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Musique

Zed Yun Pavarotti, rap à guitares injectées

Zed Yun Pavarotti, rap à guitares injectées

Zed Yun Pavarotti, le chanteur français au visage tatoué, cite Oasis, Blur, The Verve, Alain Bashung et Serge Gainsbourg parmi ses groupes et auteurs de référence. Stéphane de Sakutin/AFP

Inclassable : Zed Yun Pavarotti, membre éminent d’une scène stéphanoise féconde, brouille les frontières avec un premier album où il laisse infuser des guitares élevées au rock anglais dans son rap.

L’intro du titre De Larmes sonne très britpop des années 1990, quand Oasis et Blur se livraient une fameuse bataille d’Angleterre. « C’est le plus beau compliment qu’on pouvait me faire, j’aurais dû être anglais », confie Zed Yun Pavarotti. Le chanteur au visage tatoué cite ces deux groupes parmi ses références et y ajoute aussi The Verve, un groupe plus ancien comme les Ramones (des Américains) et un plus récent comme The Kills (duo anglo-américain). « Tout ça, j’en suis très imprégné, c’est du très bon rock avec une structure pop », poursuit-il. Mais leur attitude sur scène – à l’image d’un Oasis tout en détachement goguenard – l’a aussi beaucoup inspiré. « Ça a été une révélation, j’avais un peu de mal avec ce qui se fait dans le rap – sauter partout –, alors que ces Anglais sont dans leurs morceaux, s’y abandonnent », décrit-il.

En 2019, dans un concert dédié à la promotion du Fair (dispositif d’accompagnement des talents émergents), ce chevelu bouclé avait surpris en s’asseyant stoïquement sur un praticable pour fixer le public, n’hésitant pas à interrompre son DJ pour reprendre un morceau. « Sur scène, je cherche la bonne interprétation, propre, intense, et puis recommencer une chanson, ça permet de démythifier la notion de spectacle millimétré, ça permet de déconstruire. »

Pour son premier opus, Beauseigne (terme gaga, ce patois de Saint-Étienne, qui veut dire « le pauvre » ), Zed Yun n’a pas eu peur de déconstruire aussi sa façon de composer en se lançant par exemple au piano. Il n’en avait jamais joué et, de plus, est né sans main gauche (il porte une prothèse). « J’ai trouvé des accords à une main, il ne faut pas avoir peur de sauter du train », glisse-t-il. Lui, qui mentionne Bashung et Gainsbourg comme auteurs français qui l’ont marqué, aligne de belles trouvailles pour ses textes, entre images fortes – un vautour, animal qui apparaît d’ailleurs dans le clip de Mon frère – ou sensuelles, comme dans Ta bouche.

Zed Yun, qui a récemment sorti son album (chez Artside/Caroline), est donc le troisième représentant de la scène de « Sainté » à réchauffer l’automne après l’album de Terrenoire (Les forces contraires) et le minialbum de Fils Cara (Fictions). Il est d’ailleurs « pote depuis le lycée » avec ce dernier. Nulle compétition entre eux. « On est admiratifs du travail des copains », lâche Raphaël, un des deux frères de Terrenoire. « Terrenoire est plus cérébral, Zed Yun plus frontal », peint Fils Cara. Et tous ont fréquenté la salle stéphanoise dédiée aux musiques actuelles, Le Fil, et ont pu y profiter des équipements. « J’avais besoin de temps et d’espace, et les responsables m’ont fait confiance les yeux fermés, je fermais derrière eux », se souvient Zed Yun.

« Zed Yun, c’est un personnage en ébullition permanente, une forte personnalité, raconte Thierry Pilat, directeur du Fil. Sur scène, il regarde les gens dans les yeux, on se dit au départ : mais qu’est-ce que c’est que ça? Mais, en fait, il est tout en authenticité. »

Source : AFP


Inclassable : Zed Yun Pavarotti, membre éminent d’une scène stéphanoise féconde, brouille les frontières avec un premier album où il laisse infuser des guitares élevées au rock anglais dans son rap.

L’intro du titre De Larmes sonne très britpop des années 1990, quand Oasis et Blur se livraient une fameuse bataille d’Angleterre. « C’est le plus beau...

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