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La psychanalyse, ni ange ni démon

La « père-version » du Hezbollah

Le pervers se spécifie dans le langage par une pirouette célèbre : « Je sais bien, mais quand même. » Par le « je sais bien », il donne l’impression qu’il a compris les termes de l’accord passé entre vous. En fait, par le « mais quand même », il annule le premier terme de l’accord pour faire à sa guise. « Je sais bien » qu’on s’est mis d’accord pour que je n’utilise pas mes armes comme je veux, « mais quand même » j’attaque Israël quand je veux en enlevant deux soldats israéliens et en déclenchant, en juillet 2006, une des pires guerres dévastatrices subies par le Liban. Voilà pourquoi on ne peut ni discuter avec le Hezbollah ni négocier avec lui.

Le néologisme inventé par Lacan, « père-version », déconstruit le rapport du pervers à son propre père. Le père du pervers ne subit aucune loi, il fait la loi lui-même. Le Hezbollah est dans la même logique, en soulignant bien entendu la difficulté de passer des concepts du discours individuel à ceux du discours collectif.

Sur le plan social, politique, historique et langagier, la fonction du père est de servir de tiers pour apaiser les conflits entre la mère et l’enfant, et par la suite d’apaiser tout conflit entre deux belligérants. C’est par exemple la fonction de l’État. L’idéologie du Hezbollah porte une logique paradoxale dans son rapport au père. Son « père » n’est pas l’État libanais qui interviendrait éventuellement comme tiers dans le cas où le Hezbollah serait en conflit politique ou militaire avec une entité (X). Dans toutes les décisions qu’il a prises jusqu’ici, jamais l’État libanais ne fut interpellé comme père symbolique, comme référence politique. En apparence, le Hezbollah prend ses décisions tout seul, sans jamais consulter quiconque.

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Mais dans la réalité, son référent, son père symbolique est l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême de la révolution iranienne. Il a fallu par exemple un ordre écrit de Ali Khamenei pour que le Hezbollah enlève les deux soldats israéliens, déclenchant la guerre de juillet 2006 qui fut désastreuse pour le Liban. Le président de la République iranienne d’alors, Mahmoud Ahmadinejad, n’avait pas son mot à dire, lui qui a claironné à plusieurs reprises que son but était « d’effacer de la carte l’État d’Israël ». Cette duplicité à la tête du pouvoir iranien, ajoutée à la place qu’occupent les gardiens de la révolution, montre combien la place du père symbolique est arbitraire, le père réel agissant à sa guise en faisant la loi qu’il veut. D’où la « père-version » du pouvoir iranien et par conséquent la « père-version » du Hezbollah.

Cette « père-version », ou la version du père dans l’exercice du pouvoir, s’énonce comme on a vu : « Je sais bien, mais quand même. » C’est pour cela qu’il a fallu un autre pervers, Donald Trump, pour mettre à nu la perversion du pouvoir iranien. C’est pour cela qu’il a fait sortir les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien signé à Vienne le 14 juillet 2015.

Là où les autres signataires, Union européenne, France, Royaume-Uni, Russie, Chine, Allemagne, n’y avaient vu que du feu (à part la Russie et la Chine habituées à ce genre de duplicité), Donald Trump, que l’on soit d’accord ou pas avec sa politique, a compris. En signant cet accord, l’Iran énonçait : « Je sais bien », je respecterai notre accord sur la non-prolifération nucléaire, « mais quand même », je continuerai à déstabiliser le Proche-Orient à ma guise. En acceptant de renoncer à la dissuasion suprême qu’est l’arme nucléaire, l’Iran faisait bonne figure devant les autres signataires, tout en continuant à déstabiliser le Proche-Orient par sa politique expansionniste.

En se retirant du traité, Donald Trump dénonça le « mais quand même », rendant caduque la position perverse de l’Iran qui ne comprend que le langage de la force : les sanctions. Avec le Hezbollah et avec l’Iran, cela ne sert à rien de discuter.


Le pervers se spécifie dans le langage par une pirouette célèbre : « Je sais bien, mais quand même. » Par le « je sais bien », il donne l’impression qu’il a compris les termes de l’accord passé entre vous. En fait, par le « mais quand même », il annule le premier terme de l’accord pour faire à sa guise. « Je sais bien » qu’on...

commentaires (2)

Si seulement le monde occidental s’était réuni autour d’un même projet pour finir avec les terroristes dans le monde on en serait pas là. La division des camps a permis au terrorisme de se propager dans le monde et leur a rendu service. Un exemple non exhaustif, lorsque la France a décidé de frapper les convois de Deach et ses armes pendant qu’ils étaient encore dans le désert en s’appuyant sur la force militaire des américains Obama s’est dégonflé et les a laissés s’infiltrer parmi les civiles. Après,il,était trop tard d’agir sans provoquer une boucherie. Pour ce qui est de la solution du Liban actuellement, si Emanuel Macron n’avait pas ouvert la voie au HB de marchander et s’était contenté de répondre aux appels des libanais pour un gouvernement sans toute cette crasse, ils auraient été obligé de se montrer moins intransigeants qu’après leur avoir permis d’avoir leur mot à dire. Maintenant la seule phrase qu’ils utilisent pour se défendre est celle que Macron avait prononcé. Un gouvernement d’union nationale où les protagonistes de tout bords seraient représentés. Alors que c’est justement cela que les libanais refusent et pour cette raison là qu’ils ont décidé de descendre dans la rue. Plus de partis et plus de Zaims qui gouvernent. Nous revoilà bien plus loin que la ligne de départ et ça n’est pas demain la veille que ça s’arrangera. Les libanais payent le prix fort en déléguant leurs problèmes aux autres pour leur trouver une solution.

Sissi zayyat

12 h 37, le 16 novembre 2020

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Commentaires (2)

  • Si seulement le monde occidental s’était réuni autour d’un même projet pour finir avec les terroristes dans le monde on en serait pas là. La division des camps a permis au terrorisme de se propager dans le monde et leur a rendu service. Un exemple non exhaustif, lorsque la France a décidé de frapper les convois de Deach et ses armes pendant qu’ils étaient encore dans le désert en s’appuyant sur la force militaire des américains Obama s’est dégonflé et les a laissés s’infiltrer parmi les civiles. Après,il,était trop tard d’agir sans provoquer une boucherie. Pour ce qui est de la solution du Liban actuellement, si Emanuel Macron n’avait pas ouvert la voie au HB de marchander et s’était contenté de répondre aux appels des libanais pour un gouvernement sans toute cette crasse, ils auraient été obligé de se montrer moins intransigeants qu’après leur avoir permis d’avoir leur mot à dire. Maintenant la seule phrase qu’ils utilisent pour se défendre est celle que Macron avait prononcé. Un gouvernement d’union nationale où les protagonistes de tout bords seraient représentés. Alors que c’est justement cela que les libanais refusent et pour cette raison là qu’ils ont décidé de descendre dans la rue. Plus de partis et plus de Zaims qui gouvernent. Nous revoilà bien plus loin que la ligne de départ et ça n’est pas demain la veille que ça s’arrangera. Les libanais payent le prix fort en déléguant leurs problèmes aux autres pour leur trouver une solution.

    Sissi zayyat

    12 h 37, le 16 novembre 2020

  • Enfin un article qui brise un tabou des mass-médias en reconnaissant du bien dans la politique de Trump ! Malgré un manque flagrant cohérence, de vision à long terme, et un ultra-libéralisme effréné, Trump a réussi à être le premier président des Etats-Unis depuis bien longtemps à ne pas avoir été impliqué dans une aventure militaire à l'étranger et pour cela a innové avec le maniement du bâton des sanctions économiques, lourdement efficace. Les mass-médias mondiaux anti-Trump, et en particulier les Européens, sont les complices de la per-version de l'Axe de l'Imposture. Quant au lobby sioniste auquel on pourrait être tenté d'attribuer la politique étrangère de Trump, il est autant présent chez les Européens, chez les démocrates US, chez les mass-média, chez tous les anti-Trump pathologiques. Il met toujours ses oeufs dans plusieurs paniers pour mieux régner.. De plus les démocrates concernant le conflit israélo-palestinien sont ceux qui ont le plus pratiqué le "je sais bien mais quand-même" à l'encontre des Palestiniens au profit d'Israël. Trump n'a pas été plus pro-israélien que ses prédécesseurs, il a uniquement été plus franc et certainement plus "bête et méchant"..

    Citoyen libanais

    08 h 39, le 21 octobre 2020