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Nos Lecteurs ont la Parole

En attendant Godot... ou Ubu roi ?

Macron nous avait demandé des missionnaires. Visiblement, lentement mais sûrement, nous nous dirigeons une fois de plus vers les mercenaires. Nous n’avons rien compris. Ce n’est pas la première fois non plus et ce ne sera pas la dernière. Nous avons attendu, après le démissionnaire d’il y a un an, un messie révolutionnaire. Nous l’avons eu. Le pays était un peu bancal (si peu...), du coup il a eu les quatre fers en l’air. Avouons quand même que c’était une année solaire entre un virus qui aurait dû griller sous le soleil, des incorruptibles de la corruption, des réfractaires au changement et, pour terminer en beauté, un feu d’artifice de désolation, de misère et assez de larmes pour remplir le fleuve de Beyrouth asséché depuis longtemps.

Et Ubu continue à croire à sa royauté, quitte à ce que ce soit en bordure du Styx. « Damnation », cria-t-il en septembre, nous nous plongeons dans le gouffre du néant. Ô joie ! Quel bonheur ! Ô jouissance éternelle ! Il a reconnu la réalité que le menu peuple savait depuis longtemps.

Et nous attendons encore et encore et toujours jusqu’à ce que nos yeux se dessèchent, nos cœurs pourrissent et nos membres se décharnent. Cette attente constitue une lutte contre tout mais aussi contre rien. Tout, nous l’avons perdu, et rien, c’est ce qui est resté. Même l’espoir nous a quittés et nous a abandonnés lâchement, vilement et sans aucune pitié.

Et nous attendons sans trop savoir pourquoi parce qu’on nous a dit d’attendre car le bout du tunnel va apparaître. Nous continuons à marcher avec la même patience. Dieu sait combien nous en avons eue ! Et Ubu est content car il est toujours maître du royaume. La France a eu Louis XIV et le siècle des Lumières, et nous avons eu Ubu et les illuminés. Même chose, même intelligence, même science tout en étant revisitée, comme les grands classiques de la visite par les chefs étoilés.

Et puis, soudain, miracle ! Une aurore boréale (c’est quand même rare au Liban !) apparaît au-dessus de nos têtes. Amaigri, rajeuni et avec la vigueur de ses 20 ans, Apollon apparut après un an, nous promettant monts et merveilles. En premier lieu nous promettant d’être missionnaire et de prêcher la bonne parole auprès de ses compères. « Je suis l’Élu », a-t-il crié haut et fort. Il faut dire qu’on ne se bousculait pas non plus au portillon du Sérail. Après un an où il humait avec délectation la déchéance de ses successeurs, il se présente comme l’âme libératrice tant attendue. On oublie qu’il se succède un peu à lui-même. Entre un gouvernement éphémère qui ne va pas laisser beaucoup de traces dans les annales et un autre avorté, nous étions gâtés. Heureusement, maintenant, l’honneur est sauf.

Sauf que… Attendons…

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Macron nous avait demandé des missionnaires. Visiblement, lentement mais sûrement, nous nous dirigeons une fois de plus vers les mercenaires. Nous n’avons rien compris. Ce n’est pas la première fois non plus et ce ne sera pas la dernière. Nous avons attendu, après le démissionnaire d’il y a un an, un messie révolutionnaire. Nous l’avons eu. Le pays était un peu bancal (si...

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