majorité n’a pas toujours raison...

    Gros Gnon

    10 h 26, le 23 octobre 2020